Les thèses principales du philosophe Celse
le premier philosophe païen à écrire un traité contre les chrétiens


Extraits du "Discours Vrai, Contre les chrétiens",
écrit au IIe siècle, vers 178, sous l'empereur Marc-Aurèle
offrant le point de vue païen sur le judéo-christianisme.





I - Le christianisme est une secte de sots, de charlatans et de fous


« Il y a une nouvelle race d’hommes nés d’hier, sans patrie ni traditions antiques, ligués contre toutes les institutions religieuses et civiles, poursuivis par la justice, généralement notés d’infamie, mais se faisant gloire de l’exécration commune: ce sont les chrétiens. »
Celse, Discours Vrai, Contre les chrétiens


« La rusticité des Juifs ignare s'est laissé prendre au prestige de Moïse. Et dans ces derniers temps, les chrétiens ont trouvé parmi les Juifs un nouveau Moïse qui les a séduits mieux encore, qui passe au milieu d’eux pour le fils de Dieu et est l’auteur de cette doctrine. Il a ramassé autour de lui, sans choix, un ramas de gens simples, perdus de mœurs et grossiers, qui sont d’ordinaire la clientèle des charlatans et des imposteurs, de sorte que l’espèce qui s’est donnée à cette doctrine permet déjà d’en apprécier la valeur. »
Celse, Discours Vrai, Contre les chrétiens


«
Ceux qui croient sans examen tout ce qu'on leur débite ressemblent à ces malheureux dont les charlatans font leur proie qui cours derrière les prêtres de Cybèle, de Mithra où d'autres divinités semblables, la tête chavirée de leur extravagance et de leurs fourberies. il en est de même des chrétiens. D’aucun d'entre eux ne veulent ni donner ni écouter les raisons de ce qu'ils ont adopté. Ils disent communément n'examiner point. Croyez seulement votre foi vous sauvera et encore la sagesse de cette vie est un mal et la folie un bien »
Celse, Discours Vrai, Contre les chrétiens


Note: Le mépris de Celse pour le christianisme est identique à celui des autres païens à avoir brièvement évoqué cette secte au Ier et IIe siècle. Pour l'empereur Claude, les prédicateurs juifs sont "une maladie" ; le rhéteur Tertullus traite saint Paul de "peste". Pour Pline répondant à l'empereur Trajan, le christianisme est "une superstition absurde, extravagante" (Pierre de Labriolle, La réaction païenne); idem pour l'historien Suétone "une superstition nouvelle et malfaisante" ; "une exécrable superstition" selon l'historien Tacite, pour qui les chrétiens sont même "des ennemis du genre humain", expression connue de Tertullien (apologétique). La réprobation est générale.
    Au début du IIIe sicèle, le romain de Minucius Félix traite les chrétiens de "maudite secte" qu'il faut exterminer. Il accuse ses "pauvres ignorants" d'introduire "une servitude insupportable" dans le monde. "Obscurité, incohérence, illogisme, mensonge, abus de confiance et sottise, Porphyre n'a guère vu autre chose dans le christianisme. [...] Pour lui, une lutte décisive est engagée entre la civilisation antique, telle qu'elle a été constituée par la tradition et par la loi, et une entreprise impudente et barbare (Bápoapov tóauru.c ) qui en menace l'essence même. [...] Les mots de « fable », de « mensonge », d' « irrationnel », sont de ceux qui reviennent le plus volontiers sous la plume de Julien. Le christianisme peut être considéré comme une maladie de l'intelligence (vósos , voohu.c ). Pierre de Labriolle [auteur catholique], La réaction païenne

    Ce mépris perdure chez les derniers païens luttant contre le christianisme à la fin du IVe et au début du Ve siècle. "l'Asclepius est manifestement l'oeuvre d'un néo-platonicien qui connaît le christianisme, qui le hait et qui, sans trop d'espoir, lui oppose la religion de l'intelligence, à laquelle il promet l'avenir, après le châtiment et la restauration" [pour l'auteur] christianisme signifie barbarie, haine de la lumière, haine de la vie. Il remplit de tombeaux un sol qui se parait naguère de la beauté de ses temples. Il renverse audacieusement toutes les traditions consacrées par le temps. Et il emprunte la force de la loi pour contraindre les âmes vraiment religieuses." Pierre de Labriolle [auteur catholique], La réaction païenne.

    Pour l'Empereur Julien, les chrétiens sont "des ignares dégénérés" (lettre à Photin). Ils constituent "la lèpre de la société humaine" '(lettre à théodore). Même ton chez, Eunape qui dénonce le culte des martyrs comme l'adoration des ossements de criminels". Au début du Ve siècle, Augustin confirme que "partout où ils[les païens] rencontrent un chrétien, ils l'insultent, le harcèlent, se moquent de lui, le traitent d'abruti, d'idiot (vocare hebetem , insulsum ), d'être sans ceur et sans esprit." Augustinus, Enarrationes in Psalmos, 034, 2. [le christianisme] leur apparaissait comme un système philosophique, confus, bizarre, inapplicable, propre tout au plus à satisfaire l'avidité de quelques esprits malades" Arthur Beugnot [auteur catholique], Histoire de la destruction du paganisme
   



Statue d'Antinous (IIe sicèle)

II - Aucun apport majeur des juifs à la civilisation dans l'antiquité

 

« Toutes les nations les plus vénérables par leur antiquité conviennent entre elles sur les principes essentiels. Égyptiens, Assyriens, Chaldéens, Indiens, Odryses, Perses, Samothraciens et Grecs, ont tous des traditions à peu près semblables  C’est chez ces peuples et non ailleurs qu’est la source de la vraie sagesse, qui s’est ensuite répandue partout en mille ruisseaux séparés. [..] Nul ne songe à compter les Juifs parmi les pères de la civilisation, ni à accorder à Moïse un honneur pareil à celui des plus anciens sages. »
Celse, Discours Vrai, Contre les chrétiens 


« [Mais qui sont ces Juifs qui se mettent à un si haut rang et prêtent à Dieu une si grande sollicitude à leur égard ?] Des esclaves échappés d’Égypte en fugitifs. Ces hommes [qui se prétendent si chers à Dieu] n’ont jamais rien fait de mémorable, et n’ont jamais compté pour rien dans le monde. »
Celse, Discours Vrai, Contre les chrétiens


« L’idée d’envoyer le fils de Dieu aux Juifs n’est-elle pas plus propre encore à exciter la risée  ? [Pour mieux tomber, vraiment, Dieu n’avait que l’embarras du choix. Pourquoi aux seuls Juifs? Pourquoi à cette nation grossière, misérable, à demi dissoute, et non à tant d’autres peuples plus dignes des regards et du souci de Dieu, comme les Chaldéens, les Mages, les Égyptiens, les Perses, les Indiens, nations vénérables et animées de l’esprit divin ? »
Celse, Discours Vrai, Contre les chrétiens


"[les juifs, nous sommes] les plus mal doués des barbares et que pour cette raison nous sommes les seuls à n'avoir apporté pour notre part aucune invention utile à la civilisation." Flavius Joseph. Contre Apion. Idem pour Rutilius Namatianus préfet de Rome en 417, "[qui traite les juifs] de "race dégradée, qui mutile sans pudeur les parties génitales ; à cette race, souche de toute folie, qui aime à célébrer sa fête si froide du sabbat, mais dont le cœur est plus froid encore que ces superstitions. Le septième jour est condamné chez eux à une honteuse oisiveté: cette inaction est un symbole de la fatigue de leur dieu. Quant aux autres extravagances de cette race d'imposteurs et d'esclaves, je crois que parmi les enfants mêmes il y en a beaucoup qui refuseraient d'y ajouter foi. Et plût aux dieux que jamais la Judée n'eût été soumise par les armes de Pompée et de Titus ! C'est un ulcère mal guéri qui porte plus loin ses ravages : la nation vaincue pèse sur les vainqueurs". Idem pour Sénèque, « Les coutumes de cette nation détestable se sont propagées avec tant de force qu’elles sont reçues parmi  toutes les nations ; les vaincus ont fait la loi  aux vainqueurs» cité par Augustin. Idem chez Tacite "[qui donne une naissance du peuple juif, maheureusement plus crédible que celle de Moïse] "une maladie contagieuse qui couvrait tout le corps de souillure s’étant répandue en Égypte, le roi Bocchoris en demanda le remède à l’oracle d’Hammon, et reçut pour réponse de purger son royaume et de transporter sur d’autres terres, comme maudits des dieux, tous les hommes infectés." "[Chez eux est] légitime tout ce que nous tenons pour abominable." "ils consacrent le septième jour au repos, [..] séduits par l’attrait de la paresse" Histoires, Livre V. V 



III - Aucun apport significatif du christianisme à la morale


« C’est apparemment en se fondant sur quelqu’une de ces paroles de Platon dont ils avaient une vague connaissance, que quelques chrétiens font sonner haut le Dieu qui est au-dessus du ciel, et s’élèvent ainsi au-dessus du ciel des Juifs »
Celse, Discours Vrai, Contre les chrétiens


« Voici maintenant un de leurs préceptes: c’est de ne pas repousser les outrages. « Si, dit-il, on vous frappe sur une joue, présentez encore l’autre.» C’est là une vieille maxime déjà dite et bien mieux dite avant eux : la grossièreté de la formule seule leur appartient. »
Celse, Discours Vrai, Contre les chrétiens


« Les préceptes de leur morale, dans ce qu’ils ont de meilleur, les philosophes les ont enseignés avant eux. » «Tout cela a été bien mieux dit par les Grecs, et, sans cette enflure et ce ton prophétique »
Celse, Discours Vrai, Contre les chrétiens

Note: pour mieux étayer cet avis, voir en complément notre analyse détaillée

Note: "à part le commandement "Tu n'adoreras pas d'autres dieux" et "Souviens-toi du jour du sabbat", quelle est la nation, je demande au nom des dieux, qui ne pense pas qu'elle doive garder les autres commandements ? " "les plus brutaux des généraux se sont comportés avec plus de douceur envers les plus grands coupables que Moïse envers ceux qui n'avaient rien fait de mal" Emperur Julien

« [chez nous, greco-romains], les magistrats consciencieux ne tolèrent que les accusés se répandent en lamentation de peur d’être entrainés de sacrifier la pitié à la justice. »
Celse, Discours Vrai, Contre les chrétiens

« dire que le fils de Dieu est puni par le diable, et qu’il nous apprend par sa patience à subir avec courage les peines qu’il nous inflige, c’est ce qu’il y a de plus ridicule au monde. Il fallait, il me semble, punir le diable, et non effrayer les hommes en les menaçant de ses atteintes »
Celse, Discours Vrai, Contre les chrétiens


Note: Saint-Justin de Naplouse se plaint également que « les prétendus philosophes objectent que ce que nous disons du châtiment des méchants dans le feu éternel ne sont que des mots et des épouvantails, et que nous voulons amener les hommes à la vertu par la crainte, et non par l'amour du beau » Apologie II, IX.




IV - Le christianisme est un plagiat d’anciens cultes

 


"Ce qu’il vous a débité avec arrogance de la résurrection, du jugement, des récompenses et des peines réservées aux méchants; ce sont de vieilles histoires qui courent nos livres et sont depuis longtemps surannées"
Celse, Discours Vrai, Contre les chrétiens

Note: "Rien, on le voit, dans toutes ces théories, n’était absolument nouveau. Les Évangiles et les écrits des apôtres ne contiennent guère, en fait de doctrines apocalyptiques, que ce qui se trouve déjà dans « Daniel », « Hénoch », les « Oracles sibyllins », l’ « Assomption de Moïse », qui sont d’origine juive." Renan vie de Jésus


Note: l'idée d'un salut individuel via une résurrection personnelle est une vieille croyance déjà en place depuis longtemps chez les égyptiens qui avaient un peu près la même conception du jugement dernier et de la vie bienheureuse dans l'au-delà. Curieusement, les évangiles nous disent que le corps de Jésus et de Lazarre portaient des bandages funéraires... comme les momies ?
      Chez les gréco-romains, le paradis s'appelle les champs-Elysés et Valhalla dans le paganisme nordique, mais c'est réservé aux héros. L'idée de ressurection se popularise via les cultes initiatiques à mystères: mithraisme, mystère d'Eleusis progressivement ouvert à tous: femmes, pauvres et esclaves et qui promet à l'inité un statut privilégié dans l'autre monde, après la mort.... (les esclaves aussi acceptés chez Mihtra) Les seuls qui sont exclus ce sont les criminels, différence notable avec les chrétiens qui eux les acceptent et pardonnent tous les crimes.
    L'idée de resurection est présente sous forme de métempsycose (Pythagore) ou de palingénésie (Orphisme). Le mythe central de l'orphisme est celui de la mise à mort de Dionysos par les Titans. Dionysos, héros qui meurt et renaît périodiquement, correspond à la conception de Dionysos comme « Feu divin ». L'ame immortelle est une croyance du platonisme.
    Platon se moque des orphiques de son époque, de ces « initiés d'Orphée », prêtres itinérants qui se présentent aux portes des riches, leur vendent des indulgences pour les fautes commises et leur promettent le salut après la mort s'ils acceptent les initiations, mais des châtiments terribles s'ils les refusent (La République, II, 364 e).
        " Les mystères d'Éleusis, peut-être sous l'influence de l'orphisme, deviendront une religion de salut. Le mystère central, dans chacune de ces deux sectes, était celui de la mort et de la résurrection, symbolisées par la décomposition de la graine dans la terre et sa réapparition sous la forme d'un être vivant qui s'élève vers la lumière. Le même thème sera repris dans l'Évangile." Les mystères d'Eleusis. Paul Foucart. En effet Jesus dit: "Si le grain qu’on a jeté en terre ne meurt, il reste seul ; mais quand il est mort, il porte beaucoup de fruits." 



« Si l’on veut mettre en face de cet enseignement les hiérophantes de Mithra, examiner certains enseignements particuliers et mystérieux des chrétiens et les comparer; on verra qu’il y a quelque analogie »
Celse, Discours Vrai, Contre les chrétiens


Note: saint Justin de Naplouse confirme la polémique et également que Bacchus, d'Hercule, Esclulape sont des dieux qui sont morts et ressucités (voir Apologie I, XXI et XXII et Dialogue avec Tryphon, LXX et LXXVIII). De plus, Justin répondait aux critiques que toutes ces similitudes étaient des manipulations du diable: "Les mauvais démons ont imité cette institution dans les mystères de Mithra" (Apologie I, 66). Idem chez Tertulien: "Si l'on demande qui inspire les hérésiarques, je répondrai que c'est le démon" prescription contre les hérétiques, XL. Idem pour st Augustin à qui un prêtre d'Attis (souvent confondu/associé à Mithra) lui avait rétorqué: « Le Dieu coiffé du bonnet phrygien est lui aussi chrétien ! ( Et ipse Pilleatus christianus est) » Pierre de Labriolle. La réaction païenne. p448-450.



 


la similitude du christianisme avec le culte de Mithra
extrait du documentaire "Qui était Jésus Christ?"


 

V - Les textes des évangiles ne sont pas authentiques, ce sont des mythes remaniés

 

« La généalogie que vous lui avez faite et où l’on voit, à partir du premier homme, Jésus descendre des anciens rois, est un chef-d’œuvre d’orgueilleuse fantaisie. La femme du charpentier, si elle eût eu de semblables aïeux, ne l’eût pas sans doute ignoré »
Celse, Discours Vrai, Contre les chrétiens

 

« Mais tous ces prétendus faits sont des mythes que vos maîtres et vous avez fabriqués, sans pouvoir seulement donner à vos mensonges une teinte de crédibilité. On sait du reste qu’il en est plusieurs, parmi vous, qui, semblables à ceux qui dans l’ivresse vont jusqu’à porter la main sur eux-mêmes, ont changé et transformé à leur guise le premier texte de l’Évangile de trois et quatre manières et plus encore, afin de réfuter les objections qu’on y oppose. »
Celse, Discours Vrai, Contre les chrétiens

 

Note: Idem, dans son traité contre les chrétiens (écrit au IIIe siècle), Porphyre de Tyr dit également que "Les évangélistes sont les inventeurs, non les historiens des choses qu'ils racontent de Jésus (...) Chacun des évangélistes a écrit le compte rendu de la Passion non pas en plein accord, mais en pleine dissonance avec les autres. (...) si ces gens-là n'étaient pas capables de dire véridiquement de quelle façon il était mort et n'ont fait que de la littérature, c'est que sur tout le reste ils n 'ont rien raconté non plus qui mérite confiance." fgr 15.
Pierre de Labriolle, La réaction païenne - étude sur la polémique antichrétienne du Ier au VIe siècle. page 251/255/279.



Note: Ce point et le précédent s'expliquent en revanche très bien avec la thèse mythiste.




VI – Suivre Jésus aujourd’hui est absurde

 

« ceux-ci qui vivaient avec lui, qui entendaient sa voix, qui le reconnaissaient pour maître, quand ils le virent torturé et mourant, ne voulurent ni mourir avec lui, ni mourir pour lui; ils oublièrent le mépris des supplices; bien plus, ils nièrent qu’ils fussent ses disciples. C’est vous aujourd’hui qui voulez bien mourir avec lui. N’est-ce pas le comble de l’absurde que, tant qu’il vécut, il n’ait pu persuader personne, et que depuis sa mort, ceux qui le veulent persuadent tant de monde  ! » « qu’y a-t-il de plus extravagant et de plus déraisonnable que cette sagesse insensée ? »
Celse, Discours Vrai, Contre les chrétiens

Note: "ses frères non plus ne croyaient pas en lui" Jean 7-5. "Les parents de Jésus, ayant appris ce qui se passait, vinrent pour se saisir de lui; car ils disaient: Il a perdu l'esprit" Marc 3.21 voir aussi Marc  6-3/5

 

VII - La résurrection de Jésus n’est pas crédible

 

« Si Jésus voulait faire éclater réellement sa vertu divine, il fallait qu’il se montrât à ses ennemis, au juge qui l’avait condamné et à tout le monde en général » « Son supplice a eu tout le monde pour témoin, sa résurrection n’en a eu qu’un seul ; il fallait que ce fût le contraire »
Celse, Discours Vrai, Contre les chrétiens
Note: Spinoza mentionne le même argument dans la lettre LXXV, de plus Celse est cité dans les notes du traité des 3 imposteurs, suggérant que Spinoza avait possiblement connaissance de Celse. Bruno avait dénoncé Jesus comme un imposteur, et cette critique remontre à Celse le premier à avoir dénoncé Jésus comme un "détestable imposteur".


Note: En effet le nouveau testament indique que "Dieu l'a ressuscité le troisième jour, et il a permis qu'il apparût, non à tout le peuple, mais aux témoins choisis d'avance par Dieu" Actes 10.40

 
« [le témoin de la résurrection a] voulu frapper l’esprit des autres hommes par un récit merveilleux, et à l’aide de cette imposture, fournir matière de tromperie à ses confrères en charlatanisme »
Celse, Discours Vrai, Contre les chrétiens

« Vivant, il n’avait rien pu pour lui-même, mort —dites-vous— il ressuscita et montra les marques de son supplice et les trous de ses mains. Mais qui a vu tout cela ? Une femme hystérique, à ce que vous dites, et quelque autre peut-être de la même troupe ensorcelée »
« Quel messager vit-on jamais se dissimuler au lieu d’exposer l’objet de sa mission »
Celse, Discours Vrai, Contre les chrétiens


Place du Capitole à Rome

« quand il s’agit de Dieu ou du fils de Dieu, ce n’est pas sur de tels indices, sur d’équivoques exégèses et de si chétifs témoignages qu’on peut se fonder. Comme le soleil en éclairant toutes choses de sa lumière se révèle lui-même le premier, ainsi devrait-il en être du fils de Dieu »
Celse, Discours Vrai, Contre les chrétiens


«  Y a-t-il un corps qui, après avoir subi la mort, puisse revenir à son premier état, et une fois dissout, se rétablir dans sa condition première? N’ayant rien à répondre, ils ont recours à la plus absurde des défenses: ils disent que tout est possible à Dieu. Mais Dieu ne peut rien faire de honteux ni rien vouloir de contraire à la nature »
Celse, Discours Vrai, Contre les chrétiens

Idem pour Porphyre: "vous me direz que c'est possible avec Dieu, mais ce n'est pas vrai. Car tout n'est pas possible avec Lui ; Il ne peut tout simplement pas faire en sorte qu'Homère ne soit pas devenu poète ou que Troie ne soit pas prise. Il ne peut pas non plus faire deux fois deux, qui font le nombre quatre"

 

 

VIII – les histoires de la Bible sont des fictions puériles et ridicules

 

« [la cosmogonie de Moïse] est d’une puérilité qui dépasse les bornes. Le monde est autrement plus ancien qu’il ne croit; et, des diverses révolutions qu’il a subies, soit par des embrasements, soit par des déluges, il n’a entendu parler que du dernier »
Celse, Discours Vrai, Contre les chrétiens


« Rien de plus puéril comme leur cosmogonie et leur récit de la formation de l’homme à l’image de Dieu, et leur paradis planté par Dieu; rien qui tombe moins sous le sens que la prétendue condition du premier homme changée par l’accident du péché, et son expulsion du Jardin des Délices. Ce sont là des extravagances, ou, si l’on veut, d’amusantes petites histoires. C’est d’un ton plus sérieux et avec une autre profondeur que les anciens sages des Grecs ont parlé de la formation du monde et des hommes. Moïse et les prophètes, auteurs de leurs écritures, dans l’ignorance où ils étaient de la nature du monde et de celle de l’homme, ont fabriqué là-dessus des contes à dormir debout ». « Ce qui est plus puéril encore, c’est de partager la formation du monde en plusieurs jours, avant qu’il y eût des jours. Car comment y avait-il des jours avant que le ciel fût fait, la terre construite et le soleil en mouvement? »
Celse, Discours Vrai, Contre les chrétiens

 

« Les plus sensés des Juifs et des chrétiens rougissent de toutes ces ridicules fictions et tâchent de se tirer d’embarras en ayant recours à l’allégorie. Mais ces récits n’admettent pas l’allégorie, et celles qu’on a essayées sont plus honteuses et plus absurdes encore que les récits mêmes »
Celse, Discours Vrai, Contre les chrétiens


 

 

IX – La théologie monothéiste n’a aucun sens



« Dans quel dessein Dieu descendrait-il ici-bas? Est-ce pour apprendre ce qui se passe parmi les hommes? Mais ne sait-il pas toutes choses? Ou sait-il toutes choses sans remédier à rien, et sa puissance divine est-elle si bornée qu’il ne peut rien corriger, s’il [ne vient lui-même ou s’il] n’envoie tout exprès quelqu’un dans le monde ? »
Celse, Discours Vrai, Contre les chrétiens
 

« si l’on dit que c’est le grand Dieu qui a fait le monde, comment y a-t-il du mal dans le monde? »
Celse, Discours Vrai, Contre les chrétiens

 

« Une autre de leurs erreurs impies née de leur extrême ignorance et de leur incompréhension des mythes, est de prétendre que Dieu a pour adversaire le diable, le même qu’en hébreu qu’ils nomment Satan. Or, c’est une étrange sottise ou plutôt une grande impiété que de dire que le grand Dieu voulant faire quelque bien aux hommes, rencontre un être qui rompt son dessein et le réduit à l’impuissance. Le Fils de Dieu est donc vaincu par le diable? »
Celse, Discours Vrai, Contre les chrétiens


Note: On retrouve les arguments de Celse dans "le Traité des 3 imposteurs (Moïse, Jesus, Mahomet) ou l'Esprit de Spinoza", best-seller clandestin au XVIIIe siècle, illustrant qu'avec Celse, l’esprit des Lumières existait déjà dans l’antiquité.


"Et cependant ces gens-là [les chrétiens] sont religieux à leur manière, puisque le dieu qu'ils adorent est I'Être réellement tout puissant et tout bon qui gouverne le monde visible, et que nous adorons nous-mêmes, je le sais, sous d'autres noms. Ils me semblent donc agir comme il faut, en ne manquant point à leurs lois; seulement ils pèchent en ceci, que, au mépris des autres dieux, ils en servent exclusivement un seul, dont ils nous croient privés, nous autres Gentils, enflés qu'ils sont d'un orgueil barbare poussé jusqu'à la folie."
Empereur Julien, lettre à Théodore




 

X – Jésus n’a aucune marque du divin, il est faible

 

« Le grand Dieu qui avait déjà pris la peine d’envoyer deux anges pour toi, ne pouvait donc préserver son propre fils dans son propre pays ! » « le Fils de Dieu, à ce qu’il paraît, n’avait pas la force d’ouvrir tout seul son tombeau, mais il avait besoin qu’un autre [ange] vint déplacer la pierre ! »

Celse, Discours Vrai, Contre les chrétiens

« Un Dieu ne devait pas se laisser lier, emmener comme un criminel ; bien moins encore devait-il être abandonné, trahi par ceux qui vivaient avec lui, qui étaient ses familiers, qui le suivaient comme un maître, le considéraient comme un sauveur, fils et envoyé du grand Dieu. Un bon général qui commande à des milliers de soldats n’est jamais trahi par les siens, pas même un misérable chef de brigands commandant à des hommes perdus, tant que ceux-ci trouvent profit à le suivre. Mais Jésus trahi par ceux qui marchaient sous lui, ne sut pas se faire obéir comme un bon général et ne sut pas seulement leur inspirer ce dévouement qu’un chef de brigands, si je puis dire, obtient de sa bande»
Celse, Discours Vrai, Contre les chrétiens


 « 
Et qu’est-ce que Jésus a fait de grand et qui sente le Dieu? Le vit-on dédaignant l’humanité, se faisant jeu et risée des événements d’ici-bas » « Faut-il parler de son caractère irritable, si prompt aux imprécations et aux menaces? de ses «Malheur à vous!» «Je vous annonce…» En usant de tels moyens, il avoue bien qu’il est impuissant à persuader; et ces moyens ne conviennent guère à un Dieu, pas même à un homme de sens »
Celse, Discours Vrai, Contre les chrétiens


Idem pour Porphyre de Tyr: "Si toute cette histoire était autre chose qu'une pure invention, elle décèlerait chez le Christ une véritable méchanceté". Jésus est "indigne d'un Fils de Dieu, ou simplement d'un homme sage qui méprise la mort" "Bel enseignement que le sien, qui aboutit au désordre social et à des renoncements absurdes. Et c'est ce Jésus que vous nous présentez comme le maître de toute vérité ?" Frg 49, 62 et 56.

Pierre de Labriolle, La réaction païenne - étude sur la polémique antichrétienne du Ier au VIe siècle. page 269/270/280


note: pour Julien "durant sa vie il n'a rien fait qui vaille d'être entendu, à moins que quelqu'un ne pense que guérir les hommes pervers et aveugles et exorciser ceux qui étaient possédés par des démons maléfiques dans les villages de Bethsaïda et de Béthanie peuvent être classés comme une grande réussite."



La page Noire de Jesus-Christ




Statue de Laocoon

XI - Les chrétiens inversent les valeurs



« Dans les autres mystères, quand il s’agit des initiations, on entend proclamer solennellement: «Approchez, vous seulement qui avez les mains pures et la langue prudente.» Et encore: «Venez, vous qui êtes nets de tout crime, vous, dont la conscience n’est chargée d’aucun remords, vous qui avez bien et justement vécu.» C’est ainsi que s’expriment ceux qui convoquent aux cérémonies lustrales. Écoutons maintenant quelle espèce de gens ceux-ci invitent à leurs mystères: «Quiconque est pécheur, quiconque est sans intelligence, quiconque est faible d’esprit, en un mot, quiconque est misérable, qu’il approche, le royaume de Dieu est pour lui.» Or, en disant le pécheur, n’entendez-vous pas l’injuste, le brigand, le briseur de portes, l’empoisonneur, le sacrilège, le violateur de tombeaux ? Quels autres appellerait un chef de voleurs pour former sa troupe ? C’est donc que Dieu a été envoyé pour les pécheurs. Pourquoi n’a-t-il pas été envoyé pour ceux qui ne pèchent point? Quel mal y a-t-il à être exempt de péché ? L’injuste [disent-ils] s’il s’abaisse dans le sentiment de sa misère, Dieu le recevra ; mais si le juste, fort de sa conscience, lève les yeux vers lui, sera-t-il rejeté ? »
Celse, Discours Vrai, Contre les chrétiens

Hubert_Robert_-Rome_with_Equestrian_Statue_of_Marcus_Aurelius,_the_Column_of_Trajan_and_a_Temple



« Pourquoi donc cette préférence accordée aux pécheurs? [Pourquoi sont-ils particulièrement désignés au choix de Dieu, mis hors de pair et avant les autres? Pourquoi cette prérogative pour les moins dignes? N’est-ce pas outrager Dieu et la vérité que de faire ainsi acception de personnes et de quelles personnes ? »
Celse, Discours Vrai, Contre les chrétiens


« Pour gagner des méchants il les dupent de folles espérances comme le mépris des biens qui valent mieux que toutes leurs promesees et en les exhortant à les abandonner pour être heureux »
Celse, Discours Vrai, Contre les chrétiens


Note: Accusation répétée d’être une religion pour criminels rongés par le remort et en quête de rédemption (les pêcheurs). (Zosime, histoire romaine, livre II ; Rutilius Namatianus). La clientèle de l’église est élargie aux criminels rejetés des temples païens (population urbaine).

 


 « [Voici de leurs maximes]: "La sagesse de cette vie est un mal, et la folie un bien" [..] "Loin d’ici ceux qui ont quelque culture, quelque sagesse ou quelque jugement; ce sont mauvaises qualités, à nos yeux : mais que les ignorants, les esprits bornés et incultes, les simples, viennent hardiment." En reconnaissant que de tels hommes sont dignes de leur dieu, ils montrent bien qu’ils ne veulent et ne savent gagner que les niais, les âmes viles et sans intelligence, des esclaves, de pauvres femmes et des enfants. Quel mal y a-t-il donc à avoir l’esprit cultivé, à aimer les belles connaissances, à être sage et à passer pour tel? Est-ce que cela est un obstacle à la connaissance de Dieu! N’est-ce pas plutôt une aide et un secours pour atteindre la vérité ? »
Celse, Discours Vrai, Contre les chrétiens


Note: Les premiers chrétiens voulaient la destruction de l'intelligence. Note: Celse ne semble pas avoir compris que la théologie chrétienne enseigne que tous les hommes sont souillés par le péché originel depuis la naissance et que seule la foi en Jésus-Christ sauve.


« si vous ne pouvez atteindre à ces hauteurs, tenez-vous donc cois et muets, et cachez votre ignorance, et ne dites pas que ce sont ceux qui voient clair qui sont aveugles, ni ceux qui courent qui sont boiteux, estropiés et boiteux comme vous êtes quant à l’âme, et vivants seulement pour le corps, c’est-à-dire pour ce qui, dans l’homme, est chose morte. »
Celse, Discours Vrai, Contre les chrétiens



Celse nous dit que d'après les chrétiens "Jésus était laid et petit" ce qui s'inscrit dans l'inversion des valeurs. Ceci est confirmé par les pères de l'église. "Son aspect est méprisable. Il n'a ni éclat, ni beauté" Tertullien, contre les juifs, 14. "Il n'avait même aucun trait de la beauté humaine" Tertullien, de la chaire de jésus, 9 "le Seigneur lui-même était disgracieux d'aspect" Clément d'Alexandrie, L'Instructeur, III, I.

Jésus doit revenir "comme un voleur" 1 Thessaloniciens 5.2 ; Matthieu 24.43.

Complément: « Souffrir est le commandement suprême du christianisme l'histoire du christianisme lui-même est l'histoire de la souffrance de l'humanité. Alors que chez les païens, la jubilation du plaisir sensuel se mêle au culte des dieux, chez les chrétiens les anciens chrétiens bien entendu, les pleurs et les soupirs du cœur font partie du service de Dieu. »
Feuerbach, l’essence du christianisme, le mystère du dieu souffrant

Nietzsche dénonce l'inversion des valeurs

 

XII - Le christianisme menace de détruire l’empire romain



« Vous ne vous attendez pas sans doute que les Romains délaissent, pour embrasser votre croyance, leurs traditions religieuses et civiles, invoquent votre Dieu le Très-Haut, ou de quelque nom que vous l’appeliez, afin qu’il descende du Ciel et combatte pour eux, en sorte qu’ils n’aient pas besoin d’autre secours. Car ce même Dieu, à vous entendre, avait autrefois promis les mêmes choses et de plus grandes encore à ses fidèles. Or vous voyez quels services il a rendus aux Juifs et à vous. Ceux-là, au lieu de l’empire du monde, n’ont même plus une motte de terre ni un foyer. Et Peinture Cole Thomas Destructionquant à vous, s’il reste encore quelques chrétiens errants et cachés, on les cherche pour les conduire au supplice  »
Celse, Discours Vrai, Contre les chrétiens

 

« Si vous cherchez à ébranler ce principe [servir dans l'armée], l’empereur vous punira, et il aura raison; car si tous les autres faisaient comme vous, rien n’empêcherait que l’Empereur ne demeurât seul et abandonné, et que le monde ne devînt la proie des barbares les plus sauvages et les plus grossiers. Il n’y aurait bientôt plus trace alors de votre belle religion, et c’en serait fait de la gloire de la vraie sagesse parmi les hommes » [St Augustin finit assassiné par les Vandales]  « Il n'est pas tolérable de vous entendre dire " Si les empereur qui règne aujourd'hui après s'être laissé persuader par nous couraient à leur perte nous séduirions encore leurs vainqueurs". [...] Sans doute cela ne manquerait pas d’arriver, à moins qu’un pouvoir plus éclairé et plus prévoyant ne vous détruisît tous de fond en comble avant de périr lui-même par vous »
Celse, Discours Vrai, Contre les chrétiens







Le christanisme est-il responsable de la chute de Rome ?
Voir notre page consacrée à la chute de l'empire romain et la disparition de la philosophie classique
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gréco-romain contre judéo-chrétien
le discours de Maurice Allard à l'assemblée nationale en 1905 (extrait du film "la séparation").




Celse un crypto-épicurien ou un platonicien ? A propos de Celse, Origène nous dit que "par ses autres écrits, il paraît manifestement qu'il est épicurien ; mais dans celui-ci, afin que ses accusations aient plus de couleur et plus de poids contre les chrétiens, il déguise les sentiments de sa secte". Il parait en effet bien plus efficace d'attaquer le christianisme au nom du paganisme tout entier que juste selon l'épicurisme, d'où plusieurs passages où Celse dévie fortement de l'épicurisme et rejoint Platon ou d'autres. Mais si l'on ajoute le témoignage de Lucien de Samosate sur un Celse épicurien, on peut conclure que l'hypothèse la plus vraisemblable est que Celse était un épicurien. Du Testament de Lévi au Discours véritable de Celse



 


         ► La chute de Rome causée par le Christianisme ?

Celse: Texte Intégral (traduction médiocre, la version Rougier est meilleure)

La page Noire de Jésus-Christ


Le fanatisme des premiers judéo-chrétiens


Nietzsche dénonce l'inversion des valeurs


Spinoza, le premier philosophe des Lumières


Rationalisme Antique. La Raison Universelle ou Culturelle ?

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