Les thèses principales du philosophe Celse
le premier philosophe païen à écrire un traité contre les chrétiens


Extraits du "Discours Vrai, Contre les chrétiens",
écrit au IIe siècle, vers 178-180, sous l'empereur Marc-Aurèle
offrant le point de vue païen sur le judéo-christianisme.



I - Le christianisme est une secte de sots, de charlatans et de fous


Antonin« Il y a une nouvelle race d’hommes nés d’hier, sans patrie ni traditions antiques, ligués contre toutes les institutions religieuses et civiles, poursuivis par la justice, généralement notés d’infamie, mais se faisant gloire de l’exécration commune: ce sont les chrétiens. »


« dans ces derniers temps, les chrétiens ont trouvé parmi les Juifs un nouveau Moïse qui les a séduits mieux encore, qui passe au milieu d’eux pour le fils de Dieu et est l’auteur de cette doctrine. Il a ramassé autour de lui, sans choix, un ramas de gens simples, perdus de mœurs et grossiers, qui sont d’ordinaire la clientèle des charlatans et des imposteurs, de sorte que l’espèce qui s’est donnée à cette doctrine permet déjà d’en apprécier la valeur. »


Note: Le mépris de Celse pour le christianisme est identique à celui des autres païens à avoir brièvement évoqué cette secte au Ier et IIe siècle. Pour l'empereur Claude, les prédicateurs juifs sont "une maladie" ; pour Pline répondant à Trajan, le christianisme est "une superstition absurde, extravagante" ; idem pour Suétone "une superstition nouvelle et malfaisante". Pour Tacite, les chrétiens sont même "des ennemis du genre humain".


voyez le film Agora (2010) de Alejandro Amenábar avec Rachel Weisz, rare représentation du réel visage du christianisme dans l'antiquité. Les autre péplums étant généralement de la propagante chrétienne non-historique.



II - Aucun apport majeur des juifs à la civilisation dans l'antiquité

 

Statue d'Antinous (IIe sicèle)« Toutes les nations les plus vénérables par leur antiquité conviennent entre elles sur les principes essentiels. Égyptiens, Assyriens, Chaldéens, Indiens, Odryses, Perses, Samothraciens et Grecs, ont tous des traditions à peu près semblables  C’est chez ces peuples et non ailleurs qu’est la source de la vraie sagesse, qui s’est ensuite répandue partout en mille ruisseaux séparés. [..] Nul ne songe à compter les Juifs parmi les pères de la civilisation, ni à accorder à Moïse un honneur pareil à celui des plus anciens sages. »  


« [Mais qui sont ces Juifs qui se mettent à un si haut rang et prêtent à Dieu une si grande sollicitude à leur égard ?] Des esclaves échappés d’Égypte en fugitifs. Ces hommes [qui se prétendent si chers à Dieu] n’ont jamais rien fait de mémorable, et n’ont jamais compté pour rien dans le monde. »


« L’idée d’envoyer le fils de Dieu aux Juifs n’est-elle pas plus propre encore à exciter la risée  ? [Pour mieux tomber, vraiment, Dieu n’avait que l’embarras du choix. Pourquoi aux seuls Juifs? Pourquoi à cette nation grossière, misérable, à demi dissoute, et non à tant d’autres peuples plus dignes des regards et du souci de Dieu, comme les Chaldéens, les Mages, les Égyptiens, les Perses, les Indiens, nations vénérables et animées de l’esprit divin ? »



III - Aucun apport significatif du christianisme à la morale


« C’est apparemment en se fondant sur quelqu’une de ces paroles de Platon dont ils avaient une vague connaissance, que quelques chrétiens font sonner haut le Dieu qui est au-dessus du ciel, et s’élèvent ainsi au-dessus du ciel des Juifs »


« Voici maintenant un de leurs préceptes: c’est de ne pas repousser les outrages. « Si, dit-il, on vous frappe sur une joue, présentez encore l’autre.» C’est là une vieille maxime déjà dite et bien mieux dite avant eux : la grossièreté de la formule seule leur appartient. »


« Les préceptes de leur morale, dans ce qu’ils ont de meilleur, les philosophes les ont enseignés avant eux. » «Tout cela a été bien mieux dit par les Grecs, et, sans cette enflure et ce ton prophétique »

Note: Pour mieux étayer cet avis, voir en complément notre analyse

« [chez nous, greco-romains], les magistrats consciencieux ne tolèrent que les accusés se répandent en lamentation de peur d’être entrainés de sacrifier la pitié à la justice. »

« dire que le fils de Dieu est puni par le diable, et qu’il nous apprend par sa patience à subir avec courage les peines qu’il nous inflige, c’est ce qu’il y a de plus ridicule au monde. Il fallait, il me semble, punir le diable, et non effrayer les hommes en les menaçant de ses atteintes »


Note: Saint-Justin de Naplouse se plaint également que « les prétendus philosophes objectent que ce que nous disons du châtiment des méchants dans le feu éternel ne sont que des mots et des épouvantails, et que nous voulons amener les hommes à la vertu par la crainte, et non par l'amour du beau » Apologie, II, IX, I.




IV - Le christianisme est un plagiat d’anciens cultes

 

« Si l’on veut mettre en face de cet enseignement les hiérophantes de Mithra, examiner certains enseignements particuliers et mystérieux des chrétiens et les comparer; on verra qu’il y a quelque analogie »


Note: Gibbon dit aussi que: "les légendes de Bacchus, d'Hercule, et d'Esclulape les avaient en quelque façon préparés à voir paraître le fils de dieu sous forme humaine" (Histoire du déclin et de la chute de rome, de 96 à 582, chap XVI p383).

 


  la similitude du christianisme avec le culte de Mithra
extrait du documentaire "Qui était Jésus Christ?"



Note: En effet, saint Justin de Naplouse répondait que toutes ces similitudes sont des manipulations du diable: "Les mauvais démons ont imité cette institution dans les mystères de Mithra" (Apologie, 66). Idem chez Tertulien: "Si l'on demande qui inspire les hérésiarques, je répondrai que c'est le démon" prescription contre les hérétiques, XL.


Note: Porphyre dénonçait la communion comme un acte de cannibalisme.



 

V – Suivre Jésus aujourd’hui est absurde

 

« ceux-ci qui vivaient avec lui, qui entendaient sa voix, qui le reconnaissaient pour maître, quand ils le virent torturé et mourant, ne voulurent ni mourir avec lui, ni mourir pour lui; ils oublièrent le mépris des supplices; bien plus, ils nièrent qu’ils fussent ses disciples. C’est vous aujourd’hui qui voulez bien mourir avec lui. N’est-ce pas le comble de l’absurde que, tant qu’il vécut, il n’ait pu persuader personne, et que depuis sa mort, ceux qui le veulent persuadent tant de monde  ! » « qu’y a-t-il de plus extravagant et de plus déraisonnable que cette sagesse insensée ? »


VI - Les textes des évangiles ne sont pas authentiques, ce sont des mythes remaniés

 

« La généalogie que vous lui avez faite et où l’on voit, à partir du premier homme, Jésus descendre des anciens rois, est un chef-d’œuvre d’orgueilleuse fantaisie. La femme du charpentier, si elle eût eu de semblables aïeux, ne l’eût pas sans doute ignoré »

 

« Mais tous ces prétendus faits sont des mythes que vos maîtres et vous avez fabriqués, sans pouvoir seulement donner à vos mensonges une teinte de crédibilité. On sait du reste qu’il en est plusieurs, parmi vous, qui, semblables à ceux qui dans l’ivresse vont jusqu’à porter la main sur eux-mêmes, ont changé et transformé à leur guise le premier texte de l’Évangile de trois et quatre manières et plus encore, afin de réfuter les objections qu’on y oppose. »


« Ce qu’il vous a débité avec arrogance de la résurrection, du jugement, des récompenses et des peines réservées aux méchants; ce sont de vieilles histoires qui courent nos livres et sont depuis longtemps surannées »

 

Note: Idem, dans son traité contre les chrétiens (écrit au IIIe siècle), Porphyre de Tyr dit également que "Les évangélistes sont les inventeurs, non les historiens des choses qu'ils racontent de Jésus (...) Chacun des évangélistes a écrit le compte rendu de la Passion non pas en plein accord, mais en pleine dissonance avec les autres. (...) si ces gens-là n'étaient pas capables de dire véridiquement de quelle façon il était mort et n'ont fait que de la littérature, c'est que sur tout le reste ils n 'ont rien raconté non plus qui mérite confiance." fgr 15 .
Pierre de Labriolle, La réaction païenne - étude sur la polémique antichrétienne du Ier au VIe siècle. page 251/255/279.



Note: Ce point et les deux précédents s'expliquent en revanche très bien avec la thèse mythiste. Rappelons qu'aucun contemporain de Jésus ne parle de lui, y compris ceux qui auraient normalement du le faire comme Philon d’Alexandrie (-20 +45) et qui nous parle pourtant de Pilate. Le patriarche de Constantinople Photios, érudit du IXe siècle, signale également qu'il ne figurait pas de mention de Jésus dans l’Histoire des juifs de Juste de Tibériade, un historien juif rival de Flavius Josèphe dont l'oeuvre a aujourd'hui disparu. Si Jésus a existé, il n'a curieusement donc pas marqué ses contemporains, ce qui est surprenant pour quelqu'un censé avoir déplacé des foules. Enfin, le premier témoignage "historique" sur Jésus, rapporté par Flavius Joséphe est vraisembablement interpolé. Même si on accepte l'hypothèse de l'interpolation partielle, cela ne prouverait de toute façon pas grande chose car Flavius est né en 37, et écrit en 93 soit bien après la mort de Jésus et n'est donc pas un témoin direct des événements. Il ne peut dire que ce qu'il a entendu et que les chrétiens colportent partout. Il n'y a donc pas de preuve historique de l'existence de Jésus. Les plus anciens textes chrétiens ne sont pas les évangiles mais sept lettres de Paul de Tarse écrites entre 50 et 55. Il est évident aujourd'hui que la vie de Jésus ressemble à d'anciennes croyances/prophéties. Par exemple l'obscurité de la crucifixion ou encore le massacre de tous les jeunes garçons qui recycle la même légende que pour Moïse, n'a certainement pas eu de réalité historique. Se pose donc la question d'essayer de faire la part entre ce qui est historique et mythique dans les évangiles. Si le souvenir de la condamnation d'un chef essénien (peut-être Menahem, l'autre messie) a sûrement pu inspiré l'histoire de Jésus, étant donné que les premiers auteurs des évangiles (les évangélistes Marc, Luc et Matthieu écrivent en grec 40-50 ans après la mort de Jésus) seraient des "collaborateurs" de Paul de Tarse qui n'avait lui-même jamais rencontré Jésus de Nazareth en personne (mais seulement dans une apparition), la probabilité que l'histoire des évangiles soit essentiellement une invention parait très élevée. Les évangélistes qui écrivent en grec semblent d'ailleurs assez mal connaître la palestine, son histoire et sa langue: Les erreurs du Nouveau Testament.

 

VII - La résurrection de Jésus n’est pas crédible

 

« Si Jésus voulait faire éclater réellement sa vertu divine, il fallait qu’il se montrât à ses ennemis, au juge qui l’avait condamné et à tout le monde en général » « Son supplice a eu tout le monde pour témoin, sa résurrection n’en a eu qu’un seul ; il fallait que ce fût le contraire »
Note: Spinoza mentionne le même argument dans la lettre LXXV, de plus Celse est cité dans les notes du traité des 3 imposteurs, suggérant que Spinoza avait possiblement connaissance de Celse.

 
« [le témoin de la résurrection a] voulu frapper l’esprit des autres hommes par un récit merveilleux, et à l’aide de cette imposture, fournir matière de tromperie à ses confrères en charlatanisme »

« Vivant, il n’avait rien pu pour lui-même, mort —dites-vous— il ressuscita et montra les marques de son supplice et les trous de ses mains. Mais qui a vu tout cela ? Une femme hystérique, à ce que vous dites, et quelque autre peut-être de la même troupe ensorcelée »
« Quel messager vit-on jamais se dissimuler au lieu d’exposer l’objet de sa mission »


Place du Capitole à Rome

« quand il s’agit de Dieu ou du fils de Dieu, ce n’est pas sur de tels indices, sur d’équivoques exégèses et de si chétifs témoignages qu’on peut se fonder. Comme le soleil en éclairant toutes choses de sa lumière se révèle lui-même le premier, ainsi devrait-il en être du fils de Dieu »

 

«  Y a-t-il un corps qui, après avoir subi la mort, puisse revenir à son premier état, et une fois dissout, se rétablir dans sa condition première? N’ayant rien à répondre, ils ont recours à la plus absurde des défenses: ils disent que tout est possible à Dieu. Mais Dieu ne peut rien faire de honteux ni rien vouloir de contraire à la nature »

 

 

VIII – les histoires de la Bible sont des fictions puériles et ridicules

 

« [la cosmogonie de Moïse] est d’une puérilité qui dépasse les bornes. Le monde est autrement plus ancien qu’il ne croit; et, des diverses révolutions qu’il a subies, soit par des embrasements, soit par des déluges, il n’a entendu parler que du dernier »


« Rien de plus puéril comme leur cosmogonie et leur récit de la formation de l’homme à l’image de Dieu, et leur paradis planté par Dieu; rien qui tombe moins sous le sens que la prétendue condition du premier homme changée par l’accident du péché, et son expulsion du Jardin des Délices. Ce sont là des extravagances, ou, si l’on veut, d’amusantes petites histoires. C’est d’un ton plus sérieux et avec une autre profondeur que les anciens sages des Grecs ont parlé de la formation du monde et des hommes. Moïse et les prophètes, auteurs de leurs écritures, dans l’ignorance où ils étaient de la nature du monde et de celle de l’homme, ont fabriqué là-dessus des contes à dormir debout ». « Ce qui est plus puéril encore, c’est de partager la formation du monde en plusieurs jours, avant qu’il y eût des jours. Car comment y avait-il des jours avant que le ciel fût fait, la terre construite et le soleil en mouvement? »

 

« Les plus sensés des Juifs et des chrétiens rougissent de toutes ces ridicules fictions et tâchent de se tirer d’embarras en ayant recours à l’allégorie. Mais ces récits n’admettent pas l’allégorie, et celles qu’on a essayées sont plus honteuses et plus absurdes encore que les récits mêmes »



Note: La bible contient bien pire. Par exemple (Ezéchiel 4.12) relevé par Voltaire, où Dieu demande à son prophète de manger de la merde !

 

 

IX – La théologie monothéiste n’a aucun sens



« Dans quel dessein Dieu descendrait-il ici-bas? Est-ce pour apprendre ce qui se passe parmi les hommes? Mais ne sait-il pas toutes choses? Ou sait-il toutes choses sans remédier à rien, et sa puissance divine est-elle si bornée qu’il ne peut rien corriger, s’il [ne vient lui-même ou s’il] n’envoie tout exprès quelqu’un dans le monde ? »
 

« si l’on dit que c’est le grand Dieu qui a fait le monde, comment y a-t-il du mal dans le monde? »

 

« Une autre de leurs erreurs impies née de leur extrême ignorance et de leur incompréhension des mythes, est de prétendre que Dieu a pour adversaire le diable, le même qu’en hébreu qu’ils nomment Satan. Or, c’est une étrange sottise ou plutôt une grande impiété que de dire que le grand Dieu voulant faire quelque bien aux hommes, rencontre un être qui rompt son dessein et le réduit à l’impuissance. Le Fils de Dieu est donc vaincu par le diable? »


Note: On retrouve les arguments de Celse dans "le Traité des 3 imposteurs (Moïse, Jesus, Mahomet) ou l'Esprit de Spinoza", best-seller clandestin au XVIIIe sicèle, illustrant qu'avec Celse, l’esprit des Lumières existait déjà dans l’antiquité. A propos de Celse, Origène nous dit que par ses autres écrits, il paraît manifestement qu'il est épicurien ; mais dans celui-ci, afin que ses accusations aient plus de couleur et plus de poids contre les chrétiens, il déguise les sentiments de sa secte
".


 

X – Jésus n’a aucune marque du divin, il est faible

 

« Le grand Dieu qui avait déjà pris la peine d’envoyer deux anges pour toi, ne pouvait donc préserver son propre fils dans son propre pays ! » « le Fils de Dieu, à ce qu’il paraît, n’avait pas la force d’ouvrir tout seul son tombeau, mais il avait besoin qu’un autre [ange] vint déplacer la pierre ! »

« Un Dieu ne devait pas se laisser lier, emmener comme un criminel ; bien moins encore devait-il être abandonné, trahi par ceux qui vivaient avec lui, qui étaient ses familiers, qui le suivaient comme un maître, le considéraient comme un sauveur, fils et envoyé du grand Dieu. Un bon général qui commande à des milliers de soldats n’est jamais trahi par les siens, pas même un misérable chef de brigands commandant à des hommes perdus, tant que ceux-ci trouvent profit à le suivre. Mais Jésus trahi par ceux qui marchaient sous lui, ne sut pas se faire obéir comme un bon général et ne sut pas seulement leur inspirer ce dévouement qu’un chef de brigands, si je puis dire, obtient de sa bande»


 « 
Et qu’est-ce que Jésus a fait de grand et qui sente le Dieu? Le vit-on dédaignant l’humanité, se faisant jeu et risée des événements d’ici-bas » « Faut-il parler de son caractère irritable, si prompt aux imprécations et aux menaces? de ses «Malheur à vous!» «Je vous annonce…» En usant de tels moyens, il avoue bien qu’il est impuissant à persuader; et ces moyens ne conviennent guère à un Dieu, pas même à un homme de sens »


Idem pour Porphyre de Tyr: "Si toute cette histoire était autre chose qu'une pure invention, elle décèlerait chez le Christ une véritable méchanceté". Jésus est "indigne d'un Fils de Dieu, ou simplement d'un homme sage qui méprise la mort" "Bel enseignement que le sien, qui aboutit au désordre social et à des renoncements absurdes. Et c'est ce Jésus que vous nous présentez comme le maître de toute vérité ?" Frg 49, 62 et 56.

Pierre de Labriolle, La réaction païenne - étude sur la polémique antichrétienne du Ier au VIe siècle. page 269/270/280



La page Noire de Jesus-Christ


 
Statue de Laocoon


XI - Les chrétiens inversent les valeurs


 « [Voici de leurs maximes]: "La sagesse de cette vie est un mal, et la folie un bien" [..] "Loin d’ici ceux qui ont quelque culture, quelque sagesse ou quelque jugement; ce sont mauvaises qualités, à nos yeux : mais que les ignorants, les esprits bornés et incultes, les simples, viennent hardiment." En reconnaissant que de tels hommes sont dignes de leur dieu, ils montrent bien qu’ils ne veulent et ne savent gagner que les niais, les âmes viles et sans intelligence, des esclaves, de pauvres femmes et des enfants. Quel mal y a-t-il donc à avoir l’esprit cultivé, à aimer les belles connaissances, à être sage et à passer pour tel? Est-ce que cela est un obstacle à la connaissance de Dieu! N’est-ce pas plutôt une aide et un secours pour atteindre la vérité ? »


Note:
Tertullien assume: "je crois parce que c'est absurde". Dans le livre I de "son contre Celse", Origène reconnait la volonté des chrétiens d'anénantir la philosophie: "Par la sagesse de ce siècle nous entendons toute cette vaine philosophie qui doit être détruite, selon le témoignage de l'Ecriture (I. Corinthiens, II, 6)".


« Écoutons maintenant quelle espèce de gens ceux-ci invitent à leurs mystères: «Quiconque est pécheur, quiconque est sans intelligence, quiconque est faible d’esprit, en un mot, quiconque est misérable, qu’il approche, le royaume de Dieu est pour lui.» Or, en disant le pécheur, n’entendez-vous pas l’injuste, le brigand, le briseur de portes, l’empoisonneur, le sacrilège, le violateur de tombeaux ? Quels autres appellerait un chef de voleurs pour former sa troupe ? C’est donc que Dieu a été envoyé pour les pécheurs. Pourquoi n’a-t-il pas été envoyé pour ceux qui ne pèchent point? Quel mal y a-t-il à être exempt de péché ? L’injuste [disent-ils] s’il s’abaisse dans le sentiment de sa misère, Dieu le recevra ; mais si le juste, fort de sa conscience, lève les yeux vers lui, sera-t-il rejeté ? »

Hubert_Robert_-Rome_with_Equestrian_Statue_of_Marcus_Aurelius,_the_Column_of_Trajan_and_a_Temple

 


« Pourquoi donc cette préférence accordée aux pécheurs? [Pourquoi sont-ils particulièrement désignés au choix de Dieu, mis hors de pair et avant les autres? Pourquoi cette prérogative pour les moins dignes? N’est-ce pas outrager Dieu et la vérité que de faire ainsi acception de personnes et de quelles personnes ? »

 


« si vous ne pouvez atteindre à ces hauteurs, tenez-vous donc cois et muets, et cachez votre ignorance, et ne dites pas que ce sont ceux qui voient clair qui sont aveugles, ni ceux qui courent qui sont boiteux, estropiés et boiteux comme vous êtes quant à l’âme, et vivants seulement pour le corps, c’est-à-dire pour ce qui, dans l’homme, est chose morte. »



Complément: « Souffrir est le commandement suprême du christianisme l'histoire du christianisme lui-même est l'histoire de la souffrance de l'humanité. Alors que chez les païens, la jubilation du plaisir sensuel se mêle au culte des dieux, chez les chrétiens les anciens chrétiens bien entendu, les pleurs et les soupirs du cœur font partie du service de Dieu. »
Feuerbach, l’essence du christianisme, le mystère du dieu souffrant

Nietzsche dénonce l'inversion des valeurs

 

XII - Le christianisme menace de détruire l’empire romain



« Vous ne vous attendez pas sans doute que les Romains délaissent, pour embrasser votre croyance, leurs traditions religieuses et civiles, invoquent votre Dieu le Très-Haut, ou de quelque nom que vous l’appeliez, afin qu’il descende du Ciel et combatte pour eux, en sorte qu’ils n’aient pas besoin d’autre secours. Car ce même Dieu, à vous entendre, avait autrefois promis les mêmes choses et de plus grandes encore à ses fidèles. Or vous voyez quels services il a rendus aux Juifs et à vous. Ceux-là, au lieu de l’empire du monde, n’ont même plus une motte de terre ni un foyer. Et Peinture Cole Thomas Destructionquant à vous, s’il reste encore quelques chrétiens errants et cachés, on les cherche pour les conduire au supplice  »

 

« Si vous cherchez à ébranler ce principe, l’empereur vous punira, et il aura raison; car si tous les autres faisaient comme vous, rien n’empêcherait que l’Empereur ne demeurât seul et abandonné, et que le monde ne devînt la proie des barbares les plus sauvages et les plus grossiers. Il n’y aurait bientôt plus trace alors de votre belle religion, et c’en serait fait de la gloire de la vraie sagesse parmi les hommes »  « Sans doute cela ne manquerait pas d’arriver, à moins qu’un pouvoir plus éclairé et plus prévoyant ne vous détruisît tous de fond en comble avant de périr lui-même par vous »




Le christanisme est-il responsable de la chute de Rome ? Voir notre page consacrée à la chute de l'empire romain et la disparition de la philosophie classique.




gréco-romain contre judéo-chrétien
le discours de Maurice Allard à l'assemblée nationale en 1905 (extrait du film "la séparation").







         ► La chute de Rome causée par le Christianisme ?

Celse: Texte Intégral (traduction médiocre, la version Rougier est meilleure)

La page Noire de Jésus-Christ


Nietzsche dénonce l'inversion des valeurs


Spinoza, le premier philosophe des Lumières

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