Nietzsche et l'inversion des valeurs par le chrisitanisme


 



    Je vous propose ici l’esprit de la critique de Nietzsche à travers quelques passages et citations.
Nietzsche

 

 

 

Mon avis sur Nietzsche: A la fois lumière et anti-lumière, Nietzsche est une figure controversée. Vénéré par les uns, haï par les autres, il laisse rarement indifférent. Partant d’une excellente analyse sur l'origine puis l'invesion des valeurs morales par le ressentiment, Nietzsche a, selon moi, commis ensuite l’erreur de vouloir penser toute la réalité historique, sociologique, naturelle avec cette grille d’analyse. La pensée de Nietzsche se réduit à une psychologie qui ne permet pas de penser les événements, les rapports sociaux, la justice et le monde naturel en général à travers ce prisme. Il est par exemple notable de remarquer comment sa manière de tout psychologiser l’empêche de comprendre la puissance explicative du darwinisme (le Gai Savoir, 349). Nietzsche s’est laissé enfermé dans ses propres catégories en voulant interpréter trop de choses sur la base d’une analyse qui aurait mérité de rester sur le seul terrain psychologique. Il a transposé les sentiments nés de la compréhension d’un élément décisif de la nature humaine au-delà de sa porté légitime, d’une manière d’ailleurs parfois grossière, et bien contestable, en identifiant l’homme fort au rang social, à la vigueur du sang, à Napoléon… d’où ensuite ses éloges de la guerre, ses quasi-incitations à l’eugénisme, ses diatribes contre la démocratie, l’égalité des droits….

    Une fois que l’on a compris l’origine des erreurs de Nietzsche, on peut plus facilement les mettre de coté et l’on peut alors lire ses livres pour tout ce qu’il y a d’autre. Reste un personnage très fin, dont les talents d’auteur (voyez par exemple les paragraphes 125 et 341 du Gai savoir annonçant la mort de Dieu et l’éternel retour) lui permettent de produire des envolées lyriques et des critiques extrêmement percutantes: il se vantait de pourvoir dire en une phrase ce que les autres ne disent même pas en un volume. Même si je ne partage pas le scepticisme qui mine sa pensée et le conduit à un irrationalisme passager, s’immerger dans sa philosophie existentielle constitue une expérience d’une rare originalité qui doit marquer tout esprit réellement philosophique. Inspirons-nous donc de Nietzsche, et lisons le comme un poète-philosophe à l’intuition parfois formidable, et non comme une autorité morale afin de ne surtout pas avoir à le suivre dans ces fréquents excès indéfendables.

 





Qui non seulement comprend le mot dionysien, mais se comprend dans le mot dionysien n’a pas besoin d’une réfutation de Platon, du christianisme, de Schopenhauer, il flaire de loin la décomposition

Ecce homo, la naissance de la tragédie


Bonheur et malheur sont deux frères jumeaux qui grandissent ensembles, ou comme chez vous, restent petits ensembles

Le Gai Savoir, 338

 

Ce qui ne me tue pas me rend plus fort.

Le crépuscule des Idoles, Maximes et pointes

 

Le philosophe Grec traversait la vie avec le secret sentiment qu'il y avait bien plus d'esclaves qu'on ne le pensait - à savoir que tout homme qui n'était pas philosophe était un esclave ; il exultait de fierté en considérant que même les hommes les plus puissants de la Terre faisaient parti de ceux qu'il tenait pour esclaves.

Le Gai Savoir, I, 18, fierté antique


L’homme noble honore en lui-même le puissant, celui également qui fait preuve de puissance à l’égard de lui-même qui s’entend à parler et à garder le silence qui prend plaisir à exercer rigueur et dureté envers lui-même et a du respect pour tout ce qui est rigoureux et dur. « C’est un cœur dur que Wotan a placé dans ma poitrine » lit-on dans une vieille saga scandinave : voilà la juste expression poétique trouvée par l’âme d’un viking orgueilleux. Une telle espèce d’homme est justement fier de ne pas être fait pour la pitié. Les hommes nobles et courageux qui pensent de la sorte sont aussi éloignés qu’on peut l’être de la morale qui voit précisément dans la pitié ou l’action accomplie pour autrui, ou dans les désintéressement le signe de ce qui est moral.
Par-delà bien et mal, 260

 

Pourquoi si dur ? - dit un jour au diamant le charbon de cuisine ; ne sommes-nous pas proches parents ? » « Pourquoi si mous ? O mes frères, je vous le demande, moi : n'êtes-vous donc pas - mes frères? Pourquoi si mous, si fléchissants, si mollissants ? Pourquoi y a-t-il tant de reniement, tant d'abnégation dans votre cœur ? Si peu de destinée dans votre regard ? Et si vous ne voulez pas être des destinées, des inexorables : comment pourriez-vous un jour vaincre avec moi ? Et si votre dureté ne veut pas étinceler, et trancher, et inciser : comment pourriez-vous un jour créer avec moi ? Car les créateurs sont durs. Et cela doit vous sembler béatitude d'empreindre votre main en des siècles, comme en de la cire molle, - béatitude d'écrire sur la volonté des millénaires, comme sur de l'airain, - plus dur que de l'airain, plus noble que l'airain. Le plus dur seul est le plus noble. Ô mes frères, je place au-dessus de vous cette table nouvelle : DEVENEZ DURS !

Ainsi parlait Zarathoustra, III, des vieilles et des nouvelles tables, 29.


La joie et le désir vont de pair chez le plus fort qui veut transformer quelque chose pour en faire sa fonction: la joie et la volonté d’être désiré chez le plus faible qui veut devenir fonction 

Le Gai Savoir, III, 118

Il y a une morale de maîtres et une morale d’esclaves
Par-delà bien et mal, 260

Les prophètes des juifs ont fait fusionner jusqu’à les unifier « riche » « sans dieu » « méchant » « violent » « sensuel » et ont les premiers donné au mot « monde » une valeur infamante. C’est dans ce retournement des valeurs (auquel se rattache le fait d’utiliser le mot « pauvre » comme synonyme de « saint » et « d’ami ») que réside l’importance du peuple juif : avec lui  commence le soulèvement des esclaves en morale.
Par-delà bien et mal, 195

Mettre toutes les évaluation à l’envers – voilà ce qu’il leur fallut faire ! et briser les forts, contaminer les grands espoirs, faire du bonheur pris à la beauté un objet de soupçon, faire plier tout ce qui est souverain, viril, conquérant, tyrannique, tous les instincts propre au type d’homme le plus haut et le plus réussi, pour le changer en insécurité, détresse de la conscience, autodestruction et même retourner tout l’amour pour le terrestre et pour la domination sur Terre en haine de la terre et du terrestre – voilà la tâche que l’église s’est donnée

Par-delà bien et mal, 62


La décision chrétienne de trouver le monde laid et mauvais a rendu le monde laid et mauvais

Le gai savoir, III, 130


Le christianisme est né de l’esprit du ressentiment

Ecce Homo, généalogie de la morale

Les hommes modernes sourds à toute la nomenclature chrétienne ne sentent plus la nuance horriblement superlative attachée au paradoxe de la formule « dieu mis en croix ». Cette formule promettait le renversement de toutes les valeurs antiques
Par-delà bien et mal, 46

Dante s’est mépris lorsqu’il plaça au dessus de la porte de son enfer : « moi aussi c’est l’amour éternel qui m’a créé ». Il serait plus légitime de faire figurer au dessus de la porte du paradis chrétien : « moi aussi c’est la haine éternelle qui m’a créé »

La généalogie de la morale, I, 15

 

Celui qui ne sait pas mettre sa volonté dans les choses veut du moins leur donner un sens: ce qui le fait croire qu’il y a déjà une volonté en elles
Le crépuscule des Idoles, Maximes et pointes

Le fanatisme est l’unique force de volonté à laquelle puisse être amenée aussi bien les faibles que les incertains, en tant qu’il est une espèce d’hypnotisation de l’ensemble du système sensible-intellectuel au profit de l’alimentation surabondante (hypertrophie) d’une unique manière de voir et de sentir qui domine désormais – le chrétien l’appelle sa foi.

Le gai savoir, V, 347


Philologue, on va regarder derrière les livre saints ; médecin, derrière la dégradation physiologique du chrétien type. Le médecin dit : « incurable », le philologue : « imposture ».

l’Antéchrist, 47


Les évangiles sont un témoignage inestimable de la corruption déjà irrésistible à l’intérieur de la première communauté chrétienne » « Tout livre paraît propre quand on vient de lire le nouveau testament »
l’Antéchrist, 44 et 46.




Pour comprendre la critique de Nietzche, il me semble judicieux de rappeler ces quelques passages du nouveau testament où Jésus prône l'inversion des valeurs: “Je suis venu dans ce monde pour un jugement: pour que ceux qui ne voient pas voient, et que ceux qui voient deviennent aveugles.” Jean 9-39. “Quiconque s'élèvera sera abaissé, et quiconque s'abaissera sera élevé.” Mat 23-12. “les derniers seront les premiers, et les premiers seront les derniers”Mat 20-16. “Heureux les pauvres en Esprit, car le Royaume des cieux est à eux !” Mat 5-3. "Celui qui aime sa vie la perdra, mais celui qui hait sa vie en ce monde la conservera pour la vie éternelle" Jean 12-24. Dans le même esprit, Saint Paul écrit: “je me plais dans les faiblesses, dans les outrages, dans les calamités, dans les persécutions, dans les détresses, pour Christ; car, quand je suis faible, c'est alors que je suis fort.” Corinthiens 12,10.

Au IIe siècle après J-C, Celse, auteur païen faisait déjà une critique nietzschéenne du christianisme:
écoutons maintenant par quelle engeance les chrétiens invitent à leurs mystéres:
 

    «
Quiconque est un pêcheur, quiconque est sans intelligence, quiconque est faible d'esprit, en un mot quiconque est misérable, qu'il approche, le royaume de Dieu lui appartient
»

Pourquoi Dieu n'a-t-il pas été envoyé aussi pour ceux qui ne pêchent point ? Quel mal y a-t-il à être exempt de pêché ? Que l'injuste, dîtes-vous, s'humilie dans le sentiment de sa misère et Dieu l'acceuillera. Mais quoi ! si le juste confiant dans sa vertu, lève les yeux vers Dieu, sera-t-il rejeté ?




Être chrétien est d’autant plus criminel que l’on se rapproche de la vérité. Le criminel par excellence est donc le philosophe.
l’Antéchrist, loi contre le christianisme

Croire signifie refuser de savoir ce qui est vrai

l’Antéchrist, 52.


Tant que le prêtre dont le métier consiste à nier, à décrier, à contaminer la vie passera pour un type supérieur d'humanité il n'y aura pas de réponse possible à la question: qu'est ce que la vérité ? Quand l'avocat avéré du néant et de la négation passe pour le représentant de la vérité, c'est que la vérité a la tête en bas...

l’Antéchrist, 8.


Les prêtres, le fait est notoire, sont les ennemis les plus méchants — pourquoi donc ? Parce qu’ils sont les plus incapables. L’impuissance fait croître en eux une haine monstrueuse, sinistre, intellectuelle et venimeuse.

La généalogie de la morale, I, 7.


Un signe décisif montre que le prêtre n’est pas seulement maître à l’intérieur d’une communauté religieuse mais l’est partout, c’est la valeur accordée au non-égoïste et l’hostilité que rencontre l’égoïste. Qui est en désaccord sur ce point avec moi je le tiens pour contaminer… mais le monde entier est en désaccord avec moi

Ecce Homo, aurore

Que l’individu s’érige son propre idéal et en dérive sa loi, ses joies et ses droits – voilà qui a été considéré jusqu’à présent comme la plus monstrueuse de toutes les aberrations humaines et comme l’idolâtrie en soi 
Le Gai savoir, III, 143

Qui ne croit en lui-même, ment toujours.

Ainsi parlait Zarathoustra, De l’immaculée connaissance

La vanité d’autrui ne heurte notre goût que lorsqu’elle heurte notre propre vanité
Par-delà bien et mal, 175

L'un va auprès de son prochain, parce qu'il se cherche lui-même, et un autre parce qu'il aimerait se perdre. Votre mauvais amour pour vous-même fait pour vous de la solitude une prison. 

Ainsi parlait Zarathoustra, De l’amour du prochain

 

Le ver se recoquille quand on marche dessus. Cela est plein de sagesse. Par là, il amoindrit la chance de se faire de nouveau marcher dessus. Dans le langage de la morale : l'humilité.

Le crépuscule des Idoles, Maximes et pointes


Il n’y a que chez les décadents que la compassion passe pour une vertu

Ecce homo, pourquoi je suis si sage, 4

« C’est à la seule condition que tu te repentes que Dieu te fait grâce » voilà qui susciterait chez un Grec éclat de rire et scandale.
Le gai savoir, III, 135


M'a-t-on compris ? Ce qui me délimite, ce qui m'isole de tout le reste de l'humanité c'est d'avoir éventé la morale chrétienne. C'est ce qui m'a donné le besoin d'un mot qui contient un défi pour tous. N'avoir pas ouvert les yeux plus tôt c'est la pire malpropreté que l'humanité ait sur la conscience ; j'y vois un aveuglement voulu au point de devenir une seconde nature, une volonté systématique d'ignorer tout fait, toute cause et toute réalité, un faux monnayage qui va jusqu'au crime en matière de psychologie. L'aveuglement en face du christianisme c'est le crime par excellence, c'est le crime contre la vie... Les milliardaires, les peuples, les premiers et les derniers, les philosophes, les vieilles femmes, tous se valent sur ce point. Le chrétien a été jusqu'ici l' « être moral » par excellence, une curiosité sans pareille ; en tant qu' « être moral » il est resté plus absurde, plus mensonger, plus vain, plus frivole et s'est plus nuit à lui-même que ne pourrait l'imaginer le plus grand contempteur de l'humanité. La morale chrétienne c'est la pire forme de la volonté de mentir, c'est la vraie Circé de l'humanité : c'est ce qui l'a corrompue. Ce n'est pas l'erreur en elle-même qui m'effraie, ce n'est pas l'absence de « bonne volonté » qui dure depuis des milliers d'années, et ce n'est pas non plus le manque de discipline, de décence et de bravoure dans les choses de l'esprit qui se trahit dans la victoire de cette morale, c'est le manque de naturel, c'est la monstruosité d'une situation qui baptise morale et fait jouir des honneurs suprême la contre-nature elle-même et la suspend au-dessus de l'humanité comme une loi, comme un impératif catégorique !... Se méprendre à ce point... pas un seul, pas un peuple, mais toute l'humanité ! ... On a enseigné le mépris des premiers instincts de la vie ; on a forgé à coups de mensonges une âme et un esprit pour faire périr le corps ; on a enseigné à voir une souillure dans le principe de la vie, dans les rapports sexuels ; on a cherché le principe du mal dans la plus profonde nécessité du développement, dans le sévère amour de soi (le mot est déjà injurieux), et on a voulu voir, par contre, dans les symptômes caractéristiques de la décadence, dans la brimade de l'instinct, dans le « désintéressement », dans la perte du point d'appui, dans l' « oubli de soi » et l' « amour du prochain » la valeur suprême de l'homme, que dis-je ? la valeur en soi !... Eh quoi ! l'humanité serait-elle elle-même en décadence ? l'aurait-elle toujours été ? Ce qu'il y a de sûr c'est qu'on ne lui a enseigné en fait de valeurs supérieures que des valeurs de décadence. La morale de l'oubli de soi est une morale de décadence par excellence, c'est la constatation'« Je suis en train de périr » traduite par l'impératif « II faut que vous périssiez tous », et pas seulement par l'impératif ! ... Cette morale du renoncement, la seule qu'on ait enseignée jusqu'ici, trahit la volonté de mourir, elle nie la vie dans ses racines les plus profondes. Il nous reste une seule possibilité: que ce ne soit pas l'humanité qui soit en dégénérescence, mais seulement cette race parasite des prêtres qui s'est élevée par ses mensonges au rang d'arbitre des valeurs et qui a trouvé dans la morale chrétienne l'instrument de son ascension... car je suis bien d'avis que tous les maîtres et les meneurs de l'humanité, tous théologiens les uns comme les autres, étaient tous aussi décadents. C'est ce qui explique qu'ils aient détrôné les vraies valeurs pour les remplacer par des valeurs de mort, c'est ce qui explique la morale... Définition de la morale: une idiosyncrasie de décadents guidés par l'intention cachée de se venger de la vie, intention d'ailleurs couronnée de succès. J'attache de l'importance à cette définition.

Ecce homo, pourquoi je suis une fatalité

 

Ce qui nous distingue nous ce n’est pas de ne retrouver aucun dieu, ni dans l’histoire, ni dans la nature, ni derrière la nature, c’est de ressentir ce que l’on a vénéré sous le nom Dieu, non comme divin, mais comme pitoyable, comme absurde, comme nuisible, non seulement comme une erreur, mais comme un crime contre la vie

L’antéchrist 47


Dieu est mort ! […] Jamais il n’y eut acte plus grand, et quiconque naît après nous, appartient du fait de cet acte à une histoire supérieure

Le gai savoir, III, 125

 

Autrefois le blasphème envers Dieu était le plus grand blasphème, mais Dieu est mort et avec lui sont morts ses blasphémateurs. Ce qu’il y a de plus terrible maintenant, c’est de blasphémer la terre et d’estimer les entrailles de l’impénétrable plus que le sens de la terre 

Ainsi parlait Zarathoustra, Prologue


 

Je cite également quelques autres passages absolument pas dans la volonté de susciter une quelconque action violente contre le christianisme, ses monuments ou ses représentants, mais pour montrer que la position de Nietzsche, souvent trahie ou atténuée, n'est pas une critique relative des valeurs chrétiennes. C'est une condamnation absolue.


Le christianisme a été le plus grand malheur que l’humanité ait connue jusqu’à présent

l’Antéchrist, 51


C’est cela qui se rendit maître de Rome. La même espèce de religion dont Epicure avait déjà violement combattu les formes embryonnaires. Il faut lire Lucrèce pour comprendre ce que combattait Epicure, c'est-à-dire non pas le paganisme, mais le christianisme… et Epicure aurait vaincu car dans l’empire romain tout esprit respectable était épicurien.

l’Antéchrist, 58.


Tout le travail du monde antique… en pure perte ! Je ne trouve pas de mots pour exprimer le sentiment que m’inspire cette monstruosité 

l’Antéchrist, 59.


Je condamne le christianisme, j'élève contre l'Eglise chrétienne l'accusation la plus terrible qu'accusateur ait jamais prononcée. Elle est pour moi la pire des corruptions concevables, elle a voulu sciemment le comble de la pire corruption possible. La corruption de l'Eglise chrétienne n'a rien épargné, elle a fait de toute valeur une non-valeur, de toute vérité un mensonge, de toute sincérité une bassesse d'âme.
l’Antéchrist, 62.

Toute contre-nature est vicieuse. L’être vicieux par excellence, c’est le prêtre : il enseigne la contre-nature. Contre le prêtre, ce ne sont plus les raisons qu’il faut, mais la prison. 
l’Antéchrist, loi contre le christianisme

Les lieux maudits où le christianisme a couvé ses innombrables basiliques seront éradiqués de la surface de la Terre, et ils feront horreur à la postérité. On y élèvera des serpents venimeux. On appellera l’histoire « sainte » du nom qu’elle mérite : celui d’histoire maudite ; on n’utilisera plus les mots « Dieu », « sauveur », « rédempteur », « saint » que comme des insultes, des emblèmes criminels.
l’Antéchrist, loi contre le christianisme



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