Albert Einstein

 

« Il vivra dans la mémoire des générations futurs non seulement comme un génie scientifique d’une grandeur exceptionnelle, mais encore comme un homme qui a incarné l’élévation morale au plus haut degré. Son image est profondément gravée dans mon âme et, étrangement ému, je murmure ces paroles d’Epicure : Doux est le souvenir de l’ami disparu »

Maurice Solovine, Lettre à Solovine



  
            L'évènement qui a amené Einstein à la science et (à la philosophie)

    “Lorsque j’étais encore un petit garcon je suis devenu fortement affecté par la futilité des espoirs et des efforts que la plupart des hommes poursuivent dans la vie. En outre, j'ai vite découvert la cruauté de cette poursuite, qui, dans ces années-là était beaucoup plus soigneusement couverte par l'hypocrisie et par des mots scintillants que ce n'est le cas aujourd'hui. Par la simple existence de son estomac, tout le monde a été condamné à participer à cette chasse. L'estomac pourrait bien être satisfait par cette participation, mais pas l'homme, dans la mesure où il est un être qui sent et éprouve. Comme premier moyen de s’échapper, il y avait la religion, qui est implantée dans chaque enfant par le biais de la machine éducative traditionnelle. Ainsi, j’en suis venu – bien qu’enfant de parents juifs non religieux - à une profonde religiosité, qui, toutefois, a atteint une fin brutale à l'âge de douze ans. A travers la lecture de livres de vulgarisation scientifique je suis vite parvenu à la conviction que la plupart des histoires de la Bible ne pouvaient pas être vraies. La conséquence fut une orgie fanatique de libre pensée associée à l'impression que la jeunesse est intentionnellement trompée par l'État par le biais de mensonges, c'était une impression d'écrasement. Une méfiance à l'égard de tout type d'autorité a résulté de cette expérience, une attitude sceptique envers les convictions présentes dans n’importe quel milieu social - une attitude qui depuis ne m’a jamais quitté, même si, plus tard, elle a été tempérée par une meilleure compréhension de la connexion causale. Il est tout à fait clair pour moi que le paradis religieux de ma jeunesse, qui a donc été perdu, fut une première tentative de me libérer des chaînes d’une existence "simplement personnelle" dominée par des désirs, des espoirs et des sentiments primitifs. Là dehors, il y avait ce gigantesque monde, qui existe indépendamment de nous, êtres humains et qui se tient devant nous comme une grande et éternelle énigme, au moins partiellement accessible à notre pensée et à notre inspection. La contemplation de ce monde raisonna comme une libération, et j'ai vite remarqué que beaucoup d’hommes que j'ai appris à estimer et à admirer avaient trouvé la liberté intérieure et la sécurité dans cette recherche. Saisir mentalement ce monde extra-personnel dans le cadre de nos capacités se présenta à mon esprit, à moitié consciemment, à moitié inconsciemment, comme un objectif suprême. Les hommes du présent et du passé eux-aussi motivés [par cette quête], ainsi que les découvertes qu'ils ont obtenus, ont été les amis qui ne pouvaient pas être perdus. La route de ce paradis n'était pas aussi confortable et attrayante que la route du paradis religieux, mais elle s'est montrée fiable, et je n'ai jamais regretté l'avoir choisi »
Einstein notes autobiographiques
Autobiographical Notes, Philosopher-Scientist

  


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