La page noire de Jésus-Christ

Une lecture déconseillée aux croyants

  

A l’aide d’extraits de paroles ou d’actes de Jésus-Christ, je fais d'abord voir ici qu’il existe un décalage considérable entre l'image populaire de Jésus-Christ, messager de l’amour et de la paix universelle, et ce qui est rapporté à de nombreux endroits sur lui par les évangiles. Ensuite, je propose une explication à ces anomalies dans le cadre d'une analyse de la morale chrétienne et d'une confrontation avec la morale stoïcienne.

 

    Jésus et la paix ? “Je suis venu apporter le feu sur la terre et que désirais-je sinon qu’il soit déjà allumé ?” Luc12-49 “Pensez-vous que je sois venu apporter la paix sur la terre? Non, vous dis-je, mais la division.” Luc12-51 “Ne pensez pas que je suis venu apportez la paix sur la Terre, je suis venu apporter non la paix, mais l’épée” Mat10-34 « que celui qui n'a point d'épée vende son vêtement et achète une épée. Car, je vous le dis, il faut que cette parole qui est écrite s'accomplisse en moi » Luc 22-36 « Vous entendrez parler de guerres et de bruits de guerres: gardez-vous d'être troublés, car il faut que ces choses arrivent. Mais ce ne sera pas encore la fin. Une nation s'élèvera contre une nation, et un royaume contre un royaume” Mat 24-6 « ce ne sera que le commencement des douleurs. Alors on vous livrera aux tourments, et l'on vous fera mourir; et vous serez haïs de toutes les nations, à cause de mon nom. Alors aussi plusieurs succomberont, et ils se trahiront, se haïront les uns les autres. » Mat 24-9

Le message « universel » de Jésus ? « C'est à vous qu'a été donné le mystère du royaume de Dieu; mais pour ceux qui sont dehors tout se passe en paraboles, afin qu'en voyant ils voient et n'aperçoivent point, et qu'en entendant ils entendent et ne comprennent point, de peur qu'ils ne se convertissent, et que les péchés ne leur soient pardonnés. » Marc 4-11 et Mat 13-11

Jésus et l'amour des pauvres ? « Comme Jésus était à Béthanie, dans la maison de Simon le lépreux, une femme s'approcha de lui, tenant un vase d'albâtre, qui renfermait un parfum de grand prix; et, pendant qu'il était à table, elle répandit le parfum sur sa tête. Les disciples, voyant cela, s'indignèrent, et dirent: A quoi bon cette perte?  On aurait pu vendre ce parfum très cher, et en donner le prix aux pauvres. Jésus, s'en étant aperçu, leur dit: Pourquoi faites-vous de la peine à cette femme? Elle a fait une bonne action à mon égard; car vous avez toujours des pauvres avec vous, mais vous ne m'avez pas toujours. En répandant ce parfum sur mon corps, elle l'a fait pour ma sépulture. Je vous le dis en vérité, partout où cette bonne nouvelle sera prêchée, dans le monde entier, on racontera aussi en mémoire de cette femme ce qu'elle a fait » Mat 26-6.

Jésus contre l’esclavage ? « Le serviteur qui, ayant connu la volonté de son maître, n'a rien préparé et n'a pas agi selon sa volonté, sera battu d'un grand nombre de coups » Luc 12-47

Jésus féministe ? « Malheur aux femmes qui seront enceintes et à celles qui allaiteront en ces jours-là! » Mat 24-19 « Heureuses les stériles, heureuses les entrailles qui n'ont point enfanté, et les mamelles qui n'ont point allaité! » Luc 23-29
Note: Voir Paul: 1 Corinthiens 11 et 14-34/35. Au contraire, sous l'empereur Auguste les femmes romaines qui ont trois enfants sont libérés de la tutelle de leur père et de leur mari. Au IIe sicèle le juriste Gaius trouve même cette vieille règle obscolète. Les femmes peuvent selon lui conduire leurs propres affaires et la tutelle disparait.

Le pardon selon Jésus: “le blasphème contre l'Esprit saint ne sera point pardonné » Mat 12-32 et Luc 12-10  “Malheur à l'homme par qui le Fils de l'homme est livré! Mieux vaudrait pour cet homme qu'il ne fût pas né." Marc 14-21

La tolérance religieuse selon Jésus: « Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné. » Marc 16-16 "si vous ne croyez pas ce que je suis, vous mourrez dans vos péchés" Jean 8-24 "celui qui me reniera devant les hommes sera renié devant les anges de Dieu" Luc 12-9 « Quiconque me confessera devant les hommes, je le confesserai aussi devant mon Père qui est dans les cieux; mais quiconque me reniera devant les hommes, je le renierai aussi devant mon Père qui est dans les cieux. » Mat10-32

    Les menaces superstitieuses de Jésus envers ceux qui ne croient pas en lui: « Quand à tous ceux qui ne vous recevront pas, sortez de leur ville et secouez la poussière de vos pieds en témoignage contre eux. Je vous le dis en vérité: au jour du jugement, le pays de Sodome et de Gomorrhe sera traité moins rigoureusement que cette ville-là » Matthieu 10-14 Luc9-5 10-12  [l'amour du prochain:] “Celui qui traite son frère d'insensé mérite d'être puni par le feu de l'enfer.” Mat 5-22 "Ils les jetteront dans la fournaise ardente, où il y aura des pleurs et des grincements de dents" Luc 13-28 et Matt 13-42« Amenez ici mes ennemis, qui n'ont pas voulu que je régnasse sur eux, et égorgez les en ma présence » Luc19-27 (parabole des mines). « on donnera à celui qui a (la foi), et il sera dans l'abondance, mais à celui qui n'a pas (la foi) on ôtera même ce qu'il a » Marc4-25 et Luc19-26 et Mat 13-12

     Les insultes, les malédictions et les colères de Jésus: « Race incrédule et perverse, répondit Jésus, jusqu'à quand serai-je avec vous? Jusqu’à quand vous supporterai-je? » Mat17-17 et Luc9-41 « Races de vipères, comment pourriez-vous dire de bonnes choses, méchants comme vous l'êtes? » Mat12-34. « Conducteurs aveugles! Qui coulez le moucheron, et qui avalez le chameau » Mat23-24 « Malheur à toi, Chorazin! malheur à toi, Bethsaïda! » Mat 11-21 « Malheur à vous qui êtes rassasiés, car vous aurez faim! Malheur à vous qui riez maintenant, car vous serez dans le deuil et dans les larmes! » Luc 6-25 Lorsque Jésus entra dans le temple : « Il se mit à chasser ceux qui vendaient et qui achetaient dans le temple; il renversa les tables des changeurs, et les sièges des vendeurs de pigeons; et il ne laissait personne transporter aucun objet à travers le temple. » Marc 11-15

    Le sorcier Jésus tue un arbre parce qu'il ne lui donne pas de fruit: "Le lendemain, après qu'ils furent sortis de Béthanie, Jésus eut faim. Apercevant de loin un figuier qui avait des feuilles, il alla voir s'il y trouverait quelque chose; et, s'en étant approché, il ne trouva que des feuilles, car ce n'était pas la saison des figues. Prenant alors la parole, il lui dit: Que jamais personne ne mange de ton fruit! Et ses disciples l'entendirent. [...]  Le matin, en passant, les disciples virent le figuier séché jusqu'aux racines. Pierre, se rappelant ce qui s'était passé, dit à Jésus: Rabbi, regarde, le figuier que tu as maudit a séché. Jésus prit la parole, et leur dit: Ayez foi en Dieu." Marc 11-12 / 11-20
On est donc condamné même si on a rien pu choisir. Judas n'a pas choisi mais "malheur à lui".

        Les conseils pratiques de Jésus pour gagner son paradis: “Si ta main ou ton pied est pour toi une occasion de chute, coupe-les et jette-les loin de toi; mieux vaut pour toi entrer dans la vie boiteux ou manchot, que d'avoir deux pieds ou deux mains et d'être jeté dans le feu éternel. Et si ton oeil est pour toi une occasion de chute, arrache-le et jette-le loin de toi; mieux vaut pour toi entrer dans la vie, n'ayant qu'un oeil, que d'avoir deux yeux et d'être jeté dans le feu de la géhenne.” Mat 18-8. "Il y a des eunuques qui le sont dès le ventre de leur mère; il y en a qui le sont devenus par les hommes; et il y en a qui se sont rendus tels eux-mêmes, à cause du royaume des cieux." Mat 19-12
Note: Origène, le plus grand génie du christianisme antique avec saint Augustin, d'après le cardinal Jean Daniélou, décida donc de se castrer préventivement sur la base de cette recommandation. Mais
ce n'est pas sur que cela est suffit à lui obtenir le paradis car "quiconque regarde une femme pour la convoiter, a déjà commis l'adultère avec elle dans son coeur" Mat 5-28

Jésus et l'hygiène. "Pourquoi tes disciples transgressent-ils la tradition des anciens? Car ils ne se lavent pas les mains, quand ils prennent leurs repas ? [Réponse de Jésus]: "manger sans s'être lavé les mains, cela ne souille point l'homme" Mat 15-2,20
Note: Ce passage est moins anecdotique qu'il en parait. Il annonce la crasse moyenâgeuse liée au mépris chrétien de la vie terrestre au contraire de la propreté gréco-romaine. Les bains publics seront en effet tous fermés par les chrétiens.

Jésus trouverait que même le pape manque de foi: "C'est à cause de votre incrédulité, leur dit Jésus. Je vous le dis en vérité, si vous aviez de la foi comme un grain de moutarde, vous diriez à cette montagne: Transporte-toi d'ici là, et elle se transporterait; rien ne vous serait impossible" Mat 17-20 "Voici les miracles qui accompagneront ceux qui auront cru: en mon nom, ils chasseront les démons; ils parleront de nouvelles langues; ils saisiront des serpents; s'ils boivent quelque breuvage mortel, il ne leur feront point de mal; ils imposeront les mains aux malades, et les malades, seront guéris" Marc 16-17

    Jésus réclame
la soumission et l'obéissance aveugle de ses disciples“Moi (officier romain) qui suis soumis à des supérieurs, j'ai des soldats sous mes ordres; et je dis à l'un: Va! et il va; à l'autre: Viens! et il vient; et à mon esclave: Fais cela! et il le fait. Lorsque Jésus entendit ces paroles, il admira le centenier (un officier romain), et, se tournant vers la foule qui le suivait, il dit: Je vous le dis, même en Israël je n'ai pas trouvé une aussi grande foi.” Luc 7-8. “Quiconque s'élèvera sera abaissé, et quiconque s'abaissera sera élevé.” Mat 23-12.
    « Après qu'ils eurent mangé, Jésus dit à Simon Pierre: Simon, fils de Jonas, m'aimes-tu plus que ne m'aiment ceux-ci? Il lui répondit: Oui, Seigneur, tu sais que je t'aime. Jésus lui dit: Pais mes agneaux. Il lui dit une seconde fois: Simon, fils de Jonas, m'aimes-tu? Pierre lui répondit: Oui, Seigneur, tu sais que je t'aime. Jésus lui dit: Pais mes brebis. Il lui dit pour la troisième fois: Simon, fils de Jonas, m'aimes-tu? Pierre fut attristé de ce qu'il lui avait dit pour la troisième fois: M'aimes-tu? Et il lui répondit: Seigneur, tu sais toutes choses, tu sais que je t'aime. Jésus lui dit: Pais mes brebis. » Jean 21-15


Jésus envoie ses disciples qui ne travaille pas telle une bande de voleurs. « Lorsqu'ils approchèrent de Jérusalem, et qu'ils furent près de Bethphagé et de Béthanie, vers la montagne des oliviers, Jésus envoya deux de ses disciples, en leur disant: Allez au village qui est devant vous; dès que vous y serez entrés, vous trouverez un ânon attaché, sur lequel aucun homme ne s'est encore assis; détachez-le, et amenez-le. Si quelqu'un vous dit: Pourquoi faites-vous cela? répondez: Le Seigneur en a besoin.” Marc 11-1/6

    Au nom de la foi, Jésus ordonne des commandements contre-nature. "Un autre, d'entre les disciples, lui dit: Seigneur, permets-moi d'aller d'abord ensevelir mon père. Mais Jésus lui répondit: Suis-moi, et laisse les morts ensevelir leurs morts." Mat 8-22 et Luc 9-60.
Note: la foi abrahamique est un fanatisme qui prend un commandement total sur les êtres et qui pousse à accepter sans discussion de faire des choses contre-nature, du moment qu'elles sont ordonnées par Dieu/Jésus.Ainsi, Dieu ordonne à Abraham de tuer son fils Isaac (Epître aux Hébreux 11,17-19), ou commande à son prophète Ezéchiel de manger de la merde (Ezéchiel 4.12) !

    On dit parfois que l'église viole les préceptes de Jésus, mais on voit plus rarement que Jésus viole également ses propres préceptes. En effet Jéus dit "ne jugez point", mais il jugent les pharisiens et même ses disciples. « si je juge, mon jugement est vrai, car je ne suis pas seul; mais le Père qui m'a envoyé est avec moi. » Jean 8-16. Jésus dit “Celui qui dit à son frère imbécile passera devant le tribunal ; et celui qui traite son frère d'insensé mérite d'être puni par le feu de l'enfer.” Mat 5-22 mais Jésus insulte tout le monde. 
Note: De même Moise dit "tu ne tueras point" et il tue les hérétiques, les homosexuels, les autres prophètes ect... Paul de Tarse, juif pharisien, tue lui-même un chrétien avant de se convertir. Le détenteur du pouvoir réglieux est donc affranchi de la loi. La morale de Jésus est pour le peuple soumis à l'autorité religieuse.


Jésus absout les péchés de ceux qui l'aiment et lui accordent de petits honneurs. “Se tournant vers la femme (une pécheresse nous dit le texte), il (Jésus) dit à Simon: Vois-tu cette femme? Je suis entré dans ta maison, et tu ne m'as point donné d'eau pour laver mes pieds; mais elle, elle les a mouillés de ses larmes, et les a essuyés avec ses cheveux. Tu ne m'as point donné de baiser; mais elle, depuis que je suis entré, elle n'a point cessé de me baiser les pieds. Tu n'as point versé d'huile sur ma tête; mais elle, elle a versé du parfum sur mes pieds. C'est pourquoi, je te le dis, ses nombreux péchés ont été pardonnés: car elle a beaucoup aimé. Mais celui à qui on pardonne peu aime peu. Et il dit à la femme: Tes péchés sont pardonnés. Ceux qui étaient à table avec lui se mirent à dire en eux-mêmes: Qui est celui-ci, qui pardonne même les péchés? Mais Jésus dit à la femme: Ta foi t'a sauvée, va en paix.” Luc7-44
Note: De quoi Luther se plaignait-il ? La logique des indulgences est déjà chez Jésus. Paul enseigne que c'est la foi qui sauve et non les oeuvres ni le respect de la loi (Romains 3-28 ; 9-15/16 ; 10-30/32 ; 11-6). Remarquons que ce passage choquant (comme d'autres), a été réécrit d'une manière à le rendre moins choquant dans l'évangile de Jean écrit plus tardivement.


    Le gourou communiste Jésus et ses apôtres s'approprient les richesses des disciples. "quiconque d'entre vous ne renonce pas à tout ce qu'il possède ne peut être mon disciple" Luc 14-33 "vends tout ce que tu as" Luc 18-22 "tous ceux qui possédaient des champs ou des maisons les vendaient, apportaient le prix de ce qu'ils avaient vendu, et le déposaient aux pieds des apôtres" Actes 4-34 (le couple qui garde une partie du prix meure mystérieusement en présence des apotres Actes 5-5 et 5-10). "Nul ne disait que ses biens lui appartinssent en propre, mais tout était commun entre eux" Actes 4-32
Note: Dans la parabole des ouvriers de la onzième heure, (payés autant que ceux de la première), Jésus prone une politique communiste (l'égalité salariale absolue) contre la juste et équitable distribution du salaire en fonction du travail réalisé. Nous préférons donc la méritocratie républicaine de Marc-Aurèle: "inexorablement attribuer à chacun selon son mérite" ou l'Art. 1er des droits de l'homme de 1789: "Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune". L'égalitarisme absolu est injuste. Le communisme est producteur d'injustice et donc donc être rejeté. Voilà le l'égalitarisme christiano-marxiste réfuté au nom de l'équité.

Le Christ apparaissant lors d'une messe célébrée par Grégoire I°, prouvant la validité du concept de la transsubstantiation, par Thomas BURGKMAIR, 1496, Deutsches historisches museum, Berlin.  Le gourou Jésus a une emprise sectaire sur ses disciples qu'il conduit au suicide collectif: « Si quelqu'un vient à moi, et s'il ne hait pas son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères, et ses soeurs, et même sa propre vie, il ne peut être mon disciple. Et quiconque ne porte pas sa croix, et ne me suis pas, ne peut être mon disciple. » Luc 14-26 “Si quelqu'un veut me suivre, qu'il renonce à lui-même, qu'il se charge chaque jour de sa croix, et qu'il me suive. Car celui qui est préoccupé par sa vie, la perdra ; mais celui qui perdra sa vie pour moi, la sauvera” Luc 9-23 “Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n'est pas digne de moi, et celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n'est pas digne de moi; celui qui ne prend pas sa croix, et ne me suit pas, n'est pas digne de moi. Celui qui conservera sa vie la perdra, et celui qui perdra sa vie à cause de moi la retrouvera. » Mat10-37 "Celui qui cherchera à sauver sa vie la perdra, et celui qui la perdra la retrouvera" Luc 17-33
Note: la lecture correcte des ces passages montre que tout cela n'a rien à voir avec une émancipation de la société tribale mais révèle un phénomène sectaire.

Jésus appelle ses disciples au martyre: "Ne craignez pas ceux qui tuent le corps" Luc 12-4 “Heureux serez-vous, lorsque les hommes vous haïront, lorsqu'on vous chassera, vous outragera, et qu'on rejettera votre nom comme infâme à cause du fils de l’homme” Luc 6-22. « Si le grain qu’on a jeté en terre ne meurt, il reste seul ; mais quand il est mort, il porte beaucoup de fruits. Celui qui aime sa vie la perdra, mais celui qui hait sa vie en ce monde la conservera pour la vie éternelle » Jean 12-24 “Celui qui veut sauver sa vie la perdra, mais celui qui perdra sa vie à cause moi la retrouvera” Marc 8-35
Note:
Jim Jones, le gourou protestant communiste de la secte du temple du peuple, responsable d'un suicide collectif de 908 adeptes était donc finalement pas si éloigné de Jésus lorsqu'il disait: « N'ayez pas peur de mourir, la mort est juste le passage vers un autre plan, la mort est une amie ». « nous commettons un acte de suicide révolutionnaire en protestation contre les conditions de ce monde inhumain ».


Compléments à propos des martyrs et de la logique sacrificielle


    Les martyrs chrétiens étaient volontaires au supplice. Plusieurs témoignages montrent que les chrétiens du I et IIe siècle voulaient mourir en martyre: "Un jour le proconsul d’Asie, Arrius Antoninus, ayant ordonné de rigoureuses poursuites contre quelques chrétiens, vit tous les fidèles de la ville se présenter en masse à la barre de son tribunal, réclamant le sort de leurs coreligionnaires élus pour le martyre ; Arrius Antoninus, furieux, en fit conduire un petit nombre au supplice et renvoya les autres en leur disant: « Allez-vous-en, misérables ! Si vous tenez tant à mourir, vous avez des précipices, vous avez des cordes»."
Ernest Renan, Marc-Aurèle et la fin du monde antique. Voir aussi les autres témoignages du même genre rapportés par Gibbon (ChapXVI, p402-404) qui démontrent le fanatisme suicidaire des chrétiens des premiers siècles.
Voir John Scheid.

   Idem chez Saint Justin de Naplouse: "C'est là notre désir le  plus cher, souffrir pour Notre Seigneur Jésus-Christ afin d'être sauvé" (à Rusticus). D'après Justin, les chrétiens embrassaient "avec joie le trépas" (Apologie II, XII), tandis que les païens demandaient: « Vous autres Chrétiens, si vous aspirez à mourir, que ne vous tuez-vous vous-mêmes ? vous jouirez plus tôt de votre Dieu et vous nous causerez moins d’embarras » (Apologie II, IV) et enfin l'empereur Antonin aurait dit: "ne voyez-vous pas que tout ce qu’ils ambitionnent, c’est de mourir pour la cause dont on leur fait un crime ; que cette mort même est une victoire sur vous, puisqu’ils préfèrent la souffrir plutôt que de se soumettre à ce que vous exigez d’eux ?" (Apologie I).

      Idem chez Ignace d'Antioche, son désir très fort du martyre sanglant dans l'arène peut sembler étrange au lecteur moderne: il conçoit le martyre comme une libation, un sacrifice envers le Christ et demande à ses amis de ne pas intervenir pour le faire  libérer: "Laissez-moi être la pâture des bêtes, par lesquelles il me sera possible de jouir de Dieu. Je suis le froment de Dieu, et il faut que je sois moulu par la dent des bêtes, pour devenir pur pain du Christ. [...] Feu et croix, troupeaux de bêtes, lacérations, écartèlements, dislocation des os, mutilation des membres, mouture de tout le corps, que les pires fléaux du diable tombent sur moi, pourvu seulement que je jouisse de Jésus-Christ" (lettre aux romains).

    Idem dans les actes des apôtres:  "[Les juifs] les firent battre de verges [] Les apôtres se retirèrent de devant le sanhédrin, joyeux d'avoir été jugés dignes de subir des outrages pour le  nom de Jésus." Actes 5-40. On voit que la vie de Paul relatée dans les Actes des apotres cherche à reproduire celle de Jésus.

    Idem chez les circoncellions donatistes, le daesch chrétien du IVe siècle:
    "la fureur des donatistes était enflammée par une frénésie d’une espèce extraordinaire et dont il n’y a jamais eu d’exemple dans aucun temps et dans aucun pays, s’il est vrai qu’ils l’aient poussée au degré d’extravagance qu’on leur attribue. Une partie de ces fanatiques détestaient la vie et désiraient vivement de recevoir le martyre. Il leur importait peu par quel supplice ou par quelles mains ils périssaient, pourvu que leur mort fût sanctifiée par l’intention de se dévouer à la gloire de la vraie foi et à l’espérance d’un bonheur éternel. Ils allaient quelquefois insulter les païens au milieu de leurs fêtes et jusque dans leurs temples, dans l’espérance d’exciter les plus zélés idolâtres à venger l’honneur de leurs divinités"
    Ils pratiquent des suicides collectifs: des exaltés s'immolent sur des bûchers, se jettent, parfois en groupe, du haut de rochers.
    "ils se servaient ordinairement d’une forte massue qu’ils appelaient une israélite, et leur cri de guerre bien connu, loué soit Dieu, répandait la consternation dans toutes les provinces désarmées de l’Afrique"  "ils incendièrent les villages après les avoir pillés, et régnèrent en tyrans sur toute la campagne. L’agriculture et l’administration de la justice étaient interrompues : comme les circoncellions prétendaient rétablir l’égalité primitive du genre humain et réformer les abus de la société civile, ils offraient un asile aux esclaves et aux débiteurs qui accouraient en foule sous leurs drapeaux sacrés. Lorsqu’on ne leur résistait pas, ils se contentaient ordinairement de piller ; mais la moindre opposition était suivie de violences et de meurtres ; et ils firent souffrir les tortures les plus affreuses à quelques prêtres catholiques qui avaient voulu signaler imprudemment leur zèle." "un philosophe impartial découvre aisément l’influence ou l’abus de l’inflexibilité d’esprit puisée dans le caractère et les principes de la nation juive."
Gibbon Chap XXI


   La mort sur la croix de Jésus-Christ: un sacrifice païen ? Jésus nous dit qu'il "donne sa vie pour la rançon de beaucoup" Marc 10-45. Les païens superstitieux sacrifiaient des animaux vivants pour apaiser la colère des dieux. La mort de Jésus rentre dans cette logique superstitieuse, sauf que c'est un sacrifice humain volontaire pour apaiser le courroux de Dieu-le-père une bonne fois pour toute et racheter le péché des hommes.
    Le judaïsme était une religion sacrificielle contrôlée par les rabbins qui avaient décrétés que les sacrifices devaient avoir lieu dans le temple de Jérusalem. Après la destruction du temple en 70 par les Romains, les sacrifices ne peuvent donc plus avoir lieu et la religion judaïque est conduite à se transformer. La destruction du temple a favorisé la conversion des juifs au judaïsme rabbinique/talmudique ou au christianisme : "je veux la miséricorde et non le sacrifice" Mat 12-7.




Observation sur l'interprétation moderne du christianisme

 Après (re)lecture de ces passages, il apparaît clairement que l’interprétation dominante du christianisme est une fabrication partiale. Elle fût autrefois le travail de réformateurs humanistes (Erasme) qui ont déformé cette religion pour faire passer leurs idées, et l’on peut se réjouir qu’ils aient fini par l’emporter. Aujourd'hui cela facilite les lectures bienveillantes de tous ceux qui restent complaisants ou veulent défendre cette religion, toutefois un regard honnête sur l’ensemble des évangiles montre, à qui est sincère et a banni ses préjugés, que les valeurs humanistes n’étaient pas le coeur doctrinal des premiers chrétiens.

Note: Dans "le Christ Philosophe"
p16, Frédéric Lenoir écrit: "il y aurait une livre entier à écrire sur les colères du Christ" ! Un aveu pour s'excuser d'avoir oublié de prendre tout cela en compte dans son analyse ?


    Observation sur l'honnêteté intellectuelle de notre époque: Depuis la renaissance et surtout avec le siècle des Lumières il est courant de dénigrer l'église, mais d'épargner voir d'encenser la figure du Christ. Pour ma part, je rejoins le point de vue des païens de l'antiquité, de Giordano Bruno et de Voltaire à savoir que Jésus-Christ n'est pas non plus défendable.
     Le chrétien part du principe que le christianisme a été positif pour le monde, et il cherche aussi à reconstruire sa religion et à l'adapter à la modernité ; donc quand il trouve quelque chose que l'on peut interpréter comme humaniste dans une parole de Jésus, il affirme trop vite que cette valeur positive a été inventée et apportée au monde par Jésus (et ne cherche pas à savoir s'il n'existait pas avant). Cette démarche est très faible intellectuellement, et amène à des conclusions fausses. Le problème c'est que beaucoup d'incroyants font la même erreur en partant du principe que Jésus (même s'ils pensent qu'il n'est pas Dieu) est forcément un personnage formidable. Ainsi, aujourd'hui, même nos "philosophes athées" ne sont toujours pas capables de dénoncer les aberrations et les monstruosités trouvées chez Jésus-Christ.
Etonnamment, même Nietzsche qui se revendiquera comme "l'antéchrist" a été finalement assez indulgent avec la figure de Jésus-Christ dans 'l'antéchrist'. Mais bon, à un moment, il vaut savoir où est son âme... Dans le camp du conformisme ambiant ou dans celui de la sévère vérité. Ainsi, aux chrétiens fâchés contre cette page, je rappellerai qu'un esprit épris de vérité devrait  d'abord haïr ceux qui l'ont manipulés et qui perpétuent lâchement toute cette affabulation autour de Jésus-Christ et non pas celui qui déchire le voile du mensonge et libère en montrant la vérité.







Quel réel apport du christianisme par rapport aux morales païennes ?


    Les croyants ont le besoin de réinterpréter leur religion et de lui trouver des qualités qu'elle n'a pas. Ils se livrent à un travestissement historique. Ce qui est grave c'est que leur thèses ont largement contaminé les athés.
    On laisse entendre qu'il n'y avait qu'un monde de brutalité, de violence, et d'injustice avant Jésus.
Rien n'est plus faux. Il y avait déjà eu un premier humanisme. Au IIe siècle, le philosophe Celse disait que les bons préceptes de la morale de Jésus-Christ et du christianisme avaient déjà tous été dits avant par les philosophes païens. En effet,

- la règle d'Or avait déjà été énoncée par Thalès, Pittacos de Mytilène, Aristote...

- ne pas répondre aux offenses, ni au mal par le mal faisait parti de la morale de Socrate d'après Platon et on retrouve ce principe également chez Diogène de Sinope et les stoïciens...

- pardonner à ses ennemis faisait parti de la morale mise en pratique par Jules Caesar d'après Suétone, bien que le pardon prend une signification théologique avec Jésus (voir plus bas). Idem pour Marc-Aurèle qui pardonne à ceux qui l'ont trahi (Histoire Auguste).

- se repentir. “Le commencement du salut, c’est la reconnaissance de sa faute” Démocrite, Maxime n°9 (DK B-XLIII) et Epicure d’après Sénèque, lettre à Lucilius n°28 (Us 522).


    - La discrétion dans l'exercice du culte. Jésus enseigne un très bon principe peu respecté des croyants: "Lorsque vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites, qui aiment à prier debout dans les synagogues et aux coins des rues, pour être vus des hommes. [..] Mais quand tu pries, entre dans ta chambre, ferme ta porte, et prie ton Père qui est là dans le lieu secret; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra."
    Mais sur ce point Jésus a été précédé en mieux avant par les païens: « La piété, ce n'est pas se montrer à tout instant la tête voilée devant une pierre, ce n'est pas s'approcher de tous les autels, ce n'est pas se prosterner sur le sol la paume ouverte en face des statues divines, ce n'est pas arroser les autels du sang des animaux, ni ajouter les prières aux prières ; mais c'est bien plutôt regarder toutes choses de ce monde avec sérénité »
Lucrèce. Idem chez Sénèque, Lucilius XLI.

- la pitié. Lucrèce montre de l'empathie pour la souffrances des autres dans son poème et décrit comme un progrès morale assez ancien la fin du règne de la brutalité aveugle et désormais la protection des faibles: "Alors l'amitié unit pour la première fois des voisins, qui cessèrent de s'insulter et de se battre ; et ils se recommandèrent mutuellement les enfants ainsi que les femmes, faisant entendre confusément de la voix et du geste qu'il était juste d'avoir pitié des faibles. Assurément la concorde ne pouvait pas s'établir entre tous, mais les plus nombreux et les meilleurs restaient fidèles aux pactes ; autrement le genre humain eût dès lors péri tout entier et n'aurait pu conduire jusqu'à nous ses générations." (De la nature, V, 1018-1027)

- le plaisir de la générosité fait parti de la pensée païenne: “Les grandes joies proviennent du spectacle des actions honnêtes” “Il est non seulement plus beau de faire du bien que d’en recevoir, mais aussi plus agréable ; rien, en effet, n’est aussi fécond en joies que la bienfaisance”  “Le sage est plus enclin à donner qu'à recevoir” sont des textes de Démocrite et d'Epicure cités dans l'Amour de la Raison Universelle
    Ainsi lorsque Saint-Paul noud dit dans les Actes (20.35) que Jésus aurait dit "Il y a plus de bonheur à donner qu'à recevoir", il n'y a rien de nouveau.
    "Rien, en effet, ne donne autant de joie que l'image des vertus, quand elles se manifestent dans la conduite de ceux qui vivent avec nous et qu'elles s'y trouvent, en aussi grand nombre que possible, réunies. Voilà pourquoi il faut toujours avoir ce tableau sous les yeux "
Marc-Aurèle

- La charité existait déjà chez les païens. Trajan avait une politique sociale d'aides envers les enfants des pauvres (l'institution des alimenta), tandis qu'Antonin le pieux créa des orphelinats pour pauvres jeunes filles abandonnées (puellae Faustiniana).

- La condamnation de l'esclavage. Démocrite et les sophistes avaient déjà rejeté le principe de l'esclavage (contre le couple Platon-Aristote). Sous les Antonins, les empereurs romains modifient le droit pour protèger les esclaves des mauvais traitements.

Le juriste Pomponius introduit la clause d'humanitatis intuitu qui respecte la personne comme valeur et comme volonté, même dans les rapports du maître et de l'esclave.

Patrice Larroque. De l'esclavage chez les nations chrétiennes 

Slavery in Early Christianity

Le christianisme a un tropisme pour les  esclaves, mais à cause de sa théologie le christianisme ne libère pas de l'esclavage (un chatiment à cause du péché qui doit être expié lors de la vie terrestre pour gagner le paradis). On comprend que c'est seulement depuis que les Lumières ont affaibli la théologie que le christianisme a pu devenir anti-esclavagiste, mais donc il n'a pas été à l'origine de l'abolition de esclavage.

- la conscience morale était déjà promue par Pythagore (paroles d'or) et Démocrite (DK B-CCXLIV).

- la conscience intérieure des humanistes. "On se cherche des retraites à la campagne, sur les plages, dans les montagnes. Et toi-même, tu as coutume de désirer ardemment ces lieux d'isolement. Mais tout cela est de la plus vulgaire opinion, puisque tu peux, à l'heure que tu veux, te retirer en toi-même" Marc-Aurèle qui a pu servir d'inspiration:
    "Les hommes s’en vont admirer les cimes des montagnes, les vagues de la mer, le vaste cours des fleuves, les circuits de l’Océan, les révolutions des astres, et ils se délaissent eux-mêmes"
Petrarque citant Augustin, Confessions, X, 8.

- L'amour du prochain était déjà chez les stoïciens. Marc-Aurèle nous dit  « Le propre de l'homme est d'aimer même ceux qui l'offensent » « Le propre de l'âme raisonnable, c'est aussi l'amour de son prochain » 

- ne pas condamner son prochain. Chez les stoïciens: "Pour ce qui provient de la nature, il ne faut pas s'en prendre aux Dieux, car volontairement ou involontairement ils ne se trompent jamais ; ni aux hommes car ils ne faillent qu'involontairement. Il ne faut donc s'en prendre à personne" Marc-Aurèle. C'est cette logique que l'on retrouve également chez Jésus et qui fonde chez lui la doctrine pardon "parce qu'ils ne savent pas qu'ils font".

- Avoir Dieu avec soi. Marc-Aurèle nous dit « je vénère Celui qui gouverne, je m'affermis et me repose en lui  ». On a bien quelquechose chez les stoïciens qui fait penser au christianisme mais qui ne franchit pas chez eux la frontière de l'antihumanisme car il n'y a pas de foi abrahamique.



Jésus précurseur de l'humanisme et des droits de l'homme ?

Les "philosophes" Frédéric Lenoir et Luc Ferry, de même que l'église aujourd'hui, présentent Jésus comme le père de l'humanisme des Lumières. Cette analyse nous semble complètement fausse. En effet:


- l'Individualisme qui fait sortir l'homme du tribalisme et de la loi du groupe se retrouve dans tous les mouvements que combat Platon: Démocrite, les sophistes, les cyniques, les cyrénaïques, les épicuriens...
  
Anne Baudart. Individualisme et cosmopolitisme  "Les traits de l'individualisme se repèrent pourtant déjà dans le monde antique. Ils se dessinent dans la démocratie athénienne des Ve - IVe siècles [..] La liberté de l’individu étant le principe fondamental à respecter, Diogène et ses disciples s’attachent à dénoncer tous les asservissements".
    C'est "L’universalisme juridique et l’aequitas,du droit romain classique est
quasi sigillum anti-tribaliste".

   
    - l'Universalisme introduit par Paul de Tarse est révolutionnaire pour un juif, mais Paul était citoyen romain et c'est donc de Rome que lui vient l'idée d'universel. Ce n'est pas original non plus pour les philosophes grecs cosmopolites, ni même les romains plus conservateurs qui l'avait déjà en partie réalisé à travers leur Empire.
    "Ma cité et ma patrie, en tant qu'Antonin, c'est Rome ; en tant qu'homme, l'univers" "Il n'y a, en effet, qu'un seul monde qui embrasse tout, qu'un seul Dieu répandu partout, qu'une seule substance, une seule loi, une seule raison commune à tous les êtres intelligents ; une aussi est la vérité, puisque la perfection pour les êtres de même nature et participants de la même raison, est une aussi"
Marc-Aurèle

- la Liberté ? L'idée de liberté/libre-arbitre était déjà chez les stoïciens où l'âme n'est pas liée au destin mais a son propre mouvement. Idem, chez Epicure (le clinamen).
     Jésus ne parle pas de liberté dans les trois synoptiques et il parle seulement une fois de devenir libre
(Jean 8-36) en opposition à ceux qui sont esclaves du péché. La liberté de Jésus a donc seulement un sens selon la morale religieuse, mais ce n'est pas la liberté au sens humaniste c'est-à-dire l'autonomie de l'individu. L
e disciple de Jésus ne place plus sa confiance en lui-même (2 Corinthiens 1-19. le disicple doit " renonce à lui-même"). C'est donc un être qui a aboli sa liberté. Il a troqué l'autonomie de sa raison contre les promesses de la foi. Il est entré dans sa minorité (Kant. Qu'est-ce que les Lumières?).
     De plus
, Jésus croit à la prédestination de la grâce (accordée ou non par Dieu) qui est incompatible avec une pleine liberté: "nul ne peut venir à moi si cela ne lui a été donné par le Père" Jean 6-65  "ceux qui étaient destinés à la vie éternelle crurent." Actes 13-48 "Car c’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu. Ce n’est point par les œuvres, afin que personne ne se glorifie. Car nous sommes son ouvrage, ayant été créés en Jésus Christ pour de bonnes œuvres, que Dieu a préparées d’avance, afin que nous les pratiquions." Éphésiens 2:8  "choisis d'avance par Dieu" Actes 10.40.
    Pour Jésus, l'histoire est le plan préétabli par Dieu (dans lequel la liberté est impossible). Jésus répond à Pilate "Tu n'aurais sur moi aucun pouvoir, s'il ne t'avait été donné d'en haut." Jean 19-11. "Le Fils de l'homme s'en va selon ce qui est écrit de lui" Marc 14-21 "Je vous ai tout annoncé d'avance" Marc 13-23 (Idem pour les furturs pensées de St Pierre et Judas. Jésus sait tout d'avance).

Pelage (1000 ans avant Erasme) avait rejeté le rôle de la grâce et le péché originel pour rétablir la liberté, mais Saint-Augustin défendit l'orthodoxie paulienne et minimisa le rôle de la liberté pour réaffirmer la primauté de la grâce. On retrouve ce débat à la renaissance entre Erasme et Luther (voir le traité du serf-arbitre inspiré de St Augustin). D'autres théologiens iront encore plus loin en rejetant pratiquement tout rôle à la liberté (Calvin, les jansénistes...). Pour Saint Augustin, Adam a été conçu libre mais depuis l'homme a perdu sa liberté à cause du péché originel, et ne le retrouve en Jésus que par le moyen de la grâce.
  

- l'Humanisme. Pour éviter la confusion, il faut distinguer l'humanisme historique, l'humanisme philosophique et l'humanisme morale. D'après les définitions du dictionnaire Robert, l'humanisme est:
    - en philosophie est la "doctrine qui place la personne humaine et son épanouissement au-dessus de toutes les autres valeurs."
        - Historiquement c'est le "mouvement de la Renaissance, caractérisé par un effort pour relever la dignité de l'esprit humain et le mettre en valeur, et un retour aux sources gréco-latines."
       - Moralement "c'est la doctrine qui apporte au souci de l'autre et de sa condition".


  

n'est pas humaniste au sens philosophique une doctrine qui stipule que
    - dieu gouverne tout / pas de liberté. jésus est un théoligien - dieu omniscient il connait les pensées de pierre de judas. dieu controle tout (comme le qadar des musulmans).
    
- mépris du bonheur terrestre et du plaisir des sens
    - communisme: pas de liberté d'entreprendre, de créer, de posséder.
    - infériorisation de la femme, esclavage, torture...
   -  destruction de la raison, de l'intelligence, abnégation de soi. 
Le disciple de Jésus renonce au penser par soi-même des humanistes et à l'épanouissement de son bonheur Terrestre qu'il troque contre le réconfort de la croyance. La foi abrahamique promue par Jésus-Christ est donc bien antihumaniste.


     Une partie de la confusion autour de l'humanisme chrétien vient du fait que
sous l'influence du christianisme l'humanisme signifie désormais aussi compassion/charité.
Le chrétien a un plus grand souci pour le pauvre, le souffrant, l'autre en général, mais dans un sens extrême qui participe à l'inversion des valeurs.

- le Concept de Droit Humain. On croit que l'attention à la personne humaine, à la diginité humaine est un prolongement de la logique de charité chrétienne. On trouve toutefois des précurseurs au droits de l'homme hors du christianisme. Le cylindre de Cyrus montre que le concept de droits de l'homme existait déjà en Perse. A Rome, la loi des Douze tables fixe l'égalité des citoyens devant la loi. En afrique, la charte du Manden.
    L'Occident a produit des droits de l'homme plus aboutis au XVIIIe siècle pas particulièrement parce que l'Occident était chrétien, mais d'abord parce que l'Occident était la civilisation la plus avancée à ce moment là.

- la Laïcité ? la séparation du spirituel et du temporel ? Jésus dit à Pierre " Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église [...] ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux, et ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux" Mat 14-18. En transférant à ses apôtres et leurs successeurs le pouvoir de juger du bien et du mal et d'absoudre ou non les péchés, Jésus ouvre la voie au théologico-politique.
     On nous oppose souvent le "
Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu" mais qui n'a rien à voir avec la laïcité quand on le lit sans son contexte. Jésus est soumis à une question piège: "est-il permis, ou non, de payer le tribut à César?" si Jésus répond oui, il sera considéré comme un traite aux yeux des Juifs, et s'il répond non il pourra être dénoncé comme rebelle aux romains. Jésus sort du piège en exprimant un mépris des romains tout en consentant à leur impôt.

- Jésus précurseur de la liberté de conscience religieuse ? de la tolérance religieuse ?
la liberté d'expression et de conscience et d'expression religieuse existait chez presque tous les païens polythéistes. Seul la participation aux cérémonies, mais pas la foi était requise (religion civile). Au contraire pour Jésus,
    "quiconque n'écoutera pas ce prophète sera exterminé du milieu du peuple" Actes 3-23. "Qui n'est pas avec moi est contre moi" Matt 12-30. "Jésus se mit alors à leur dire: Prenez garde que personne ne vous séduise. Car plusieurs viendront sous mon nom, disant; C'est moi. Et ils séduiront beaucoup de gens. [..] "Si quelqu'un vous dit alors: "Le Christ est ici", ou: "Il est là", ne le croyez pas. Car il s'élèvera de faux Christs et de faux prophètes; ils feront des prodiges et des miracles pour séduire les élus, s'il était possible." Marc 13-5 et 13-21 "Gardez-vous des faux prophètes" Matt 7-15 "Car il s'élèvera de faux Christs et de faux prophètes; ils feront de grands prodiges et des miracles, au point de séduire, s'il était possible, même les élus" Matt 24-24. “Vous n’avez qu’un seul Maître : le Christ” Matt 23-10 « Nul ne vient au Père que par moi » Jean 14:6
Ceux qui ne sont pas baptisés (n’étant pas chrétiens) seront tous damnés, même les petits enfants morts avant d’avoir pu l’être (d'où les Mormons). Voilà qui, selon Augustin, est parfaitement juste.

- l'émancipation par le travail ? Luc Ferry voit dans la parabole des talents et la parabole des mines (Luc 19-11/27) une  promotion nouvelle de la valeur travail. Or, dans cette parabole il nous est dit que Jésus "prends ce [qu'il] n'a pas déposé" (effectivement aussi l'ânon en Marc 11-1/6) et "moissonne ce [qu'il] n'a pas semé". De plus, il demande surtout à ses disciples d'utiliser le prêt à intérêt. Hors être rentier, ce n'est pas travailler mais faire travailler les autres ! Là encore, rien de neuf avec l'aristocratie gréco-romaine.     
     Enfin, ailleurs,
Jésus s'oppose au travail et s'en remet à la providence: "Considérez les corbeaux: ils ne sèment ni ne moissonnent, ils n'ont ni cellier ni grenier; et Dieu les nourrit. Combien ne valez-vous pas plus que les oiseaux!"  Luc 12-24 "Il leur dit encore: Quand je vous ai envoyés sans bourse, sans sac, et sans souliers, avez-vous manqué de quelque chose? Ils répondirent: De rien." Luc 22-35. (aussi Matt 6-32). "Et au sujet des vêtements, pourquoi se faire tant de souci? Observez comment poussent les lis des champs: ils ne travaillent pas, ils ne filent pas. Or je vous dis que Salomon lui-même, dans toute sa gloire, n’était pas habillé comme l’un d’eux. Si Dieu habille ainsi l’herbe des champs, qui est là aujourd’hui, et qui demain sera jetée au feu, ne fera-t-il pas bien davantage pour vous, hommes de peu de foi?" Matt 6-28
   Pourtant Jésus dit  "Je suis ému de compassion pour cette foule; car voilà trois jours qu'ils sont près de moi, et ils n'ont rien à manger" Marc 8.2
     Jésus ne défend pas la valeur travail, il promeut les conversion  et abolit le travail par la foi dans la provience en dieu qui va suppléer au travail. (d'où le miracle de la mutiplication des pains).


        - le Progrès L'idée de progrès est très peu compatible avec le platonisme (le monde est une version dégradée de l'idée parfaite et juste) et le christianisme (même si on la trouve chez Saint-Augustin), en revanche la notion de progrès était déjà fortement présente chez les démocritéens (Lucrèce, V, 1448-1457).

   - la Paix. La paix romaine (Pax romana) atteint son apogée sous l'empereur Hadrien et les Antonins, avec qui le but de Rome devient explicitement la paix. L'empire est fortement démilitarisé. Les soldats ne
représentent alors que 0,5% de la population (comme la France actuelle et donc moins qu'Israel, la Russie ou les USA) et les soldats sont cantonnés aux frontières.
St Augustin et la Guerre


Idem pour d'autres valeurs des Lumières faussement attribuées au Christ. Jésus n'est aucunement l'inventeur de l'humanisme des Lumières comme beaucoup veulent nous faire croire aujourd'hui. D'une manière générale les germes de l'humanisme des Lumières se trouve bien plus dans le courant matérialiste athée initié par Démocrite et prolongé par les sophistes et l'épicurisme que dans le platonisme d'où est issu le christianisme.
 


En outre, la morale chrétienne se singularise par:

- un salut individuel via une résurrection personnelle, mais c'est là une vieille croyance d'origine égyptienne qui avait un peu près la même conception du jugement dernier et de la vie bienheureuse dans l'au-delà. Curieusement, les évangiles nous disent que le corps de Jésus et de Lazarre portaient des bandages funéraires... comme les momies ?

- un pacifisme rédempteur. Le pacifisme chrétien n'est pas sans rappeler les religions asiatiques de la non-violence, et de l'amour compassionnel et universel (jainisme, bouddhisme...). Les juifs esséniens ont peut-être subi ce type d'influence.

- une obsession particulière pour la sexualité et l'adultère. Jésus prône l'interdiction du divorce (Marc 10-9), ce qui fut l'une des premières mesures instaurée par le code de Constantin. L'ascétisme et le mépris des plaisirs sensuels n'est pas nouveau. Le christianisme est sur ce point une forme extrême de platonisme (voir le Phédon). Platon se disait aussi né d'une vierge d'après Diogène Laërce.

- l'égalitarisme victimaire qui inverse les valeurs. "les derniers seront les premiers". Les victimes, sont les héros et les forts, ceux qui réussissent et qui sont dans la joie doivent être culpabilisés. Les chrétiens reprochent au paeins de rigoler !

- la sincérité de la foi ? Jésus se plaint des "hypocrites" qui obéissent aux commandements de la religion sans éprouver sincèrement la foi. Il y a effectivement une opposition entre une pratique civique de la religion païenne ou de la loi juive et de l'autre côté la ferveur de la foi abrahamique. Toutefois, appeler la foi une sincérité me parait problématique car c'est un mensonge envers soi ! En effet, il est évident que le bon dieu tout-puissant n'existe pas. Nietzsche dénonçait ainsi avec raison la foi comme "la forme la plus répandue, la plus proprement souterraine de fausseté  qui soit au monde".

- Jésus prône la destruction de l'intelligence, de la sagesse grecque et de la philosophie païenne. “Heureux les pauvres en Esprit, car le Royaume des cieux est à eux !” Mat 5-3. “Je suis venu dans ce monde pour un jugement: pour que ceux qui ne voient pas voient, et que ceux qui voient deviennent aveugles.” Jean 9-39. "Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, de ce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents" Mat 11-25.  Idem chez:
    Paul de Tarse "Je détruirai la sagesse des sages, Et j’anéantirai l’intelligence des intelligents....  puisque le monde, avec sa sagesse, n’a point connu Dieu dans la sagesse de Dieu, il a plu à Dieu de sauver les croyants par la folie de la prédication" 1 Corinthiens 1-19 "si quelqu'un parmi vous pense être sage selon ce siècle, qu'il devienne fou, afin de devenir sage. Car la sagesse de ce monde est une folie devant Dieu" 3-18. "Dieu a choisi les choses viles du monde et celles qu’on méprise, celles qui ne sont point, pour réduire à néant celles qui sont" (Pour Paul "les langues cesseront, la connaissance disparaîtra" "avoir détruit toute domination, toute autorité et toute puissance". "l'amour de Christ, qui surpasse toute connaissance" Ephésiens "les richesses incompréhensibles de Christ" "la paix de Dieu, qui dépasse tout ce que l’on peut comprendre" Ph 4.6-8).
Note: Les actes des apôtres nous racontent Paul arrivant à Athènes et rejetté par les philosophes épicuriens et stoïciens qui se moquent de ses croyances (Actes 17-18/32).

    Origène "Par la sagesse de ce siècle nous entendons toute cette vaine philosophie qui doit être détruite, selon le témoignage de l'Ecriture (I. Corinthiens, II, 6)" (Contre Celse, I).
     Tertullien: "je crois parce que c'est absurde".
     Le Moine Evagrius: "béni soit celui qui est parvenu à l'ignorance infinie" ("Blessed is the one who has arrived at infinite ignorance.” )
   Martin Luther, "Qui veut philosopher sans danger en Aristote doit d'abord être rendu fou en Christ" (WA 1, 355, 2-3 ; Œuvres I, p. 167). "Personne ne philosophe bien, sauf s'il est fou, c'est-à-dire chrétien" (WA 1, 355, 4-5 ; Œuvres I, p. 168). Luther, opera omnia, Ienna 1556, tome I, p27-28.
    A propos des "Saints fous": Dieu à la folie : Histoire des Saints fous pour le Christ. John Saward.



nous arrivons à la réelle originalité de la doctrine de Jésus-Christ à savoir la haine de la Raison, de soi, et du monde c'est-à-dire l'inversion des valeurs



Analyse du coeur de la morale chrétienne




   - Une version extrême de la règle d'or. Jésus nous présente sa doctrine comme une exigence morale supérieure à l'ancienne loi et à ce que pratiquent les païens ("Mais moi, je vous dis que", sermon sur la montagne: Matt 5-20/44). Les juifs se veulent supérieure et Jésus appelle à dépasser la simple règle d'or, à savoir traiter les autres comme soi-même, qui s'inscrit dans une logique contractuelle naturelle que Jésus dénonce comme moralement insuffisante. Au contraire, "tu seras heureux de ce qu'ils ne peuvent pas te rendre la pareille" Luc 14-12/14. Mais, Jésus réclame plus que la générosité et la protection des démunis qui existait déjà dans la morale païenne mais Jésus veut que l'on renonce à tout ce que l'on possède et qu'on leur sacrifie tout (et en échange il nous promet la vie éternelle).

"Que personne ne cherche son propre intérêt, mais que chacun cherche celui d'autrui." 1 Corinthiens 10.24. "quiconque d'entre vous ne renonce pas à tout ce qu'il possède ne peut être mon disciple" Luc 14-33 "Prêtez sans rien espérer" Luc 6-35 "Si quelqu'un veut plaider contre toi, et prendre ta tunique, laisse-lui encore ton manteau... Donne à celui qui te demande, et ne te détourne pas de celui qui veut emprunter de toi." Matt 5-40/42.

    Jésus ne se contente pas non plus de la tolérance religieuse païenne, ni de la paix romaine, mais il nous demande de bénir ceux qui nous font du mal et d'aimer nos ennemis !
    De même
, le christianisme ne se contente pas de la simple condamnation de l'orgueil/hubris, il réclame une soumission totale de l'individu (l'humilité du croyant) c'est-à-dire l'abnégation de soi.

 L'abnégation de soi: "Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il renonce à lui-même" Luc 9-23  "ne pas placer notre confiance en nous-mêmes, mais la placer en Dieu" 2 Corinthiens 1-19 "ceux qui vivent ne vivent plus pour eux-mêmes" 1 Corinthiens 5-15. Pour Pascal: “Le moi est haïssable".

Jésus prétend donc dépasser la morale classique par des principes plus exigeants. Cela peut impressionner et a suscité la fascination. Mais tout cela pose de nombreux problèmes. Cette surenchère poussée jusqu'à l'extrême est-elle vraiment plus morale ?
     Le but fondamental de la morale est de permettre l'organisation de la vie sociale sur Terre d'une manière qui respecte équitablement les chances de chacun au bonheur. En détruisant le soi-en-ce monde et l'idéal de bonheur sur Terre, le christianisme détruit pas la même le but et l'objet même de la morale. Sans un soi moteur, il n'y a plus non plus de point d'appui pour juger, et sans jugement il n'y a plus de moralité. Comme la morale de Jésus nie l'objet et les moyens de la morale, cette doctrine n'est pas une morale plus profonde, mais c'est simplement un extrémisme qui aboutit à des contradictions et des absurdités.

-> En quoi mon intérêt réalisé par un autre pourrait-il être morale alors que ce même intérêt servit par soi-même serait immoral ? Il n'y a rien d'immoral à se servir soi-même, d'autant plus quand sa cause est juste.
        De plus, d'un point de vue pratique, chacun est mieux pl
acé pour comprendre ses désirs que ceux des autres qui sont souvent différents. Donc un autre n'est pas forcément à même de bien me servir. Le christianisme amène à des relations humaines dysfonctionnelles.

-> S'oublier soi-même est impossible dans la pratique, d'ailleurs comme nous allons le voir plus bas les chrétiens qui se rêvent au paradis se sont en fait très peu oubliés eux-mêmes. Ils demandent en fait seulement de s'oublier dans ce monde qu'ils méprisent (en échange de la promesse du paradis) mais donc ils ne se sont pas oubliés !

La critique d'Ayn Rand.
Wallace: Christ, every important moral leader in man's history, has taught us that we should love one another. Why then is this kind of love in your mind immoral?

Rand: It is immoral if it is a love placed above oneself. It is more than immoral, it's impossible. Because when you are asked to love everybody indiscriminately. That is to love people without any standard. To love them regardless of whether they have any value or virtue, you are asked to love nobody.
Ayn Rand (1959). "The Mike Wallace Interview of Ayn Rand"

-> Aimer son ennemi est une contradiction dans les termes. Ce serait comme vouloir détester son amour. Absurde ! Cela n'a juste pas de sens. On peut certes faire l'effort de tolérer, de se réconcilier voir même après de pardonner à son ancien ennemi, mais si on l'aime c'est juste que ce n'est plus son ennemi !
       D
ans la pratique, le pacifisme extrême de Jésus est inapplicable ou suicidaire quand il est appliqué. Tendre la joue gauche et aimer ses ennemis pendant qu'ils vous persécutent, n'opposer aucune résistance face à l'injustice en attendant l'action de la providence (Romains 12-19), peut au mieux faire naitre un sentiment de culpabilité chez un oppresseur doté d'une forte conscience morale (Gandhi), mais pratiquer ce pacifisme naïf est inefficace contre des barbares convaincus par une idéologie de destruction (Hitler).

Beaucoup reconnaissent que l'amour chrétien n'est pas toujours praticable dans la réalité, mais conservent une fascination pour cette utopie qui leur parait un idéal magnifique même s'il est inatteignable. De la même façon, le communisme continue de fasciner une partie de ceux qui y ont renoncé.
    Au contraire selon loi l'antihumanisme structurel de ces doctrines
(que l'on
interprète faussement comme un humanisme) les rends fondamentalement méprisables (à propos de "l'antihumanisme théorique" du marxisme voir l'analyse d'Althusser). Je vais montrer ici que loin d'être une simple utopie irréalisable, la morale chrétienne est une dangereuse perversion dont les fondements conduisent en fait à l'immoralité. Pour comprendre cela, il nous faut pénétrer plus profondément la structuration psychologique des sentiments moraux chrétiens.


  La psychologie morale chrétienne


    Culpabilisation judéo-chrétienne.
Toute cette surenchère dans l'application de la règle d'or vient d'un désir religieux d'élever la moralité qui provient lui-même d'un sentiment de culpabilité décuplé par les malheurs des juifs qui ont été interprétés par leurs théologiens comme une perte de faveur divine. Ils recherchent donc à calmer le courroux de leur dieu vengeur par une plus haute exigence morale et un raffermissement de la foi pour enfin obtenir le pardon et échapper à l'enfer. Jésus a en effet une conception théologique du monde. Il voit dans les maladies, les infirmités des condamations pour des péchés (Marc 2-5/12).

Pour Paul de Tarse, "Israël, qui cherchait une loi de justice, n'est pas parvenu à cette loi. Pourquoi ? Parce qu'Israël l'a cherchée non par la foi, mais par les œuvres." Romains 9-31

La culpabilité est ainsi au cœur de la psychologie chrétienne primitive. La préoccupation principale du chrétien de l'antiquité est d'expier ses fautes pour gagner son paradis. Etablir la justice sur Terre ne fait pas parti de ses objectifs, d'autant qu'il croit que la fin du monde est proche, ce qui explique les propos surprenants de Jésus sur l'esclavage, la guerre, les pauvres, l'hygiène... relevés plus haut sur cette page. Pour le bonheur, Jésus s'en remet totalement à la vie future:

Jésus et la haine du monde: "Je ne prie pas pour le monde" Jean 17-9 "Je ne suis pas du monde" Jean 17-14 "Mon royaume n'est pas de ce monde" Jean 18-36. Paul conclut donc "Si c'est dans cette vie seulement que nous espérons en Christ, nous sommes les plus malheureux de tous les hommes" 1 Corinthiens 15-19. "Jésus-Christ, qui s'est donné lui-même pour nos péchés, afin de nous arracher du présent siècle mauvais" Galates 1-4
    Le but de la foi est d'être délivré de l'emprise du "prince du monde" (expression désignant le diable), afin d'éviter d'être "condamnés avec le monde" 1 Corinthiens 11.32

Ainsi si l'esprit de certains préceptes évangéliques rejoignent la morale gréco-romaine ou tout simplement la morale universelle et s'accordent aujourd'hui avec les objectifs de l'humanisme des Lumières, la morale de Jésus ne permet pas d'instaurer le progrès et la justice sur Terre. Jésus abandonne totalement ce combat. Déconnecté du monde réel, Jésus réclame une soumission totale à ses disciples et interdit aux hommes de juger, de combattre, de résister. La seule action dans ce monde est de prêcher "la foi" pour être sauvé dans l'autre monde.

"Ne jugez point, afin que vous ne soyez point jugés" Matt 7-1 Luc 6-37 "ne condamnez point" Luc 6-37. "Ne vous vengez pas vous-mêmes, bien-aimés, mais laissez agir la colère de Dieu" Romains 12-19

     Le pacifisme naïf des premiers chrétiens provient en fait d'un abandon du jugement moral de l'homme à Dieu (Matt 7-1) et donc un abandon du monde au diable. Pour Jésus ce n'est pas à toi humain de juger mais Dieu seul à ce droit (l'épisode de la femme adultère que personne ne peut juger entre également dans cette logique). Tu n'as pas à te défendre, car ce serait  faire le mal et donc perdre ton paradis. Tu dois subir et te concentrer sur ton seul bien moral personnel pour gagner ton paradis, au mépris des conséquences terrestres.

  La morale oublie les conséquences terrestres et devient seulement limitée à l'intention. On trouve une doctrine similaire chez Kant qui réduit également la morale à l'intention, ce qui mène à des aberrations dans des cas concrets montrés par Benjamin Constant (à propos du droit de mentir).




La Condamnation de cette Morale


L'égoïsme chrétien ! Nous voyons que la morale chrétienne (ou kantienne) est finalement un égoïsme pour obtenir son petit salut personnel (dans la fable de l'au-delà) au mépris de ses devoirs envers le monde réel. C'est le salut de son âme et la menace superstitieuse de l'enfer qui obsède le chrétien quitte à oublier l'ordre du monde et la vie sur Terre. Comme mourir pour Christ offre la certitude du paradis (Luc 9-23 et Marc 8-35), ceci explique la course fanatique des martyrs chez les premiers chrétiens (voir ci-dessus). Ainsi au courage héroïque des gréco-romains pour maintenir l'harmonie du cosmos se substitue la détestation chrétienne du monde, qui est une des facettes de l'inversion des valeurs.

Une morale apocalyptique ! On ne peut pas dissocier la morale de Jésus de sa croyance millénariste en l'apocalypse prochaine.

"Je vous le dis en vérité, quelques-uns de ceux qui sont ici ne mourront point qu'ils n'aient vu le royaume de Dieu" Luc 9-27. [Pendant l'apocalypse] "On verra le Fils de l'homme venant sur une nuée avec puissance et une grande gloire... Je vous le dis en vérité, cette génération ne passera point, que tout cela n'arrive." Luc 27-27/32 et Matt 24-34 Remarquons que les prophéties et miracles de Jésus ne se sont pas réalisés. C'était donc bien factuellement un imposteur. 

Sa morale est incompatible avec notre survie, ni celle de la société, et Jésus en est en fait parfaitement conscient ! Il sait que les disciples qui se convertissent à sa doctrine vont hâter leur mort. Aussi, je ne suis pas du tout convaincu par Jésus et sa morale. La surenchère suicidaire de Jésus n'est donc en rien plus morale que l'ancienne morale païenne. En fait, elle l'est bien plutôt moins !
    Se sacrifier volontairement en héro existait largement dans la morale païenne mais comme geste héroïque
venant de soi (très loin donc de l'égoïsme vulgaire) ; pas comme volonté de se détruire soi et le monde qui sous cette forme chrétienne ne rend le sacrifice aucunement morale, car inutile. Marc-Aurèle  dit à propos de la mort "le fait d'être prêt doit parvenir d'un jugement propre et non, comme chez les chrétiens, d'une pure obstination"

Stoïciens contre Chrétiens: une morale de l'action conséquente contre une simple morale de l'intention. Une fois que l'on a compris l'état d'esprit des chrétiens de l'antiquité, on comprend mieux pourquoi les stoïciens, qui bien que présentant des points de compatibilité importants avec la morale chrétienne, ont cependant été révulsés par le christianisme et l'ont combattu, dénoncé et même condamné (Marc-Aurèle, Rusticus contre Justin). Les stoïciens étaient préoccupés par l'harmonie du monde et de la cité et ne pouvaient, avec raison, accepter la morale chrétienne, qui a conduit à la chute de Rome.

"Ce n'est pas dans ce qu'il éprouve mais dans ce qu'il accomplit que se trouvent le bien et le mal d'un être raisonnable et social, tout comme la vertu et le vice ne sont pas pour lui dans ce qu'il subit mais dans ce qu'il accomplit." Marc-Aurèle

Marc-Aurèle se voue à une vie difficile et consent à de multiples sacrifices personnels pour maintenir l'harmonie durement conquise du monde civilisé, sans escompter aucune récompense post-mortem pour ses services: "Rappelle-toi aussi par où tu as passé et ce qu'il t'a été possible d'endurer ; que l'histoire de ta vie est désormais finie, et ta mission remplie ; combien de beaux exemples tu as montrés ; combien de plaisirs et de douleurs tu as supportés ; combien d'honneurs tu as négligés ; envers combien d'ingrats tu as été bienveillant". Voilà pourquoi, la moralité héroïque d'un sage antique surclasse selon moi sans mesure celles de tous les martyrs et saint chrétiens uniquement préoccupés par leur petit salut personnel au paradis.

Marc-Aurèle contre les chrétiens. Eusèbe de Césarée, écrivant près d'une centaine d'années après son règne, décrit Marc Aurèle comme persécuteur des chrétiens (martyr de Lyon, et en lui imputant le martyre de Polycarpe de Smyrne en 155 ou 167). Augustin d'Hippone cite Marc Aurèle dans son ouvrage La Cité de Dieu comme le quatrième des dix plus grands persécuteurs de chrétiens parmi les empereurs romains. Les apologiste chrétien du IIe siècles, se plaignent des persécutions aux Empereurs mais Marc-aurèle renforce les condammnations.

"Ainsi débute une apologie, écrite dans un fort bon style antique par un certain Athénagore, philosophe athénien, qui semble s’être converti au christianisme par ses propres efforts[10]. Il s’indigne de la situation exceptionnelle que l’on fait aux chrétiens, sous un règne plein de douceur et de félicité, qui donne à tout le monde la paix et la liberté[11]. Toutes les villes jouissent d’une parfaite isonomie. Il est permis à tous les peuples de vivre suivant leurs lois et leur religion. Les chrétiens, bien que très loyaux envers l’empire, sont les seuls hommes que l’on persécute pour leur croyance[12]."
Ernest Renan, Marc-Aurèle et la Fin du monde antique, XXII

Pourquoi les sages stoïciens ont-ils sélectivement persécutés les chrétiens, si ce n'est parce que les premiers chrétiens était une secte de fanatiques qui troublaient l'ordre et la morale public ?



L'immoralité de la doctrine de la grâce et du pardon chrétien. La déconnexion du chrétien avec le monde réel est encore accentuée par la théorie du pardon accordée pour la foi seule indépendamment des œuvres réalisées.

"l’homme est déclaré juste par la foi, indépendamment des œuvres de la loi" Romains 3.28 "[Dieu a] dit à Moïse: Je ferai grâce à qui je veux faire grâce, et j'aurai compassion de qui je veux avoir compassion. Ainsi donc, cela ne dépend ni de la volonté ni des efforts de l’homme, mais de Dieu qui fait grâce." 9-15/16 "Or, si c'est par grâce, ce n'est plus par les œuvres" 11-6

Jésus accorde son pardon (la grâce du Père) à tous ceux qui croient en lui (ceux qui ont la foi en Dieu: Luc7-44) indépendamment de leur vertu (ou des oeuvres) ! Pour un gréco-romain, le pardon chrétien est donc complètement immoral !

"- Ne craignez-vous point que l'incrédulité (dont je vois les immenses progrès) ne soit funeste au peuple en descendant jusqu'à lui, et ne le conduise au crime? [..]
    - [Un]  méchant, qui a de grandes passions dans une âme faible, est souvent invité à l'iniquité par la sûreté du pardon que les prêtres lui offrent. De quelque multitude énorme de crimes que vous soyez souillé, confessez-vous à moi, et tout vous sera pardonné par les mérites d'un homme qui fut pendu en Judée il y a plusieurs siècles. Plongez-vous, après cela, dans de nouveaux crimes sept fois soixante et sept fois, et tout vous sera pardonné encore. N'est-ce pas là véritablement induire en tentation ?"

Voltaire, Le dîner du comte de Boulainvilliers

    En effet selon Jésus, "si ton frère [...] a péché contre toi sept fois dans un jour et que sept fois il revienne à toi, disant: Je me repens, tu lui pardonneras" Luc 17-3/4 "Alors Pierre s'approcha de lui, et dit: Seigneur, combien de fois pardonnerai-je à mon frère, lorsqu'il péchera contre moi? Sera-ce jusqu'à sept fois?  Jésus lui dit: Je ne te dis pas jusqu'à sept fois, mais jusqu'à septante fois sept fois" Matt 18.21

    La doctrine du pardon n'a pas pour effet de faire baisser la criminalité, mais d'instaurer (volontairement ou pas) la tyrannie des prêtres, via le pouvoir extraordinaire que leur transfère Jésus (à Pierre), et qui a donné à l'église le droit de décider ou non d'accorder l'absolution ; pouvoir que les papes ont su utiliser pour exercer des pressions politiques et s'enrichir (excommunication, l'interdit, commerce des indulgences...).
    Jésus-Christ est un gangster de l'âme. Il effrait avec des menaces superstitieuses pour soutirer de l'argent à des crédules de sa secte. Au moyen-âge les sacrements était refusés sans accroder à l'église une part de l'héritage. Le business de l'église remonte à Jésus-Christ. "On sait de temps immémorial combien cette fable de Jésus-Christ a été profitable à nous et à nos proches." Pape Leon X au cardinal Pietro Bembo, rapportée par Jean-François Pic de la Mirandole.

La morale théologique de Jésus n'est pas une morale humaniste. Deux conceptions de la morale s'opposent. La tradition humaniste basée sur le développement de l'amour de soi (Démocrite, Marc-Aurèle, Spinoza) ou la conception opposée basée sur l'abnégation de soi (Jésus, Kant). La morale théologique (de l'oubli de soi) s'oppose à la morale humaniste (du souci de soi).

   Contre la logique épicuro-spinoziste de la coopération de la morale et du plaisir, la morale de Jésus reste dans l'opposition raison-passion propre aux théologiens. Jésus est dans la logique de la morale vécue comme une contrainte envers soi. Etre morale c'est cesser d'obéir à ses désirs. Kant fait même du plaisir une objection à la moralité. Selon lui n'est moral qu'obéir à un commandement qui s'impose à moi et m'humilie. Pour être morale, il faut renoncer à soi, à ses désirs, ses succès et ses possessions terrestres et se soumettre à la loi et s'abandonner dans la foi (la morale de Jésus).

Concevoir la morale comme une soumission à une autorité extérieure amène à demander plus d'effort et de constriction du soi. La morale est vécue comme ce qui fait obstacle au soi et on croit que plus on réprime le soi plus on est morale. En poussant cette logique à l'extrême, l'être le plus morale est celui qui s'abandonne complètement lui même. On arrive à la morale de Jésus qui nous demande de tout abandonner.

     L'humilité contre l'amour de soi. La morale extrême de Jésus apparait plus morale à beaucoup car elle demande encore plus de sacrifice de soi. Cela renvoi au réflexe intuitif d'exiger des autres qu'ils se limitent lorsqu'ils dépassent les bornes. Mais le sacrifice de soi n'est pas un bon critère de moralité ! Les terroristes kamikazes ne sont pas moraux. Ce sont juste des fanatiques. Un bien meilleur critère de moralité est la capacité du soi à aimer des idéaux moraux et à effectivement avoir le courage et la volonté conséquente d'être soi-même une force qui les réalise dans ce monde. Par exemple, l'humanitaire ou l'écologiste défend des idéaux moraux et sociaux par simple élévation de son niveau de conscience et ainsi de ses désirs, et pas d'abord dans un logique sacrificielle du soi. Il est heureux de participer à un bel idéal. Mais enfermé dans leur logique de soumission du soi, les théologiens dénoncent cette élévation du soi comme un simple produit de l'orgeuil qui se contemple lui même (Malebranche contre Sénèque). Effectivement le coeur de notre désaccord est là ! L'amour de soi est la source du bien pour les païens alors qu'il est toujours mauvais pour les chrétiens. Tout plaisir même fortement intériorisé comme un idéal de la conscience n'est pas morale pour Kant. Au contraire pour Marc-Aurèle c'est Kant qui est immoral: "si tu fais le bien simplement par devoir, tu ne fais pas encore ce bien comme à toi-même".

   Ainsi, le terme "amour" est ambigu chez Jésus, et sert aujourd'hui à tordre la doctrine en un sens humaniste trompeur. En vérité, l'amour promu par Jésus c'est l'amour compassionnel, autrement la contagion de la souffrance et non sa résolution ! Pour Jésus, l'amour signifie l'humble soumission (à l'autorité de Dieu) et non le développement de la puissance du soi (et de sa vertu). Ce n'est pas un développement du soi mais un renoncement à soi. Ainsi, il n'y a pas de véritable amour du bien émanant de soi chez Jésus (c'est une soumission du soi), et pas de réalisation effective du bien en ce monde (c'est un suicide collectif).

Devant l'échec de sa morale, incapable de créer la concorde, Jésus en est réduit à s'énerver, à invectiver et à menacer...

Echec de la morale chrétienne. Devait-on comprendre que la naïveté de Jésus venait d'une confiance infinie en la bonté cachée de l'homme qui serait révélée grâce à l'amour chrétien et qui pouvait guérir le monde des excès de l'égoïsme et de la violence ? Encore une fois, ce genre de réinterprétion humaniste tardive du message de Jésus amène à des incohérences frontales avec ses propres paroles, ceux des premiers chrétiens et de cette théologie ainsi qu'illustré au début de cette "page noire".
    Pour le christianisme, le fond de
l'homme n'est pas bon mais corrompu par le mal dès la naissance: c'est la thèse du péché originel (ou du mal radical chez Kant). De plus, le perfectionnement de soi et du monde est incompatible avec sa doctrine de l'oubli de soi et le mépris du monde. La foi en Jésus n'est pas le développement d'une conscience morale supérieure (comme dans le stoïcisme) mais une soumission et une abnégation de soi qui au final rend l'homme stupide et abrège sa vie. Le christianisme n'a pas dépassé la sagesse païenne. Il lui est très inférieur. 


    Le contre exemple de l'humanisme stoïcien: Marc-aurèle l'antidote contre Jésus.
Au contraire de Jésus, pour le stoïcien Marc-Aurèle, la sagesse ne se fonde pas sur un antihumanisme :

« il m'est bien permis de délibérer sur moi-même et il est de mon droit de rechercher quel est mon intérêt » et il rappelle que « chaque homme, [...] s'aimant de préférence à tous... » Pensées pour moi-même

la morale se fonde sur un perfectionnement du soi à travers le culte de la Raison:

"Creuse au dedans de toi. Au dedans de toi est la source du bien, et une source qui peut toujours jaillir, si tu creuses toujours" "que le Dieu qui est en toi protège un être mâle, vénérable, un citoyen, un Romain, un chef qui s'assigne à lui-même son poste" "Honore ce qu'il y a de plus puissant dans le monde : c'est ce qui tire parti de tout et qui gouverne tout. De même, honore aussi ce qu'il y a en toi de plus puissant, et ceci est de même nature que cela, car c'est ce qui en toi met à profit tout le reste et dirige ta vie" "renonces à tout le reste pour ne plus honorer que ton principe directeur et ce qu'en toi il y a de divin"
    "Tu négliges inopportunément le don que t'as fait la nature, en tenant compte de toute autre chose que de la raison" "ne se guider sur rien autre, même pour peu de temps, que sur la raison" "En moins de dix jours tu paraîtras un dieu à ceux qui maintenant te regardent comme un fauve ou un singe, pourvu que tu reviennes aux principes et au culte de la raison" "l'intelligence de chacun est Dieu et découle de Dieu" Pensées pour moi-même

 
      Le sens de la vie sans la foi: Marc-Aurèle éprouve la détresse du croyant devant l’absurdité de l’existence si Dieu n'existe pas mais il parvient à dépasser cette détresse et s'élever à la majorité intellectuelle:
    « qu'ai-je affaire de vivre dans un monde sans Dieux et vide de Providence » « Ou bien chaos, enchevêtrement, dispersion ; ou bien union, ordre, Providence. Dans le premier cas, pourquoi désirerais-je prolonger mon séjour dans ce pêle-mêle fortuit et dans un tel gâchis ? » 
    « si les Dieux ne délibèrent sur rien - et le croire est une impiété ; ne faisons plus alors de sacrifices, cessons de prier, de jurer par serment et de faire tout ce que nous faisons en pensant que chaque acte que nous accomplissons se rapporte à des Dieux présents et vivant près de nous - si, dis-je, ils ne délibèrent sur rien de ce qui nous concerne, il m'est bien permis de délibérer sur moi-même et il est de mon droit de rechercher quel est mon intérêt. Or, l'intérêt est, pour chacun, ce qui est conforme à sa constitution et à sa nature. Or, ma nature à moi est raisonnable et sociale. »
« si tout marche au hasard, ne te laisse pas toi-même aller au hasard. » « Si c'est un chaos sans direction, contente-toi, au milieu d'une telle agitation, de posséder en toi-même une intelligence à même de te diriger. »  « Ce qui incite le plus à mépriser la mort, c'est que ceux mêmes qui jugent que le plaisir est un bien et la douleur un mal, l'ont pourtant méprisée »





    En conclusion, la morale de Jésus n'est pas faite pour rendre ni ce monde, ni l'homme meilleur. La morale de Jésus-Christ n'a jamais été un vrai amour du bien (la vertu païenne), mais essentiellement une production de la peur superstitieuse de perdre la vie éternelle lors du jugement dernier.
     Contrairement à ce que l'on entend régulièrement, il n'y a aucun apport positif du christianisme. Tout ce que le christianisme contient d'original est néfaste et a détruit le génie antique qui lui était bien supérieur. Je rejoins donc Celse, Porphyre, Bruno, Voltaire,
Nietzsche... dans la condamnation du christianisme.






Remarques pour notre époque




    Maintenant que presque plus personne ne croit à l'imminence de l'apocalypse, il faut prendre conscience que conserver la morale suicidaire de Jésus, même sous une forme très atténuée, sécularisée et réformée par l'humanisme moderne, peut malicieusement encourager des comportements ou des politiques qui au final contribuent à mettre en danger la civilisation occidentale. En tant que philosophe, je milite donc pour la fermeture complète et définitive de la parenthèse chrétienne.

Dangers de la déchristianisation sans une morale alternative. Ceux qui ont été élevés dans la culture chrétienne et qui se révoltent contre cette imposture et ses interdits absurdes ont cependant souvent tendance à ne pas savoir concevoir de morale hors de ce cadre. Ils s'émancipent alors ensuite de presque toute moralité, voir par réaction rejoignent ouvertement "Satan", ce qui n'est alors pas un progrès. Défendre son intérêt naturel est immédiatement compris par eux comme arnaquer les autres ! Incapable de s'élever par l'idéal vertueux, dès qu'on retire les chaines de la soumission on retrouve des bêtes sauvages. Mais non ! il n'est pas heureux pour l'image de soi-même d'être un escrot et la vertu se cultive par la culture de l'exigence envers soi comme le pratiquait les anciens.
   
L'oubli suicidaire de soi pour l'autre favorise tous les abus et donc la révolte ultérieure contre cette morale absurde, mais entre le pacifisme suicidaire de Jésus et de l'autre côté l'égoïsme dominateur, brutal voir esclavagiste des instincts débridés, il y a un juste équilibre à trouver en renouvelant la morale païenne. Voilà pourquoi, je propose de rejeter la morale chrétienne, non au nom du relativisme autodestructeur contemporain, mais au nom de la Raison universelle d'où redécoule une morale naturelle classique.

    Malfaisance encore aujourd'hui de la psychologie morale chrétienne/kantienne. Beaucoup restent, consciemment ou pas, attachés à une forme de christianisme et se contentent de cette morale de la pure intention (qui sauve l'âme au jugement dernier) et oublient complètement les conséquences de leurs actions sur le monde. Sous l'effet de la sécularisation de la morale chrétienne (via Kant), nos politiques ressemblent bien plus à des prêtres laïcs (des moralisateurs qui prêchent) qu'à des héros qui agissent. Leurs régulières confessions sont assez édifiantes. Ils chérissent leurs principes, mais en déplorent les effets...

    Combien d'intellectuels, de politiques et autres bien-pensants se gargarisent en permanence de leur belle idéologie, de leur superbes valeurs morales et prêchent contre les autres, tels des prêtres, tout en ignorant (ou déplorant) le chaos et les conséquences que leurs petits principes déconnectés du réel provoquent ! Combien de malheurs terrestres sont dus à la simple parure, à la bonne moralité aveugle de politiciens qui s'autocongratulent en ne sentant pas coupables des conséquences néfastes de leurs préceptes éthérés, déconnectés des réalités. Contrairement aux commandements bibliques intemporels issus d'une morale de l'intention, une morale de l'action nécessite un permanent usage de la Raison pour penser et réajuster les valeurs et les politiques au réel (voir le paragraphe "'Histoire et Politique Rationnelle" dans l'Amour de la Raison Universelle).

    On dit que "le monde moderne est plein d'anciennes vertus chrétiennes devenues folles", renouvelant le vieux dicton selon lequel "l'enfer est pavé de bonnes intentions". Pour ma part, je conclurai bien plus sévèrement envers le christianisme qui est selon moi une secte de fou qui a perverti la vraie morale depuis ses origines et qui continue encore aujourd'hui d'exercer une influence néfaste à travers ses valeurs sécularisées. A mon goût, notre monde occidental est encore beaucoup trop chrétien. Entre la droite qui défend l'église et la chrétienté (sans respecter l'esprit de l'évangile) et la gauche qui bien qu'anticléricale et plus souvent athée prend systématiquement le parti pris de ce qui est faible, tous pratiquent donc l'inversion des valeurs.

    En conclusion, pour avoir de meilleurs politiques, il faut d'abord s'affranchir de la psychologie morale chrétienne/kantienne et enfin redevenir complètement païen.


     L'épisode Hitler/Chamberlain est un autre exemple classique d'une catastrophe engendrée par la restriction de la morale à la seule intention et l'application d'un pacifisme naïf. Chamberlain, homme de bien était pour la paix, valeur juste en théorie, donc il se dit qu'en défendant la paix il a fait le bien... mais il laisse gagner Hitler. Churchill plus réaliste et plus pragmatique, voyait ce que les bonnes consciences aveuglées par leurs bons sentiments et l'optimiste bienveillant (qui n'est qu'une forme sécularisé du providentialisme. ex: Leibniz) refusait de reconnaitre et d'anticiper. Pour faire le bien sur Terre, il faut dépasser la simple morale de l'intention. Il faut se projeter, raisonner et faire fonctionner sa Raison et parfois il faut aussi se salir un peu les mains.




Compléments critiques contre le christianisme

Celse: Le premier philosophe païen contre les chrétiens


La Chute de l'Empire Romain causée par le christianisme ?
 

        ► De la Destruction du Paganisme Antique au Panthéisme du XIIe siècle


        ► Nietzsche dénonce l'inversion des valeurs


       Sortir à la fois du christianisme de droite et du christianisme de gauche



        ► Page principale du site du philosophe Willeime