La Philosophie du Bonheur et du Souverain Bien: Epicure et Spinoza

 

Epicure                                                          Spinoza

        



« Il nous  faut  méditer sur ce qui procure le bonheur, puisque, que quand il est là, nous avons tout, et, quand il est absent, nous faisons tout pour l'obtenir. »
Epicure, lettre à Ménécée, 122

« J'ai pris enfin la résolution de rechercher s'il existe un bien véritable et capable de se communiquer aux hommes, un bien qui puisse remplir seul l'âme tout entière, après qu'elle a rejeté tous les autres biens, en un mot, un bien qui donne à l'âme, quand elle le trouve et le possède, l’éternel et suprême bonheur »
Spinoza, Traité de la réforme de l’entendement, I, 1

« [La philosophie doit] nous conduire comme par la main à la connaissance de l’esprit humain et de sa suprême béatitude »
Spinoza, Ethique, II, préface. Robert Mishrahi insiste souvent sur l’importance de ce passage.


«
Une fois parvenu à l’ataraxie(=la plénitude de l’âme), tous les orages de l’âme se dispersent, l’être vivant n’ayant plus alors à marcher vers quelque chose qu’il n’a pas, ni à rechercher autre chose qui puisse parfaire le bonheur de l’âme et du corps »
Epicure, lettre à Ménécée, 128

« L'amour qui a pour objet quelque chose d'éternel et d'infini nourrit notre âme d'une joie pure et sans aucun mélange de tristesse, et c'est vers ce bien si digne d'envie que doivent tendre tous nos efforts.  »
Spinoza, Traité de la réforme de l’entendement, I, 10

« Il ne ressemble plus à un animal mortel, l’homme qui vit parmi des biens immortels »
Epicure, lettre à Ménécée, 135


 

Dans un de ses fragments posthumes, Nietzsche identifie « le bonheur de Spinoza et d’Epicure »1 comme l’un des plus grave danger qui menace le philosophe. Selon lui, il ne faut surtout pas se "reposer" dans des états contemplatifs, mais au contraire, le philosophe doit toujours rester troublé, afin de favoriser sa créativité. L'argument peut porter, et fait réfléchir, mais il ne m'a pas convaincu. Pour ma part, je ne vois pas d'opposition entre le désir de créer et la joie de contempler, bien au contraire, et m'evertue donc à redonner toute sa clareté, et sa puissance à cette énigmatique plénitude dont nous parlait Epicure et Spinoza.

1) Fragment posthume (Wille Zur Macht, 911) commenté dans “Nietzsche et Epicure: l'idylle héroïque” Richard Roos, Lectures de Nietzsche p.341


          ► Présentation Générale de l'essai: « l’Amour de la Raison Universelle »

Spinoza, sur les atomistes

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