La page noire de Jésus-Christ

Une lecture déconseillée aux croyants

  

A l’aide d’extraits de paroles ou d’actes de Jésus-Christ, je fais d'abord voir ici qu’il existe un décalage considérable entre l'image populaire de Jésus-Christ, messager de l’amour et de la paix universelle, et ce qui est dit à de nombreux endroits dans les évangiles. Ensuite, je propose une explication à ces anomalies dans le cadre d'une réfutation complète de la doctrine chrétienne et de l'apport du christianisme à la morale dans une confrontation avec la morale stoïcienne représentée par Marc-Aurèle.

 

Jésus, messager de l’amour et de la paix universelle ?

    Jésus et la paix ? “Je suis venu apporter le feu sur la terre et que désirais-je sinon qu’il soit déjà allumé ?” Luc12-49 “Pensez-vous que je sois venu apporter la paix sur la terre? Non, vous dis-je, mais la division.” Luc12-51 “Ne pensez pas que je suis venu apportez la paix sur la Terre, je suis venu apporter non la paix, mais l’épée” Mat10-34 que celui qui n'a point d'épée vende son vêtement et achète une épée. Car, je vous le dis, il faut que cette parole qui est écrite s'accomplisse en moi Luc 22-36 Vous entendrez parler de guerres et de bruits de guerres: gardez-vous d'être troublés, car il faut que ces choses arrivent. Mais ce ne sera pas encore la fin. Une nation s'élèvera contre une nation, et un royaume contre un royaume” Mat 24-6 ce ne sera que le commencement des douleurs. Alors on vous livrera aux tourments, et l'on vous fera mourir; et vous serez haïs de toutes les nations, à cause de mon nom. Alors aussi plusieurs succomberont, et ils se trahiront, se haïront les uns les autres. Mat 24-9

Le message « universel » de Jésus ? « C'est à vous qu'a été donné le mystère du royaume de Dieu; mais pour ceux qui sont dehors tout se passe en paraboles, afin qu'en voyant ils voient et n'aperçoivent point, et qu'en entendant ils entendent et ne comprennent point, de peur qu'ils ne se convertissent, et que les péchés ne leur soient pardonnés. » Marc 4-11 et Mat 13-11

Jésus pour l’esclavage ? « Le serviteur qui, ayant connu la volonté de son maître, n'a rien préparé et n'a pas agi selon sa volonté, sera battu d'un grand nombre de coups » Luc 12-47


    Le pardon selon Jésus:
“le blasphème contre l'Esprit saint ne sera point pardonné » Mat 12-32 et Luc 12-10  “Malheur à l'homme par qui le Fils de l'homme est livré! Mieux vaudrait pour cet homme qu'il ne fût pas né." Marc 14-21

Jésus et l'amour des pauvres ? « Comme Jésus était à Béthanie, dans la maison de Simon le lépreux, une femme s'approcha de lui, tenant un vase d'albâtre, qui renfermait un parfum de grand prix; et, pendant qu'il était à table, elle répandit le parfum sur sa tête. Les disciples, voyant cela, s'indignèrent, et dirent: A quoi bon cette perte?  On aurait pu vendre ce parfum très cher, et en donner le prix aux pauvres. Jésus, s'en étant aperçu, leur dit: Pourquoi faites-vous de la peine à cette femme? Elle a fait une bonne action à mon égard; car vous avez toujours des pauvres avec vous, mais vous ne m'avez pas toujours. En répandant ce parfum sur mon corps, elle l'a fait pour ma sépulture. Je vous le dis en vérité, partout où cette bonne nouvelle sera prêchée, dans le monde entier, on racontera aussi en mémoire de cette femme ce qu'elle a fait » Mat 26-6.


explication: le double standard de la morale de Jésus

    On dit parfois que l'église viole les préceptes de Jésus, mais on voit plus rarement que Jésus viole lui-même ses propres préceptes. En effet Jéus dit "ne jugez point", mais il juge les pharisiens et même ses disciples. « si je juge, mon jugement est vrai, car je ne suis pas seul; mais le Père qui m'a envoyé est avec moi. » Jean 8-16. Jésus dit “Celui qui dit à son frère imbécile passera devant le tribunal ; et celui qui traite son frère d'insensé mérite d'être puni par le feu de l'enfer.” Mat 5-22 mais Jésus insulte tout le monde (voir plus bas). 
Note:
Augustin, citée, I, XXI explique que "Dieu lui-même a fait quelques exceptions à la défense de tuer l’homme, tantôt par un commandement général, tantôt par un ordre temporaire et personnel. En pareil cas, celui qui tue ne fait que prêter son ministère à un ordre supérieur ; il est comme un glaive entre les mains de celui qui frappe, et par conséquent il ne faut pas croire que ceux-là aient violé le précepte: « Tu ne tueras point », qui ont entrepris des guerres par l’inspiration de Dieu".
    En fait, Jésus (et Augustin) utilise la religion pour prendre le pouvoir. La morale n'est pas la même pour le fidèle que pour le représentant de Dieu sur Terre. Le croyant est invité au pacifisme suicidaire, à docilement tout pardonner, à donner tous ses biens aux apotres, ne pas résister, à ne pas insulter. En revanche, le théologien qui lui parle au nom de Dieu peut juger, condamner, insulter, maudire, menacer, déclancher des guerres, s'approprier le bien d'autrui, tout cela bien sur au nom de dieu.

Jésus absout les péchés des soumis qui lui accordent de petits honneurs. “Se tournant vers la femme (une pécheresse nous dit le texte), il (Jésus) dit à Simon: Vois-tu cette femme? Je suis entré dans ta maison, et tu ne m'as point donné d'eau pour laver mes pieds; mais elle, elle les a mouillés de ses larmes, et les a essuyés avec ses cheveux. Tu ne m'as point donné de baiser; mais elle, depuis que je suis entré, elle n'a point cessé de me baiser les pieds. Tu n'as point versé d'huile sur ma tête; mais elle, elle a versé du parfum sur mes pieds. C'est pourquoi, je te le dis, ses nombreux péchés ont été pardonnés: car elle a beaucoup aimé. Mais celui à qui on pardonne peu aime peu. Et il dit à la femme: Tes péchés sont pardonnés. Ceux qui étaient à table avec lui se mirent à dire en eux-mêmes: Qui est celui-ci, qui pardonne même les péchés? Mais Jésus dit à la femme: Ta foi t'a sauvée, va en paix.” Luc7-44
Note: De quoi Luther se plaignait-il ? La logique des indulgences est déjà chez Jésus. Paul enseigne que c'est la foi qui sauve et non les oeuvres ni le respect de la loi (Romains 3-28 ; 9-15/16 ; 10-30/32 ; 11-6). Remarquons que ce passage choquant (comme d'autres), a été réécrit d'une manière à le rendre moins choquant dans l'évangile de Jean écrit plus tardivement.


fanatisme, intolérance et menaces superstitieuses de Jésus

Jésus s'accapare le pouvoir religieux en prétendant que le salut ne passe que par lui.  « Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné. » Marc 16-16 "si vous ne croyez pas ce que je suis, vous mourrez dans vos péchés" Jean 8-24 "celui qui me reniera devant les hommes sera renié devant les anges de Dieu" Luc 12-9 « Quiconque me confessera devant les hommes, je le confesserai aussi devant mon Père qui est dans les cieux; mais quiconque me reniera devant les hommes, je le renierai aussi devant mon Père qui est dans les cieux. » Mat10-32 “Vous n’avez qu’un seul Maître : le Christ” Matt 23-10 « Nul ne vient au Père que par moi » Jean 14:6


    Les menaces superstitieuses de Jésus envers ceux qui ne croient pas en lui: « Quand à tous ceux qui ne vous recevront pas, sortez de leur ville et secouez la poussière de vos pieds en témoignage contre eux. Je vous le dis en vérité: au jour du jugement, le pays de Sodome et de Gomorrhe sera traité moins rigoureusement que cette ville-là » Matthieu 10-14 Luc9-5 10-12  [l'amour du prochain:] “Celui qui traite son frère d'insensé mérite d'être puni par le feu de l'enfer.” Mat 5-22 "Ils les jetteront dans la fournaise ardente, où il y aura des pleurs et des grincements de dents" Luc 13-28 et Matt 13-42

    Tous ceux qui n'ont pas été baptisés et ne croient pas en lui (y-compris les générations passées) ne seront pas sauvés donc pas la peine de se préoccuper de leur sépulture "Un autre, d'entre les disciples, lui dit: Seigneur, permets-moi d'aller d'abord ensevelir mon père. Mais Jésus lui répondit: Suis-moi, et laisse les morts ensevelir leurs morts." Mat 8-22 et Luc 9-60.
Note: Pour Saint Augustin, les enfants non-baptisés n'ont pas été pardonnés du péché originel et vont donc en enfer (Lettre CLXXXIV; discussion sur KTOV sur l'absence de liberté selon Augustin et sur les limbes des enfants).

     Les insultes, les malédictions et les colères de Jésus: « Race incrédule et perverse, répondit Jésus, jusqu'à quand serai-je avec vous? Jusqu’à quand vous supporterai-je? » Mat17-17 et Luc9-41 « Races de vipères, comment pourriez-vous dire de bonnes choses, méchants comme vous l'êtes? » Mat12-34. « Conducteurs aveugles! Qui coulez le moucheron, et qui avalez le chameau » Mat23-24 « Malheur à toi, Chorazin! malheur à toi, Bethsaïda! » Mat 11-21 « Malheur à vous qui êtes rassasiés, car vous aurez faim! Malheur à vous qui riez maintenant, car vous serez dans le deuil et dans les larmes! » Luc 6-25 Lorsque Jésus entra dans le temple : « Il se mit à chasser ceux qui vendaient et qui achetaient dans le temple; il renversa les tables des changeurs, et les sièges des vendeurs de pigeons; et il ne laissait personne transporter aucun objet à travers le temple. » Marc 11-15

        La torture selon Jésus:  "Alors le roi dit aux serviteurs: Liez-lui les pieds et les mains, et jetez-le dans les ténèbres du dehors, où il y aura des pleurs et des grincements de dents. Car il y a beaucoup d'appelés, mais peu d'élus" Matthieu 22-13. "Et son maître, irrité, le livra aux bourreaux, jusqu'à ce qu'il eût payé tout ce qu'il devait" Matthieu 18-34 "Quiconque tombera sur cette pierre s'y brisera, et celui sur qui elle tombera sera écrasé" Luc 20-18

   L'inquisition selon Jésus: « Amenez ici mes ennemis, qui n'ont pas voulu que je régnasse sur eux, et égorgez les en ma présence » Luc19-27 (parabole des mines). « on donnera à celui qui a (la foi), et il sera dans l'abondance, mais à celui qui n'a pas (la foi) on ôtera même ce qu'il a » Marc4-25 et Luc19-26 et Mat 13-12 "Si quelqu'un ne demeure pas en moi, il est jeté dehors, comme le sarment, et il sèche; puis on ramasse les sarments, on les jette au feu, et ils brûlent." jean 15-6 (inquisition).

    Le sorcier Jésus-Christ tue un arbre parce qu'il ne lui donne pas de fruit: "Le lendemain, après qu'ils furent sortis de Béthanie, Jésus eut faim. Apercevant de loin un figuier qui avait des feuilles, il alla voir s'il y trouverait quelque chose; et, s'en étant approché, il ne trouva que des feuilles, car ce n'était pas la saison des figues. Prenant alors la parole, il lui dit: Que jamais personne ne mange de ton fruit! Et ses disciples l'entendirent. [...]  Le matin, en passant, les disciples virent le figuier séché jusqu'aux racines. Pierre, se rappelant ce qui s'était passé, dit à Jésus: Rabbi, regarde, le figuier que tu as maudit a séché. Jésus prit la parole, et leur dit: Ayez foi en Dieu." Marc 11-12 / 11-20
On est donc condamné même si on a rien pu choisir. Judas n'a pas choisi mais "malheur à lui".

    
Jésus trouverait que même le pape manque de foi: "C'est à cause de votre incrédulité, leur dit Jésus. Je vous le dis en vérité, si vous aviez de la foi comme un grain de moutarde, vous diriez à cette montagne: Transporte-toi d'ici là, et elle se transporterait; rien ne vous serait impossible" Mat 17-20 "Voici les miracles qui accompagneront ceux qui auront cru: en mon nom, ils chasseront les démons; ils parleront de nouvelles langues; ils saisiront des serpents; s'ils boivent quelque breuvage mortel, il ne leur feront point de mal; ils imposeront les mains aux malades, et les malades, seront guéris" Marc 16-17




Jésus prône les valeurs monastiques

      Jésus et la chasteté:  « Malheur aux femmes qui seront enceintes et à celles qui allaiteront en ces jours-là! » Mat 24-19 « Heureuses les stériles, heureuses les entrailles qui n'ont point enfanté, et les mamelles qui n'ont point allaité! » Luc 23-29
Note: On retrouve ces idées chez les tatianistes, dans l'encratisme et le montanisme. Tout cela aboutit au monachisme qui était déjà chez les esseniens. Voir ausi Mat 19-12 sur les eunuques et Galates 4-27.



        Les conseils pratiques de Jésus pour gagner son paradis: “Si ta main ou ton pied est pour toi une occasion de chute, coupe-les et jette-les loin de toi; mieux vaut pour toi entrer dans la vie boiteux ou manchot, que d'avoir deux pieds ou deux mains et d'être jeté dans le feu éternel. Et si ton oeil est pour toi une occasion de chute, arrache-le et jette-le loin de toi; mieux vaut pour toi entrer dans la vie, n'ayant qu'un oeil, que d'avoir deux yeux et d'être jeté dans le feu de la géhenne.” Mat 18-8. "Il y a des eunuques qui le sont dès le ventre de leur mère; il y en a qui le sont devenus par les hommes; et il y en a qui se sont rendus tels eux-mêmes, à cause du royaume des cieux." Mat 19-12
Note: Origène, le plus grand génie du christianisme antique avec saint Augustin, d'après le cardinal Jean Daniélou, décida donc de se castrer préventivement sur la base de cette recommandation. Mais
ce n'est pas sur que cela est suffit à lui obtenir le paradis car "quiconque regarde une femme pour la convoiter, a déjà commis l'adultère avec elle dans son coeur" Mat 5-28

Jésus et l'hygiène. "Pourquoi tes disciples transgressent-ils la tradition des anciens? Car ils ne se lavent pas les mains, quand ils prennent leurs repas ? [Réponse de Jésus]: "manger sans s'être lavé les mains, cela ne souille point l'homme" Mat 15-2,20
Note: Ce passage est moins anecdotique qu'il n'y parait. Il annonce la crasse pouilleuse moyenâgeuse liée au mépris chrétien de la vie terrestre et du corps au contraire de la propreté gréco-romaine. Les bains publics seront en effet tous fermés par les chrétiens.
"La propreté était vue avec horreur. Les poux étaient appelés "les perles de Dieu", et étaient la marque de la sainteté. Les saints, hommes comme femmes, se vantaient que l'eau ne touchait jamais leurs pieds sauf quand ils traversaient des rivières." Bertrand Russel, histoire de la philo occidentale
"Tu aimes te laver chaque jour ; cette propreté-là, un autre l'appellera ordure" (Saint Jérôme, EP, XLV, 1). "ne prendre des bains que le moins qu'on peut et avec de grandes précautions" (Renan, chap V). Au contraire pour les romains éclairés comme Lucien de Samosate savaient qu'il y avait un lien entre défaut d'hygiène et maladie (Alexandre ou le faux prophète). 




Jésus, un gourou qui conduit au suicide


    Jésus réclame la soumission et l'obéissance aveugle de ses disciples“Moi (officier romain) qui suis soumis à des supérieurs, j'ai des soldats sous mes ordres; et je dis à l'un: Va! et il va; à l'autre: Viens! et il vient; et à mon esclave: Fais cela! et il le fait. Lorsque Jésus entendit ces paroles, il admira le centenier (un officier romain), et, se tournant vers la foule qui le suivait, il dit: Je vous le dis, même en Israël je n'ai pas trouvé une aussi grande foi.” Luc 7-8. “Quiconque s'élèvera sera abaissé, et quiconque s'abaissera sera élevé.” Mat 23-12.
    « Après qu'ils eurent mangé, Jésus dit à Simon Pierre: Simon, fils de Jonas, m'aimes-tu plus que ne m'aiment ceux-ci? Il lui répondit: Oui, Seigneur, tu sais que je t'aime. Jésus lui dit: Pais mes agneaux. Il lui dit une seconde fois: Simon, fils de Jonas, m'aimes-tu? Pierre lui répondit: Oui, Seigneur, tu sais que je t'aime. Jésus lui dit: Pais mes brebis. Il lui dit pour la troisième fois: Simon, fils de Jonas, m'aimes-tu? Pierre fut attristé de ce qu'il lui avait dit pour la troisième fois: M'aimes-tu? Et il lui répondit: Seigneur, tu sais toutes choses, tu sais que je t'aime. Jésus lui dit: Pais mes brebis. » Jean 21-15


Jésus envoie ses disciples (qui ne travaillent pas) telle une bande de voleurs. « Lorsqu'ils approchèrent de Jérusalem, et qu'ils furent près de Bethphagé et de Béthanie, vers la montagne des oliviers, Jésus envoya deux de ses disciples, en leur disant: Allez au village qui est devant vous; dès que vous y serez entrés, vous trouverez un ânon attaché, sur lequel aucun homme ne s'est encore assis; détachez-le, et amenez-le. Si quelqu'un vous dit: Pourquoi faites-vous cela? répondez: Le Seigneur en a besoin.” Marc 11-1/6

    Le gourou communiste Jésus-Christ et ses apôtres s'approprient les richesses de leurs disciples. "quiconque d'entre vous ne renonce pas à tout ce qu'il possède ne peut être mon disciple" Luc 14-33 "vends tout ce que tu as" Luc 18-22 "tous ceux qui possédaient des champs ou des maisons les vendaient, apportaient le prix de ce qu'ils avaient vendu, et le déposaient aux pieds des apôtres" Actes 4-34 (le couple qui garde une partie du prix meure mystérieusement en présence des apotres Actes 5-5 et 5-10). "Nul ne disait que ses biens lui appartinssent en propre, mais tout était commun entre eux" Actes 4-32

Note: Dans la parabole des ouvriers de la onzième heure, (payés autant que ceux de la première), Jésus prone une politique communiste (l'égalité salariale absolue) contre la juste et équitable distribution du salaire en fonction du travail réalisé. Nous préférons donc la méritocratie républicaine de Marc-Aurèle: "inexorablement attribuer à chacun selon son mérite" ou l'Art. 1er des droits de l'homme de 1789: "Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune". L'égalitarisme absolu est injuste. L'égalitarisme christiano-marxiste n'est pas une morale l'équitable.

Le Christ apparaissant lors d'une messe célébrée par Grégoire I°, prouvant la validité du concept de la transsubstantiation, par Thomas BURGKMAIR, 1496, Deutsches historisches museum, Berlin.  Le gourou Jésus a une emprise sectaire sur ses disciples qu'il conduit au suicide collectif: « Si quelqu'un vient à moi, et s'il ne hait pas son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères, et ses soeurs, et même sa propre vie, il ne peut être mon disciple. Et quiconque ne porte pas sa croix, et ne me suis pas, ne peut être mon disciple. » Luc 14-26 “Si quelqu'un veut me suivre, qu'il renonce à lui-même, qu'il se charge chaque jour de sa croix, et qu'il me suive. Car celui qui est préoccupé par sa vie, la perdra ; mais celui qui perdra sa vie pour moi, la sauvera” Luc 9-23 “Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n'est pas digne de moi, et celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n'est pas digne de moi; celui qui ne prend pas sa croix, et ne me suit pas, n'est pas digne de moi. Celui qui conservera sa vie la perdra, et celui qui perdra sa vie à cause de moi la retrouvera. » Mat10-37 "Celui qui cherchera à sauver sa vie la perdra, et celui qui la perdra la retrouvera" Luc 17-33
Note: la lecture correcte des ces passages montre que tout cela n'a rien à voir avec une émancipation de la société tribale mais révèle un phénomène sectaire.

Jésus appelle ses disciples au martyre: "Ne craignez pas ceux qui tuent le corps" Luc 12-4 “Heureux serez-vous, lorsque les hommes vous haïront, lorsqu'on vous chassera, vous outragera, et qu'on rejettera votre nom comme infâme à cause du fils de l’homme” Luc 6-22. Celui qui aime sa vie la perdra, mais celui qui hait sa vie en ce monde la conservera pour la vie éternelle Jean 12-24 “Celui qui veut sauver sa vie la perdra, mais celui qui perdra sa vie à cause moi la retrouvera” Marc 8-35
Note:
Jim Jones, le gourou protestant communiste de la secte du temple du peuple, responsable d'un suicide collectif de 908 adeptes était donc finalement pas si éloigné de Jésus lorsqu'il disait: « N'ayez pas peur de mourir, la mort est juste le passage vers un autre plan, la mort est une amie ». « nous commettons un acte de suicide révolutionnaire en protestation contre les conditions de ce monde inhumain ».
Note: Le vrai disciple de Jésus est le moine qui combat, réprimande et corrige les infidèles au mépris de sa propre vie et de tous ses biens terrestres. Celui qui est tolérant avec les infidèles mérite d'être chatié avec eux (Augustin, Citée, I, IX).

Après (re)lecture de ces passages, il apparaît clairement que l’interprétation dominante du christianisme est une fabrication partiale. Elle fût autrefois le travail de réformateurs humanistes (Erasme) qui ont déformé cette religion pour faire passer leurs idées, et l’on peut se réjouir qu’ils aient fini par l’emporter. Aujourd'hui cela facilite les lectures bienveillantes de tous ceux qui restent complaisants ou veulent défendre cette religion, toutefois un regard honnête sur l’ensemble des évangiles montre, à qui est sincère et a banni ses préjugés, que les valeurs humanistes n’étaient pas le coeur doctrinal des premiers chrétiens.
    Jésus ou l'église ? Le fantatisme millénariste suicidaire de Jésus-Christ se retrouve dans divers mouvements chrétiens des premiers siècles: tatianistes, encratisme (Jules Cassien), montanisme, novatianisme, donatises, circoncellions.... Même si ces fanatiques ont été condamnés par l'église romaine, il est un fait remarquable qu'ils étaient plus fidèle à Jésus que l'église ! A l'inverse donc de la thèse courante d'Erasme et de Kierkegaard (Jésus était bon mais la méchante l'église l'a trahit), j'admets volontiers que l'église est certes affreuse, mais j'affirme que Jésus (si il a réellement existé) était encore plus épouvantable que l'église !
   

A propos des martyrs et de leur logique sacrificielle


    Les martyrs chrétiens étaient volontaires au supplice. Plusieurs témoignages montrent que les chrétiens du I et IIe siècle voulaient mourir en martyre: "Un jour le proconsul d’Asie, Arrius Antoninus, ayant ordonné de rigoureuses poursuites contre quelques chrétiens, vit tous les fidèles de la ville se présenter en masse à la barre de son tribunal, réclamant le sort de leurs coreligionnaires élus pour le martyre ; Arrius Antoninus, furieux, en fit conduire un petit nombre au supplice et renvoya les autres en leur disant: « Allez-vous-en, misérables ! Si vous tenez tant à mourir, vous avez des précipices, vous avez des cordes»."
Renan et Gibbon (ChapXVI) démontrent le fanatisme suicidaire des chrétiens des premiers siècles. (Voir aussi John Scheid).

   Idem chez Saint Justin de Naplouse: "C'est là notre désir le  plus cher, souffrir pour Notre Seigneur Jésus-Christ afin d'être sauvé" (à Rusticus). D'après Justin, les chrétiens embrassaient "avec joie le trépas" (Apologie II, XII), tandis que les païens demandaient: « Vous autres Chrétiens, si vous aspirez à mourir, que ne vous tuez-vous vous-mêmes ? vous jouirez plus tôt de votre Dieu et vous nous causerez moins d’embarras » (Apologie II, IV) et enfin l'empereur Antonin aurait dit: "ne voyez-vous pas que tout ce qu’ils ambitionnent, c’est de mourir pour la cause dont on leur fait un crime ; que cette mort même est une victoire sur vous, puisqu’ils préfèrent la souffrir plutôt que de se soumettre à ce que vous exigez d’eux ?" (Apologie I).

      Idem chez Ignace d'Antioche, son désir très fort du martyre sanglant dans l'arène peut sembler étrange au lecteur moderne: il conçoit le martyre comme une libation, un sacrifice envers le Christ et demande à ses amis de ne pas intervenir pour le faire  libérer: "Laissez-moi être la pâture des bêtes, par lesquelles il me sera possible de jouir de Dieu. Je suis le froment de Dieu, et il faut que je sois moulu par la dent des bêtes, pour devenir pur pain du Christ. [...] Feu et croix, troupeaux de bêtes, lacérations, écartèlements, dislocation des os, mutilation des membres, mouture de tout le corps, que les pires fléaux du diable tombent sur moi, pourvu seulement que je jouisse de Jésus-Christ" (lettre aux romains).

    Idem dans les actes des apôtres:  "[Les juifs] les firent battre de verges [] Les apôtres se retirèrent de devant le sanhédrin, joyeux d'avoir été jugés dignes de subir des outrages pour le nom de Jésus." Actes 5-40. On voit que la vie de Paul relatée dans les Actes des apotres cherche à reproduire celle de Jésus.

    Idem chez Polycarpe de Smyrne:  "au cours de sa prière, trois jours avant d’être arrêté, il eut une vision : son oreiller prenait le feu et était entièrement consumé. Alors il se tourna vers ses compagnons :  "Il faut que je sois brûlé vif"." Récit du martyre de saint Polycarpe.
 
     Idem chez les circoncellions donatistes, le daesch chrétien du IVe siècle: "la fureur des donatistes était enflammée par une frénésie d’une espèce extraordinaire et dont il n’y a jamais eu d’exemple dans aucun temps et dans aucun pays, s’il est vrai qu’ils l’aient poussée au degré d’extravagance qu’on leur attribue. Une partie de ces fanatiques détestaient la vie et désiraient vivement de recevoir le martyre. Il leur importait peu par quel supplice ou par quelles mains ils périssaient, pourvu que leur mort fût sanctifiée par l’intention de se dévouer à la gloire de la vraie foi et à l’espérance d’un bonheur éternel. Ils allaient quelquefois insulter les païens au milieu de leurs fêtes et jusque dans leurs temples, dans l’espérance d’exciter les plus zélés idolâtres à venger l’honneur de leurs divinités"
    Ils pratiquent des suicides collectifs: des exaltés s'immolent sur des bûchers, se jettent, parfois en groupe, du haut de rochers.
    "ils se servaient ordinairement d’une forte massue qu’ils appelaient une israélite, et leur cri de guerre bien connu, loué soit Dieu, répandait la consternation dans toutes les provinces désarmées de l’Afrique"  "ils incendièrent les villages après les avoir pillés, et régnèrent en tyrans sur toute la campagne. L’agriculture et l’administration de la justice étaient interrompues : comme les circoncellions prétendaient rétablir l’égalité primitive du genre humain et réformer les abus de la société civile, ils offraient un asile aux esclaves et aux débiteurs qui accouraient en foule sous leurs drapeaux sacrés. Lorsqu’on ne leur résistait pas, ils se contentaient ordinairement de piller ; mais la moindre opposition était suivie de violences et de meurtres ; et ils firent souffrir les tortures les plus affreuses à quelques prêtres catholiques qui avaient voulu signaler imprudemment leur zèle." "un philosophe impartial découvre aisément l’influence ou l’abus de l’inflexibilité d’esprit puisée dans le caractère et les principes de la nation juive."

Gibbon, Histoire.., Chap XXI

Note: il est donc absurde d'opposer l'islam au judéo-christianisme, car l'islam est dérivé d'une secte judéo-chrétienne (les ebionites / nazaréen).


La mort sur la croix de Jésus-Christ: un sacrifice païen ? Jésus nous dit qu'il "donne sa vie pour la rançon de beaucoup" Marc 10-45. Les païens superstitieux sacrifiaient des animaux vivants pour apaiser la colère des dieux. La mort de Jésus rentre dans cette logique superstitieuse, sauf que c'est un sacrifice humain volontaire pour apaiser le courroux de Dieu-le-père une bonne fois pour toute et racheter le péché des hommes. Sauf que tous veulent l'imiter, Paul, Pierre, Ignace, Justin....
    Le judaïsme était une religion sacrificielle contrôlée par les rabbins qui avaient décrétés que les sacrifices devaient avoir lieu dans le temple de Jérusalem. Après la destruction du temple en 70 par les Romains, les sacrifices ne peuvent donc plus avoir lieu et la religion judaïque est conduite à se transformer. La destruction du temple a favorisé la conversion des juifs au judaïsme rabbinique/talmudique ou au christianisme : "je veux la miséricorde et non le sacrifice" Mat 12-7.




Observation sur l'interprétation moderne du christianisme



    Observation sur l'honnêteté intellectuelle de notre époque: Depuis la renaissance et surtout avec le siècle des Lumières il est courant de dénigrer l'église, mais d'épargner voir d'encenser la figure du Christ. Pour ma part, je rejoins le point de vue des païens de l'antiquité, de Giordano Bruno et de Voltaire à savoir que Jésus-Christ n'est pas non plus défendable.
     Le chrétien part du principe que le christianisme a été positif pour le monde, et il cherche aussi à reconstruire sa religion et à l'adapter à la modernité ; donc quand il trouve quelque chose que l'on peut interpréter comme humaniste dans une parole de Jésus, il affirme trop vite que cette valeur positive a été inventée et apportée au monde par Jésus (et ne cherche pas à savoir s'il n'existait pas avant). Cette démarche est très faible intellectuellement, et amène à des conclusions fausses. Le problème c'est que beaucoup d'incroyants font la même erreur en partant du principe que Jésus (même s'ils pensent qu'il n'est pas Dieu) est forcément un personnage formidable. Ainsi, aujourd'hui, même nos "philosophes athées" ne sont toujours pas capables de dénoncer les aberrations et les monstruosités trouvées chez Jésus-Christ.
Etonnamment, même Nietzsche qui se revendiquera comme "l'antéchrist" a été finalement assez indulgent avec la figure de Jésus-Christ dans 'l'antéchrist'. Mais bon, à un moment, il vaut savoir où est son âme... Dans le camp du conformisme ambiant ou dans celui de la sévère vérité. Ainsi, aux chrétiens fâchés contre cette page, je rappellerai qu'un esprit épris de vérité devrait  d'abord haïr ceux qui l'ont manipulés et qui perpétuent lâchement toute cette affabulation autour de Jésus-Christ et non pas celui qui déchire le voile du mensonge et libère en montrant la vérité.

Note: Dans "le Christ Philosophe" p16, Frédéric Lenoir écrit: "il y aurait une livre entier à écrire sur les colères du Christ" ! Un aveu pour s'excuser d'avoir oublié de prendre tout cela en compte dans son analyse ?







Quel réel apport du christianisme
 par rapport aux morales païennes ?





    Les croyants ont le besoin de réinterpréter leur religion et de lui trouver des qualités qu'elle n'a pas. Ils se livrent à un travestissement historique. Ce qui est grave c'est que leur thèses ont largement contaminé les athés. On laisse entendre qu'il n'y avait qu'un monde de brutalité, de violence, et d'injustice avant Jésus. Rien n'est plus faux. Il y avait déjà eu un premier humanisme. Au IIe siècle, le philosophe Celse disait que les bons préceptes de la morale de Jésus-Christ et du christianisme avaient déjà tous été dits avant par les philosophes païens. En effet,

- la règle d'Or avait déjà été énoncée par Thalès, Pittacos de Mytilène, Aristote...

- ne pas répondre aux offenses, ni au mal par le mal faisait parti de la morale de Socrate d'après Platon et on retrouve ce principe également chez Diogène de Sinope et les stoïciens... La version donnée par Jésus ( Tendre la joue) est dénoncée par Celse: "seule la vulgarité de la forme leur appartient".

- pardonner à ses ennemis faisait parti de la morale mise en pratique par Jules Caesar d'après Suétone, bien que le pardon prend une signification théologique avec Jésus (voir plus bas). Idem pour Marc-Aurèle qui pardonne à ceux qui l'ont trahi (Histoire Auguste).

- se repentir. “Le commencement du salut, c’est la reconnaissance de sa faute” Démocrite, Maxime n°9 (DK B-XLIII) et Epicure d’après Sénèque, lettre à Lucilius n°28 (Us 522). Mais sans le délire de culpabilité infinie.


    - La discrétion dans l'exercice du culte. Jésus enseigne un très bon principe peu respecté des croyants: "Lorsque vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites, qui aiment à prier debout dans les synagogues et aux coins des rues, pour être vus des hommes. [..] Mais quand tu pries, entre dans ta chambre, ferme ta porte, et prie ton Père qui est là dans le lieu secret; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra."
    Mais sur ce point Jésus a été précédé en mieux avant par les païens: « La piété, ce n'est pas se montrer à tout instant la tête voilée devant une pierre, ce n'est pas s'approcher de tous les autels, ce n'est pas se prosterner sur le sol la paume ouverte en face des statues divines, ce n'est pas arroser les autels du sang des animaux, ni ajouter les prières aux prières ; mais c'est bien plutôt regarder toutes choses de ce monde avec sérénité »
Lucrèce. Idem chez Sénèque, Lucilius XLI.

- la pitié. Lucrèce montre de l'empathie pour la souffrances des autres dans son poème et décrit comme un progrès morale assez ancien la fin du règne de la brutalité aveugle et désormais la protection des faibles: "Alors l'amitié unit pour la première fois des voisins, qui cessèrent de s'insulter et de se battre ; et ils se recommandèrent mutuellement les enfants ainsi que les femmes, faisant entendre confusément de la voix et du geste qu'il était juste d'avoir pitié des faibles. Assurément la concorde ne pouvait pas s'établir entre tous, mais les plus nombreux et les meilleurs restaient fidèles aux pactes ; autrement le genre humain eût dès lors péri tout entier et n'aurait pu conduire jusqu'à nous ses générations." (De la nature, V, 1018-1027)

- le plaisir de la générosité fait parti de la pensée païenne: “Les grandes joies proviennent du spectacle des actions honnêtes” “Il est non seulement plus beau de faire du bien que d’en recevoir, mais aussi plus agréable ; rien, en effet, n’est aussi fécond en joies que la bienfaisance”  “Le sage est plus enclin à donner qu'à recevoir” sont des textes de Démocrite et d'Epicure cités dans l'Amour de la Raison Universelle
    Ainsi lorsque Saint-Paul nous dit dans les Actes (20.35) que Jésus aurait dit "Il y a plus de bonheur à donner qu'à recevoir", il n'y a rien de nouveau.
    "Rien, en effet, ne donne autant de joie que l'image des vertus, quand elles se manifestent dans la conduite de ceux qui vivent avec nous et qu'elles s'y trouvent, en aussi grand nombre que possible, réunies. Voilà pourquoi il faut toujours avoir ce tableau sous les yeux "
Marc-Aurèle

- La charité existait déjà chez les païens. Trajan avait une politique sociale d'aides envers les enfants des pauvres (l'institution des alimenta), tandis qu'Antonin le pieux créa des orphelinats pour pauvres jeunes filles abandonnées (puellae Faustiniana). Voir aussi l'évergétisme.

- L'esclavage. A cause de sa théologie le christianisme ne libère pas de l'esclavage qui est un chatiment à cause du péché qui doit être expié lors de la vie terrestre pour gagner le paradis. (Voir Augustin). On comprend que c'est seulement après que les Lumières ont affaibli la conception théologie de l'existence que le christianisme a pu devenir anti-esclavagiste, mais donc il n'a pas été à l'origine de l'abolition de esclavage.
    « Serviteurs, obéissez à vos maîtres selon la chair, avec crainte et tremblement, dans la simplicité de votre coeur, comme à Christ, non pas seulement sous leurs yeux, comme pour plaire aux hommes, mais comme des serviteurs de Christ, qui font de bon coeur la volonté de Dieu. Servez-les avec empressement, comme servant le Seigneur et non des hommes, sachant que chacun, soit esclave, soit libre, recevra du Seigneur selon ce qu'il aura fait de bien. (Ephesiens 6.5)
      
    Démocrite, les sophistes, Epicure et les stoïciens avaient déjà critiqué/adouci l'esclavage (contre le couple Platon-Aristote). Cet esprit est poursuivi chez les empereurs Antonins. A Rome, le juriste Pomponius introduit la clause d'humanitatis intuitu qui respecte la personne comme valeur et comme volonté, même dans les rapports du maître et de l'esclave.
    "Une première loi (4), la lex Petronia, généralement datée (5) de l'an 19 ap. J.-C, donc du règne de Tibère, deuxième empereur de la dynastie des Julio-Claudiens, défendait au maître de livrer un de ses esclaves aux bêtes sans une décision du magistrat. Un édit de Claude (41-54) stipule que si un maître abandonne un esclave vieux ou malade, celui-ci devient libre et de droit latin. Domitien (81-96) interdit la castration des esclaves à des fins commerciales; il semble cette fois que la mesure ait été assortie d'une sanction contre le maître, la saisie de la moitié de ses biens. Mais c'est seulement sous les Antonins, au siècle suivant, que cette législation se précisera et se développera. Hadrien (117-138) interdit la mise à mort des esclaves sauf en vertu d'un jugement rendu par un magistrat, il supprime les prisons privées (les ergastules), punit les traitements cruels d'esclaves pour des fautes légères, interdit leur vente sans raison pour les jeux de gladiateurs, abolit la pratique de la torture judiciaire des esclaves (6) sauf s'il existe quelque indice de preuve de sa culpabilité, etc. Son successeur, Antonin le Pieux (138-161), va plus loin dans la remise en question du traditionnel droit de vie et de mort que possède le maître vis-à-vis de l'esclave : la mise à mort d'un esclave sans raison, c'est-à-dire sans faute grave de sa part, est désormais considérée comme un homicide et donnera lieu à poursuites. L'esclave, enfin, en cas de mauvais traitement, pourra se placer sous la protection des dieux ou auprès de la statue de l'empereur, il sera entendu par le Préfet de la ville qui pourra ordonner sa vente à un maître plus clément."
Alain Testart. Revue française de sociologie  Année 1998 (voir aussi ULPIEN Digeste, I, 6, 2).

"Le but du christianisme n’était en rien le perfectionnement de la société humaine, ni l’augmentation de la somme de bonheur des individus." "[Le christianisme] ne travailla pas directement à supprimer l’esclavage. Nous avons vu que la grande école de jurisconsultes sortie des Antonins est toute possédée de cette idée que l’esclavage est un abus, qu’il faut doucement supprimer. Le christianisme ne dit jamais :  "L’esclavage est un abus." "Tout ce qui, dans l’organisation sociale du temps, n’était pas lié avec l’idolâtrie lui parut bon à garder. L’idée ne vint jamais aux docteurs chrétiens de protester contre le fait établi de l’esclavage. C’eût été là une façon d’agir révolutionnaire, tout à fait contraire à leur esprit." " Saint Paul reconnaît complètement la légitimité de la possession chez le maître. Pas un mot, dans toute l’ancienne littérature chrétienne, pour prêcher la révolte à l’esclave, ni pour conseiller au maître l’affranchissement, ou seulement pour agiter le problème de droit public que fait naître chez nous l’esclavage."
    "L’affreux sort de l’esclave ne les touche pas à beaucoup près autant que nous." "Le nombre des esclaves et des affranchis était très considérable dans l’Église. Jamais celle-ci ne conseilla au maître chrétien qui avait des esclaves chrétiens de les affranchir ; elle n’interdit même pas les châtiments corporels, qui sont la conséquence presque inévitable de l’esclavage. Sous Constantin, la faveur de la liberté parut rétrograder." "Si le mouvement qui part des Antonins se fût continué dans la seconde moitié du iiie siècle et dans le ive siècle, la suppression de l’esclavage fût venue par mesure légale et avec rachat. La ruine de la politique libérale et les malheurs du temps firent perdre tout le terrain que l’on avait gagné. Les Pères de l’Église parlent de l’ignominie de l’esclavage et de la bassesse des esclaves dans les mêmes termes que les païens." "Plus tard, l’Église posséda des esclaves et les traita comme tout le monde, c’est-à-dire assez durement. La condition de l’esclave d’Église fut même empirée par une circonstance : savoir l’impossibilité d’aliéner le bien de l’Église."
Ernest Renan. Marc-Aurèle et la Fin du monde antique. ChapXXXII

" Constantin, ce premier empereur chrétien, qui se baignait dans le sang de sa propre famille, permet aux maîtres, par un rescrit de l'année 319, de frapper leurs esclaves avec des verges ou des courroies, et de les charger de chaînes, dût la mort s'ensuivre. [...] Dans un rescrit de 329, Constantin permet ce qu'avaient défendu les empereurs payens Dioclétien et Maximien, de vendre un enfant au moment de sa naissance, avec faculté de le racheter ou de fournir en échange un autre esclave (1). Dans un autre rescrit de 331, il attribue a celui qui a ramassé un enfant exposé un droit de propriété, condamnant par là cet être innocent à l'esclavage et punissant sur lui le crime de son père ou de son maître (2). Ici encore l'Empereur chrétien s'était laissé dépasser, en fait de justice, par un Empereur payen, par Trajan, qui, consulté sur cette question, s'était opposé à ce que ces malheureux enfants fussent réduits en esclavage (i)"
Patrice Larroque. De l'esclavage chez les nations chrétiennes  (page 51)

"la législation constantinienne ne saurait être envisagée comme l'expression d'une préoccupation morale apparue au commencement de l'Empire chrétien. En ce tournant de l'histoire de Rome, aucun adoucissement des moeurs n'est perceptible, bien au contraire."
Yann rivière, l'histoire. n°399. 2014


Slavery in Early Christianity


- la conscience morale était déjà promue par Pythagore (paroles d'or) et Démocrite (DK B-CCXLIV).

- la conscience intérieure des humanistes. "On se cherche des retraites à la campagne, sur les plages, dans les montagnes. Et toi-même, tu as coutume de désirer ardemment ces lieux d'isolement. Mais tout cela est de la plus vulgaire opinion, puisque tu peux, à l'heure que tu veux, te retirer en toi-même" Marc-Aurèle qui a pu servir d'inspiration:
    "Les hommes s’en vont admirer les cimes des montagnes, les vagues de la mer, le vaste cours des fleuves, les circuits de l’Océan, les révolutions des astres, et ils se délaissent eux-mêmes"
Petrarque citant Augustin, Confessions, X, 8.

- ne pas condamner son prochain. Chez les stoïciens: "Pour ce qui provient de la nature, il ne faut pas s'en prendre aux Dieux, car volontairement ou involontairement ils ne se trompent jamais ; ni aux hommes car ils ne faillent qu'involontairement. Il ne faut donc s'en prendre à personne" Marc-Aurèle. C'est cette logique que l'on retrouve également chez Jésus et qui fonde chez lui la doctrine pardon "parce qu'ils ne savent pas qu'ils font".

- Avoir Dieu avec soi. Marc-Aurèle nous dit « je vénère Celui qui gouverne, je m'affermis et me repose en lui  ». On a bien quelquechose chez les stoïciens qui fait penser au christianisme mais qui ne franchit pas chez eux la frontière de l'antihumanisme car il n'y a pas de foi abrahamique.

 - Critique des combat sanglants de gladiateur. Oui martyr de Télémaque qui initie l'interdiction, mais c'est surtout le paganisme qui est visé derrière, car les duels judiciaires, la brutalité sanglante, des mutilations et tortures abominables vont se poursuivre au moyen-âge donc dans des sociétés complètement chrétiennes et pratiqué parfois par l'église elle-même. On a vu plus haut que Jésus menace de tortures.
     De plus
on trouve déjà la critique de la brutalité bestiale et criminelle des combats de gladiateurs chez Sénèque (lettre à Lucilius VII et Lucillius, 95 "L’homme, chose sacrée pour l’homme, on l'égorge par jeu et par passe-temps") et Marc-Aurèle ("modère par toutes sortes de moyens les combats de gladiateurs", il rejette la vue du sang et la tete tranchée du général qui l'a trahi). "Entre autres preuves de l'humanité de Marc-Aurèle, on doit louer l'attention qu'il eut de faire mettre des matelas sous les danseurs de corde, après la chute de l'un d'eux ; et de là vient l'usage d'étendre aujourd'hui sous la corde un filet."

- L'amour du prochain était déjà chez les stoïciens. Marc-Aurèle nous dit  « Le propre de l'homme est d'aimer même ceux qui l'offensent » « Le propre de l'âme raisonnable, c'est aussi l'amour de son prochain ». On croit que l'amour du prochain est une réaction envers la

  Rome faire de son enemi un ami. Le contrat (épicure), la droiture, l'exigence eners soi, le serment devant les dieux permettre de sortir de la vandetta, de la guerre tribale perpétuelle et d'atteindre la pax romana universelle qui permet la paix et la prospérité de peuples différents.
    "Pour en revenir aux otages, Scipion, qui les avait fait appeler, commença par les rassurer tous, en leur représentant qu’ils étaient sous le pouvoir du peuple romain, qui aimait mieux lier les cœurs par des bienfaits que par la crainte, et s’attacher les nations étrangères par les liens de la bonne foi et d’alliance, que leur imposer le joug d’un cruel esclavage."
https://fr.wikisource.org/wiki/Histoire_romaine_(Tite-Live)/Livre_XXVI
Idem otage de Julien cité par Gibbon
    " Ces conditions lues, le fécial reprit : "Écoute, Jupiter, écoute, père patrat du peuple albain ; écoute aussi, peuple albain. Le peuple romain ne violera jamais le premier les conditions et les lois. Les conditions inscrites sur ces tablettes ou sur cette cire viennent de vous être lues, depuis la première jusqu’à la dernière, sans ruse ni mensonge. Elles sont, dès aujourd’hui, bien entendues pour tous. Or, ce ne sera pas le peuple romain qui s’en écartera le premier. S’il arrivait que, par une délibération publique ou d’indignes subterfuges, il les enfreignit le premier, alors, grand Jupiter, frappe le peuple romain comme je vais frapper aujourd’hui ce porc ; et frappe-le avec d’autant plus de rigueur que ta puissance et ta force sont plus grandes." Il finit là son imprécation, puis frappa le porc avec un caillou. De leur côté, les Albains, par l’organe de leur dictateur et de leurs prêtres, répétèrent les mêmes formules, et prononcèrent le même serment."
https://fr.wikisource.org/wiki/Histoire_romaine_(Tite-Live)/Livre_I


        - condamnation de la pédophilie. Le christianisme a-t-il protégé des enfants d'atteintes sexuelles ? La pédérastie (relation avec des adolescents) répandue chez les gréco-romains (mais aussi au Japon) fut interdite par les chrétiens mais elle doit être différenciée de la pédophilie (prépubère). Marc Aurèle loue Antonin le pieux pour sa "sévérité à poursuivre et à punir les amours pour les jeunes gens" pensées I, XVI
        En la matière d'abus sexuelle sur mineure,
l'église a peu de leçon à donner. Elle compte encore aujourd'hui au moins 3% de pédocriminels (estimation minimale). En 412, deux ans après le sac de Rome, l'église obtient une loi stipulant que "Nul qui a abandonné ses enfants ne peut les réclamer s'ils sont recueillis par l'Église. La signature de l'évêque est le témoignage nécessaire que l'Église a accueilli l'enfant". CT 5.9.2
. L'état n'avait-il pas mieux à faire à ce moment là que de protéger la prédation pédophile de l'église !

- Dénonciation de l'abandon des nouveaux-nés. Interdiction officielle de la pratique en 374. L'exposion des nouveaux-né était une horrible pratique acceptée chez les gréco-romains, et également pratiquée dans le paganisme scandinave. C'est lié à une différence de conception du foetus. Pour les juifs, le foetus est déjà un homme et est sacré dès sa conception. Pour les chrétiens, l'avortement est donc un crime même au stade de l'embryon. Au contrairement, les paeins acceptent l'avortement (sur ce point aussi les musulmans) et pour eux, le nouveau né a encore le statut du foetus jusqu'à la naissance, et ne devient un enfant qu'après avoir été reconnu par le père de famille après donc la naissance. C'est choquant, mais corespond à la nécessité invoquée même par Sénèque d'euthanasier les maformés (pas d'échograpgie et donc de diagnostique prenatal à l'époque), et aussi pour les cas d'infidélité (une contre partie-négative de la non-condamantion de l'adultrère chez les gréco-romains), et limiter la surpopulation et les famines en l'absence de contraception (ce sont surtout les pauvres qui abandonnent leurs enfants qu'ils ne peuvent nourrir).

Les texte d'Epicure montrent un soucis des enfants et les orphelinat construits par Antonin et Mac Aurèle pour jeune-fille abandonnées (puellae Faustinianae) soulignent un souci de l'enfance chez les greco-romains les plus éclairés. Il y avait donc un progrès lent  amorcé sur cette question. Déjà aussi sous Trajan qui veut leur éviter de tomber en esclavage si ils sont issu de parent libre. Enfin la question est complexe car pour les paeins, les chrétiens étaient des criminels justement accusés de sacrifier des enfants, crime issue d'une supersitition barbare (voir Celse).
    Mais donc, je dirais que ce serait donc finalement ici que l'on trouve l'apport le plus positif du christianisme à la morale bien que ce progrès soit donc pour des raisons que nous ne partageont pas (notre conception nous fait accepter l'avortement précoce, l'avortement thérapeutique tardfis dans certains cas, mais pas après la naissance). L'arrêt de l'expostion n'a pas stoppé les abandons d'enfants encore longtemps très courants dans les classes populaires et la disparirtion de cette pratique n'est pas l'exclusivité de à Jesus ni au judéo-chrétianisme. Sous l'Empire Romain, les Germains élevaient tous leurs enfants, contrairement aux pratiques romaines. Il y a donc peut-être aussi un apport positif de la culture nordique sur cette question.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Infanticide#Antiquit%C3%A9
John Boswell – Au bon cœur des inconnus. Les enfants abandonnés de l’Antiquité à la Renaissance.
http://www.fafnir.fr/exposition-des-enfants
L'exposition des petites filles à Rome sous la République et sous le Principat. Annie Allély
https://journals.openedition.org/abpo/3692
L’interdiction de l’avortement dans les premiers siècles de l’Église Bernard Pouderon
https://www.persee.fr/doc/rhpr_0035-2403_2007_num_87_1_1236

https://www.persee.fr/doc/adh_0066-2062_1973_num_1973_1_1169
https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_l%27enfance_en_Europe#L'enfance_dans_l'Empire_romain_au_temps_du_paganisme




Jésus précurseur de l'humanisme et des droits de l'homme ?


       L'église aujourd'hui et des "philosophes" comme Frédéric Lenoir et Luc Ferry, présentent Jésus comme le père de l'humanisme des Lumières. Cette analyse nous semble complètement fausse.

    Déjà Ernest Renan disait: "Les droits de l’homme ne sont en rien une chose chrétienne [...] Ceux qui ont prétendu voir dans le christianisme la doctrine révolutionnaire des droits de l’homme et dans Jésus un précurseur de Toussaint Louverture se sont trompés complètement. Le christianisme n’a inspiré aucun Spartacus ; le vrai chrétien ne se révolte pas." "[les chrétiens] affectaient les principes du légitimisme le plus absolu. Dieu donnant la puissance à qui il lui plaît, il faut obéir sans examen à celui qui la possède officiellement.". "Le principe chrétien : « Il faut reconnaître celui qui exerce le pouvoir », devait contribuer à établir le culte du fait accompli, c’est-à-dire le culte de la force. La politique libérale ne doit rien et ne devra jamais rien au christianisme. L’idée du gouvernement représentatif est le contraire de celle que professèrent expressément Jésus, saint Paul, saint Pierre, Clément Romain."
Ernest Renan. ChapXXXII.

- L'Egalité ? Pour le juriste romain Ulpien "par droit naturels, tous les hommes naissent libre et égaux" Digeste, V, I, 36. Capitolin, 11. La révolution française est réalisé par des anti-chrétiens. L'assemblée de 1789 refuse de reconnaitre le christianisme comme religion de la France.

l'émancipation des femmes  ? : Paul: 1 Corinthiens 11 et 14-34/35.
 Paul:  " les femmes doivent ( ... ) se soumettre en tout à leur mari (Eph. 5, 24) (49) ; il ajouta que, lorsqu'elles priaient ou prophétisaient, elles devaient mettre un voile pour " porter sur la tête la marque de (leur) dépendance " (I Cor. 11, 10) ; il leur interdit d'enseigner l'homme (I Tim. 2, 11 ;3, 12), et même de dans les assemblées (I Cor. 14, 34-35 ; I Tim. 3, 12) : " si elles désirent sur quelque détail, qu'elles interrogent leur mari à la maison " (I Cor. 14, 35 a).

Au contraire, à Romr les filles vont à l'école et sous l'empereur Auguste les femmes romaines qui ont trois enfants sont libérés de la tutelle de leur père et de leur mari. Au IIe sicèle le juriste Gaius trouve même cette vieille règle obscolète. Les femmes peuvent selon lui conduire leurs propres affaires et la tutelle disparait.

"dans les Institutes, Gaius suggère à son tour les limites de cette institution et son manque d'utilité : « Que les femmes majeures se trouvent en tutelle, aucune raison de valeur ne semble l'avoir conseillé ; en effet, celle qu'on allègue en général à savoir qu'elles sont souvent égarées par leur légèreté d'esprit et qu'il était équitable de les régir avec l'autorité d'un tuteur, leur semble plus spécieuse que vraie : en effet, les femmes qui sont majeures traitent elles-mêmes dans leur propre intérêt leurs affaires et dans certains cas, c'est seulement pour la forme que le tuteur interpose son autorité ». D'ailleurs, la tutelle finit par disparaître."
La condition de la femme et le mariage à Rome. Michèle DUCOS.

- l'Individualisme qui fait sortir l'homme du tribalisme et de la loi du groupe se retrouve dans tous les mouvements que combat Platon: Démocrite, les sophistes, les cyniques, les cyrénaïques, les épicuriens...
  
Anne Baudart. Individualisme et cosmopolitisme  "Les traits de l'individualisme se repèrent pourtant déjà dans le monde antique. Ils se dessinent dans la démocratie athénienne des Ve - IVe siècles [..] La liberté de l’individu étant le principe fondamental à respecter, Diogène et ses disciples s’attachent à dénoncer tous les asservissements".
    C'est "l’universalisme juridique et l’aequitas,du droit romain classique est
quasi sigillum anti-tribaliste".

    "Quant au principe philosophique que l’homme ne doit appartenir qu’à lui-même, c’est bien plus tard qu’il apparaît comme un dogme social. Sénèque, Ulpien l’avaient proclamé d’une façon théorique ; Voltaire, Rousseau et la Révolution française en firent la base de la foi nouvelle de l’humanité."
Ernest Renan. Marc-Aurèle et la Fin du monde antique. ChapXXXII.

 
    - l'Universalisme introduit par Paul de Tarse est révolutionnaire pour un juif, mais Paul était citoyen romain et c'est donc de Rome que lui vient l'idée d'universel. Ce n'est pas original non plus pour les philosophes grecs cosmopolites, ni même les romains plus conservateurs qui l'avait déjà en partie réalisé à travers leur Empire.
    "Ma cité et ma patrie, en tant qu'Antonin, c'est Rome ; en tant qu'homme, l'univers" "Il n'y a, en effet, qu'un seul monde qui embrasse tout, qu'un seul Dieu répandu partout, qu'une seule substance, une seule loi, une seule raison commune à tous les êtres intelligents ; une aussi est la vérité, puisque la perfection pour les êtres de même nature et participants de la même raison, est une aussi"
Marc-Aurèle

- la Liberté ? L'idée de liberté/libre-arbitre était déjà chez les stoïciens où l'âme n'est pas liée au destin mais a son propre mouvement. Idem, chez Epicure (le clinamen).
     Jésus ne parle pas de liberté dans les trois synoptiques et il parle seulement une fois de devenir libre
(Jean 8-36) en opposition à ceux qui sont esclaves du péché. La liberté de Jésus a donc seulement un sens selon la morale religieuse, mais ce n'est pas la liberté au sens humaniste c'est-à-dire l'autonomie de l'individu. L
e disciple de Jésus ne place plus sa confiance en lui-même (2 Corinthiens 1-19. le disicple doit " renonce à lui-même"). C'est donc un être qui a aboli sa liberté. Il a troqué l'autonomie de sa raison contre les promesses de la foi. Il est entré dans sa minorité (Kant. Qu'est-ce que les Lumières?).
     De plus
, Jésus croit à la prédestination de la grâce (accordée ou non par Dieu) qui est incompatible avec une pleine liberté: "nul ne peut venir à moi si cela ne lui a été donné par le Père" Jean 6-65  "ceux qui étaient destinés à la vie éternelle crurent." Actes 13-48 "Car c’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu. Ce n’est point par les œuvres, afin que personne ne se glorifie. Car nous sommes son ouvrage, ayant été créés en Jésus Christ pour de bonnes œuvres, que Dieu a préparées d’avance, afin que nous les pratiquions." Éphésiens 2:8  "choisis d'avance par Dieu" Actes 10.40. Qu'as-tu que tu n'aies reçu? 1 Corinthiens 4.7
    Pour Jésus, l'histoire est le plan préétabli par Dieu (dans lequel la liberté est impossible). Jésus répond à Pilate "Tu n'aurais sur moi aucun pouvoir, s'il ne t'avait été donné d'en haut." Jean 19-11. "Le Fils de l'homme s'en va selon ce qui est écrit de lui" Marc 14-21 "Je vous ai tout annoncé d'avance" Marc 13-23 (Idem pour les furturs pensées de St Pierre et Judas. Jésus sait tout d'avance).

Pelage (1000 ans avant Erasme) avait rejeté le rôle de la grâce et le péché originel pour rétablir la liberté, mais Saint-Augustin défendit l'orthodoxie paulienne et minimisa le rôle de la liberté pour réaffirmer la primauté de la grâce. "Donne ce que tu commandes et commande ce que tu veux" Augustin, Confessions, X On retrouve ce débat à la renaissance entre Erasme et Luther (voir le traité du serf-arbitre inspiré de St Augustin). D'autres théologiens iront encore plus loin en rejetant pratiquement tout rôle à la liberté (Calvin, les jansénistes...). Pour Saint Augustin, Adam a été conçu libre mais depuis l'homme a perdu sa liberté à cause du péché originel, et ne le retrouve en Jésus que par le moyen de la grâce. discussion sur KTOV  

- l'Humanisme ? Pour éviter la confusion, il faut distinguer l'humanisme historique, l'humanisme philosophique et l'humanisme morale. D'après les définitions du dictionnaire Robert, l'humanisme est:
    - en philosophie est la "doctrine qui place la personne humaine et son épanouissement au-dessus de toutes les autres valeurs."
        - Historiquement c'est le "mouvement de la Renaissance, caractérisé par un effort pour relever la dignité de l'esprit humain et le mettre en valeur, et un retour aux sources gréco-latines."
       - Moralement "c'est la doctrine qui apporte au souci de l'autre et de sa condition".

 

N'est pas humaniste au sens philosophique une doctrine qui stipule que:
    - dieu gouverne tout / pas de liberté. jésus est un théoligien - dieu omniscient il connait les pensées de pierre de judas. dieu controle tout (comme le qadar des musulmans).
    
- mépris du bonheur terrestre et du plaisir des sens
    - communisme: pas de liberté d'entreprendre, de créer, de posséder.
    - infériorisation de la femme, esclavage, torture...
   -  destruction de la raison, de l'intelligence, abnégation de soi. 
Le disciple de Jésus renonce au penser par soi-même des humanistes et à l'épanouissement de son bonheur Terrestre qu'il troque contre le réconfort de la croyance. La foi abrahamique promue par Jésus-Christ est donc bien antihumaniste.


     Une partie de la confusion autour de l'humanisme chrétien vient du fait que
sous l'influence du christianisme l'humanisme signifie désormais aussi compassion/charité.
Le chrétien a un plus grand souci pour le pauvre, le souffrant, l'autre en général, mais dans un sens extrême qui participe à l'inversion des valeurs.

- le Concept de Droit Humain. On croit que l'attention à la personne humaine, à la diginité humaine est un prolongement de la logique de charité chrétienne. On trouve toutefois des précurseurs au droits de l'homme hors du christianisme. Le cylindre de Cyrus montre que le concept de droits de l'homme existait déjà en Perse. A Rome, la loi des Douze tables fixe l'égalité des citoyens devant la loi. En afrique, la charte du Manden.
    L'Occident a produit des droits de l'homme plus aboutis au XVIIIe siècle pas particulièrement parce que l'Occident était chrétien, mais d'abord parce que l'Occident était la civilisation la plus avancée à ce moment là.

- la Laïcité ? la séparation du spirituel et du temporel ? Jésus dit à Pierre " Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église [...] ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux, et ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux" Mat 14-18. En transférant à ses apôtres et leurs successeurs le pouvoir de juger du bien et du mal et d'absoudre ou non les péchés, Jésus ouvre la voie au théologico-politique.
     On nous oppose souvent le "
Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu" mais qui n'a rien à voir avec la laïcité quand on le lit sans son contexte. Jésus est soumis à une question piège: "est-il permis, ou non, de payer le tribut à César?" si Jésus répond oui, il sera considéré comme un traite aux yeux des Juifs, et s'il répond non il pourra être dénoncé comme rebelle aux romains. Jésus sort du piège en exprimant un mépris des romains tout en consentant à leur impôt.

- Jésus précurseur de la liberté de conscience religieuse ? de la tolérance religieuse ? la liberté d'expression et de conscience et d'expression religieuse existait chez presque tous les païens polythéistes. Seul la participation aux cérémonies, mais pas la foi était requise (religion civile). Au contraire pour Jésus,
    "quiconque n'écoutera pas ce prophète sera exterminé du milieu du peuple" Actes 3-23. "Qui n'est pas avec moi est contre moi" Matt 12-30. "Jésus se mit alors à leur dire: Prenez garde que personne ne vous séduise. Car plusieurs viendront sous mon nom, disant; C'est moi. Et ils séduiront beaucoup de gens. [..] "Si quelqu'un vous dit alors: "Le Christ est ici", ou: "Il est là", ne le croyez pas. Car il s'élèvera de faux Christs et de faux prophètes; ils feront des prodiges et des miracles pour séduire les élus, s'il était possible." Marc 13-5 et 13-21 "Gardez-vous des faux prophètes" Matt 7-15 "Car il s'élèvera de faux Christs et de faux prophètes; ils feront de grands prodiges et des miracles, au point de séduire, s'il était possible, même les élus" Matt 24-24. “Vous n’avez qu’un seul Maître : le Christ” Matt 23-10 « Nul ne vient au Père que par moi » Jean 14:6. "ceux que tu trouveras, contrains-les d'entrer, afin que ma maison soit remplie Luc 14-23 (compelle intrare de saint Augustin).
Ceux qui ne sont pas baptisés (n’étant pas chrétiens) seront tous damnés, même les petits enfants morts avant d’avoir pu l’être (d'où les Mormons). Voilà qui, selon Augustin, est parfaitement juste. « contrains-les d’entrer » (compelle intrare) Augustin, lettre 93.

- l'émancipation par le travail ? Luc Ferry voit dans la parabole des talents et la parabole des mines (Luc 19-11/27) une  promotion nouvelle de la valeur travail. Or, dans cette parabole il nous est dit que Jésus "prends ce [qu'il] n'a pas déposé" (effectivement aussi l'ânon en Marc 11-1/6) et "moissonne ce [qu'il] n'a pas semé". De plus, il demande surtout à ses disciples d'utiliser le prêt à intérêt (une parabole). Hors être rentier, ce n'est pas travailler mais faire travailler les autres ! Là encore, rien de neuf avec l'aristocratie gréco-romaine.    
     Enfin, ailleurs,
Jésus s'oppose au travail et s'en remet à la providence: "Considérez les corbeaux: ils ne sèment ni ne moissonnent, ils n'ont ni cellier ni grenier; et Dieu les nourrit. Combien ne valez-vous pas plus que les oiseaux!"  Luc 12-24 "Il leur dit encore: Quand je vous ai envoyés sans bourse, sans sac, et sans souliers, avez-vous manqué de quelque chose? Ils répondirent: De rien." Luc 22-35. (aussi Matt 6-32). "Et au sujet des vêtements, pourquoi se faire tant de souci? Observez comment poussent les lis des champs: ils ne travaillent pas, ils ne filent pas. Or je vous dis que Salomon lui-même, dans toute sa gloire, n’était pas habillé comme l’un d’eux. Si Dieu habille ainsi l’herbe des champs, qui est là aujourd’hui, et qui demain sera jetée au feu, ne fera-t-il pas bien davantage pour vous, hommes de peu de foi?" Matt 6-28
   Pourtant Jésus dit  "Je suis ému de compassion pour cette foule; car voilà trois jours qu'ils sont près de moi, et ils n'ont rien à manger" Marc 8.2
     Jésus ne défend pas la valeur travail, il promeut les conversion  et abolit le travail par la foi dans la provience en dieu qui va suppléer au travail (d'où le miracle de la mutiplication des pains).

Marc Aurèle loue Antonin le pieux pour lui avoir transmis "la passion du travail" pensées, I, XVI

Voir aussi Renan. ChapXXXII et notre page sur la chute de rome.


        - le Progrès L'idée de progrès est très peu compatible avec le platonisme (le monde est une version dégradée de l'idée parfaite et juste) et le christianisme (même si on la trouve chez Saint-Augustin), en revanche la notion de progrès était déjà fortement présente chez les démocritéens (Lucrèce, V, 1448-1457).

   - la Paix. La paix romaine (Pax romana) atteint son apogée sous l'empereur Hadrien et les Antonins, avec qui le but de Rome devient explicitement la paix. L'empire est fortement démilitarisé. Les soldats ne
représentent alors que 0,5% de la population (comme la France actuelle et donc moins qu'Israel, la Russie ou les USA) et les soldats sont cantonnés aux frontières.
St Augustin et la Guerre

Sénèque, Lucilius, 95 "Notre frénésie n’est pas seulement individuelle, elle est nationale : nous réprimons les assassinats, le meurtre d’homme à homme ; mais les guerres, mais l’égorgement des nations, forfait couronné de gloire ! [...]  L’acte qu’on payerait de sa tête s’il était clandestin, nous le préconisons commis en costume militaire."

-L'Art. Les premiers chrétiens étaient iconoclastes comme les Juifs (Concile d'Elvire en 306 interdit l'utilisation d'images dans les églises). L'art chrétien est du paganisme réintégré après Constantin.

"Une foule d’arts et de métiers, dont la profession entraînait des rapports avec l’idolâtrie, étaient interdits aux chrétiens. La sculpture et la peinture, en particulier, devenaient presque sans objet ; on les traitait comme des ennemies. Là est l’explication d’un des faits les plus singuliers de l’histoire, je veux dire de la disparition de la sculpture dans la première moitié du iiie siècle. Ce que le christianisme tua d’abord dans la civilisation antique, ce fut l’art." Ernest Renan. ChapXXXII.

Idem pour d'autres valeurs des Lumières faussement attribuées au Christ. Jésus n'est aucunement l'inventeur de l'humanisme des Lumières comme beaucoup veulent nous faire croire aujourd'hui. D'une manière générale les germes de l'humanisme des Lumières se trouve bien plus dans le courant matérialiste athée initié par Démocrite et prolongé par les sophistes et l'épicurisme que dans le platonisme d'où est issu le christianisme.
 



En outre, la morale chrétienne se singularise par:


- un pacifisme suicidaire Le pacifisme chrétien n'est pas sans rappeler les religions asiatiques de la non-violence, et de l'amour compassionnel et universel (jainisme, bouddhisme...). Les juifs esséniens ont peut-être subi ce type d'influence.
     

- une obsession particulière pour la sexualité et l'adultère. Jésus prône l'interdiction du divorce (Marc 10-9), ce qui fut l'une des premières mesures instaurée par le code de Constantin. L'ascétisme et le mépris des plaisirs sensuels n'est pas nouveau. Le christianisme est sur ce point une forme extrême de platonisme (voir le Phédon). Platon se disait aussi né d'une vierge d'après Diogène Laërce.


- la culpabilisation victimaire qui inverse les valeurs. "votre cruauté fait notre gloire" Tertullien, à scapulla, 5. Les victimes, les martyrs comme Jésus sont les vrais héros et les forts, ceux qui réussissent et qui sont dans la joie doivent être culpabilisés. "les derniers seront les premiers". Les chrétiens reprochent au païens de rigoler !

- la sincérité de la foi ? Jésus se plaint des "hypocrites" qui obéissent aux commandements de la religion sans éprouver sincèrement la foi. Il y a effectivement une opposition entre une pratique civique de la religion païenne ou de la loi juive et de l'autre côté la ferveur de la foi abrahamique. Toutefois, appeler la foi une sincérité me parait problématique car c'est un mensonge envers soi ! En effet, il est évident que le bon dieu tout-puissant n'existe pas. Nietzsche dénonçait ainsi avec raison la foi comme "la forme la plus répandue, la plus proprement souterraine de fausseté  qui soit au monde".

- Jésus prône la destruction de l'intelligence, de la sagesse grecque et de la philosophie païenne. “Heureux les pauvres en Esprit, car le Royaume des cieux est à eux !” Mat 5-3. “Je suis venu dans ce monde pour un jugement: pour que ceux qui ne voient pas voient, et que ceux qui voient deviennent aveugles.” Jean 9-39. "Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, de ce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents" Mat 11-25.  Idem chez:
    Paul de Tarse: "Je détruirai la sagesse des sages, Et j’anéantirai l’intelligence des intelligents....  puisque le monde, avec sa sagesse, n’a point connu Dieu dans la sagesse de Dieu, il a plu à Dieu de sauver les croyants par la folie de la prédication" 1 Corinthiens 1-19 "si quelqu'un parmi vous pense être sage selon ce siècle, qu'il devienne fou, afin de devenir sage. Car la sagesse de ce monde est une folie devant Dieu" 3-18. "Dieu a choisi les choses viles du monde et celles qu’on méprise, celles qui ne sont point, pour réduire à néant celles qui sont" (Pour Paul "les langues cesseront, la connaissance disparaîtra" "avoir détruit toute domination, toute autorité et toute puissance". "l'amour de Christ, qui surpasse toute connaissance" Ephésiens "les richesses incompréhensibles de Christ" "la paix de Dieu, qui dépasse tout ce que l’on peut comprendre" Ph 4.6-8).
Note: Les actes des apôtres nous racontent Paul arrivant à Athènes et rejetté par les philosophes épicuriens et stoïciens qui se moquent de ses croyances (Actes 17-18/32).

    Origène: "Par la sagesse de ce siècle nous entendons toute cette vaine philosophie qui doit être détruite, selon le témoignage de l'Ecriture (I. Corinthiens, II, 6)" (Origène. Contre Celse, I).
     Tertullien: "je crois parce que c'est absurde": « Le Fils de Dieu a été crucifié : je n’en rougis pas, parce que c’est à rougir. Le Fils de Dieu est mort : il faut le croire, parce que cela révolte ma raison ; enseveli, il a ressuscité: c’est certain, parce que c’est impossible. » La chair du Christ, V. Tetullien décrit le jour du jugement où "d'orgueilleux philosophes, glorieux autrefois de leur vaine sagesse, réduits aujourd'hui à rougir devant leurs disciples et à brûler avec eux" de spectaculis, XXX
   Saint Gregoire le Grand: "Si donc nous désirons être authentiquement sages et contempler la sagesse elle-même reconnaissons humblement notre folie. Abandonns cette sagesse coupable, apprenons une folie qui soit digne d'éloges" Moralia in Job XXVII, 46,79
  Le Moine Evagrius: "béni soit celui qui est parvenu à l'ignorance infinie" ("Blessed is the one who has arrived at infinite ignorance.” )
   Martin Luther, "Qui veut philosopher sans danger en Aristote doit d'abord être rendu fou en Christ" (WA 1, 355, 2-3 ; Œuvres I, p. 167). "Personne ne philosophe bien, sauf s'il est fou, c'est-à-dire chrétien" (WA 1, 355, 4-5 ; Œuvres I, p. 168). Luther, opera omnia, Ienna 1556, tome I, p27-28.
    A propos des "Saints fous": Dieu à la folie : Histoire des Saints fous pour le Christ. John Saward.



nous arrivons à la réelle originalité de la doctrine de Jésus-Christ à savoir la haine de la Raison, de soi, et du monde c'est-à-dire l'inversion des valeurs







Analyse du coeur de la morale chrétienne




   - Une version extrême de la règle d'or. Jésus nous présente sa doctrine comme une exigence morale supérieure à l'ancienne loi et à ce que pratiquent les païens ("Mais moi, je vous dis que", sermon sur la montagne: Matt 5-20/44). Les juifs se veulent supérieure et Jésus appelle à dépasser la simple règle d'or, à savoir traiter les autres comme soi-même, qui s'inscrit dans une logique contractuelle naturelle que Jésus dénonce comme moralement insuffisante. Au contraire, "tu seras heureux de ce qu'ils ne peuvent pas te rendre la pareille" Luc 14-12/14. Mais, Jésus réclame plus que la générosité et la protection des démunis qui existait déjà dans la morale païenne mais Jésus veut que l'on renonce à tout ce que l'on possède et qu'on leur sacrifie tout (et en échange il nous promet la vie éternelle).

"Que personne ne cherche son propre intérêt, mais que chacun cherche celui d'autrui." 1 Corinthiens 10.24. "quiconque d'entre vous ne renonce pas à tout ce qu'il possède ne peut être mon disciple" Luc 14-33 "Prêtez sans rien espérer" Luc 6-35 "Si quelqu'un veut plaider contre toi, et prendre ta tunique, laisse-lui encore ton manteau... Donne à celui qui te demande, et ne te détourne pas de celui qui veut emprunter de toi." Matt 5-40/42.

    Jésus ne se contente pas non plus de la tolérance religieuse païenne, ni de la paix romaine, mais il nous demande de bénir ceux qui nous font du mal et d'aimer nos ennemis !
    De même
, le christianisme ne se contente pas de la simple condamnation de l'orgueil/hubris, il réclame une soumission totale de l'individu (l'humilité du croyant) c'est-à-dire l'abnégation de soi.

 L'abnégation de soi: "Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il renonce à lui-même" Luc 9-23  "ne pas placer notre confiance en nous-mêmes, mais la placer en Dieu" 2 Corinthiens 1-19 "ceux qui vivent ne vivent plus pour eux-mêmes" 1 Corinthiens 5-15. Pour Pascal: “Le moi est haïssable".

Jésus prétend donc dépasser la morale classique par des principes plus exigeants. Cela peut impressionner et a suscité la fascination. Mais tout cela pose de nombreux problèmes. Cette surenchère poussée jusqu'à l'extrême est-elle vraiment plus morale ?
     Le but fondamental de la morale est de permettre l'organisation de la vie sociale sur Terre d'une manière qui respecte équitablement les chances de chacun au bonheur. En détruisant le soi-en-ce monde et l'idéal de bonheur sur Terre, le christianisme détruit pas la même le but et l'objet même de la morale. Sans un soi moteur, il n'y a plus non plus de point d'appui pour juger, et sans jugement il n'y a plus de moralité. Comme la morale de Jésus nie l'objet et les moyens de la morale, cette doctrine n'est pas une morale plus profonde, mais c'est simplement un extrémisme qui aboutit à des contradictions et des absurdités.

-> En quoi mon intérêt réalisé par un autre pourrait-il être morale alors que ce même intérêt servit par soi-même serait immoral ? Il n'y a rien d'immoral à se servir soi-même, d'autant plus quand sa cause est juste.
        De plus, d'un point de vue pratique, chacun est mieux pl
acé pour comprendre ses désirs que ceux des autres qui sont souvent différents. Donc un autre n'est pas forcément à même de bien me servir. Le christianisme amène à des relations humaines dysfonctionnelles.

-> S'oublier soi-même est impossible dans la pratique, d'ailleurs comme nous allons le voir plus bas les chrétiens qui se rêvent au paradis se sont en fait très peu oubliés eux-mêmes. Ils demandent en fait seulement de s'oublier dans ce monde qu'ils méprisent (en échange de la promesse du paradis) mais donc ils ne se sont pas oubliés !

La critique d'Ayn Rand.
Wallace: Christ, every important moral leader in man's history, has taught us that we should love one another. Why then is this kind of love in your mind immoral?

Rand: It is immoral if it is a love placed above oneself. It is more than immoral, it's impossible. Because when you are asked to love everybody indiscriminately. That is to love people without any standard. To love them regardless of whether they have any value or virtue, you are asked to love nobody.
Ayn Rand (1959). "The Mike Wallace Interview of Ayn Rand"

-> Aimer son ennemi est une contradiction dans les termes. Ce serait comme vouloir détester son amour. Absurde ! Cela n'a juste pas de sens. On peut certes faire l'effort de tolérer, de se réconcilier voir même après de pardonner à son ancien ennemi, mais si on l'aime c'est juste que ce n'est plus son ennemi !
       D
ans la pratique, le pacifisme extrême de Jésus est inapplicable ou suicidaire quand il est appliqué. Tendre la joue gauche et aimer ses ennemis pendant qu'ils vous persécutent, n'opposer aucune résistance face à l'injustice en attendant l'action de la providence (Romains 12-19), peut au mieux faire naitre un sentiment de culpabilité chez un oppresseur doté d'une forte conscience morale (Gandhi), mais pratiquer ce pacifisme naïf est inefficace contre des barbares convaincus par une idéologie de destruction (Hitler).

Beaucoup reconnaissent que l'amour chrétien n'est pas toujours praticable dans la réalité, mais conservent une fascination pour cette utopie qui leur parait un idéal magnifique même s'il est inatteignable. De la même façon, le communisme continue de fasciner une partie de ceux qui y ont renoncé.
    Au contraire selon loi l'antihumanisme structurel de ces doctrines
(que l'on
interprète faussement comme un humanisme) les rends fondamentalement méprisables (à propos de "l'antihumanisme théorique" du marxisme voir l'analyse d'Althusser). Je vais montrer ici que loin d'être une simple utopie irréalisable, la morale chrétienne est une dangereuse perversion dont les fondements conduisent en fait à l'immoralité. Pour comprendre cela, il nous faut pénétrer plus profondément la structuration psychologique des sentiments moraux chrétiens.


  La psychologie morale chrétienne


    Culpabilisation judéo-chrétienne.
Toute cette surenchère dans l'application de la règle d'or vient d'un désir religieux d'élever la moralité qui provient lui-même d'un sentiment de culpabilité décuplé par les malheurs des juifs qui ont été interprétés par leurs théologiens comme une perte de faveur divine. Ils recherchent donc à calmer le courroux de leur dieu vengeur par une plus haute exigence morale et un raffermissement de la foi pour enfin obtenir le pardon et échapper à l'enfer. Jésus a en effet une conception théologique du monde. Il voit dans les maladies, les infirmités des condamations pour des péchés (Marc 2-5/12).

Pour Paul de Tarse, "Israël, qui cherchait une loi de justice, n'est pas parvenu à cette loi. Pourquoi ? Parce qu'Israël l'a cherchée non par la foi, mais par les œuvres." Romains 9-31

La culpabilité est ainsi au cœur de la psychologie chrétienne primitive. La préoccupation principale du chrétien de l'antiquité est d'expier ses fautes pour gagner son paradis. Etablir la justice sur Terre ne fait pas parti de ses objectifs, d'autant qu'il croit que la fin du monde est proche, ce qui explique les propos surprenants de Jésus sur l'esclavage, la guerre, les pauvres, l'hygiène... relevés plus haut sur cette page. Pour le bonheur, Jésus s'en remet totalement à la vie future:

Jésus et la haine du monde: "Je ne prie pas pour le monde" Jean 17-9 "Je ne suis pas du monde" Jean 17-14 "Mon royaume n'est pas de ce monde" Jean 18-36. Paul conclut donc "Si c'est dans cette vie seulement que nous espérons en Christ, nous sommes les plus malheureux de tous les hommes" 1 Corinthiens 15-19. "Jésus-Christ, qui s'est donné lui-même pour nos péchés, afin de nous arracher du présent siècle mauvais" Galates 1-4
    Le but de la foi est d'être délivré de l'emprise du "prince du monde" (expression désignant le diable), afin d'éviter d'être "condamnés avec le monde" 1 Corinthiens 11.32

Ainsi si l'esprit de certains préceptes évangéliques rejoignent la morale gréco-romaine ou tout simplement la morale universelle et s'accordent aujourd'hui avec les objectifs de l'humanisme des Lumières, la morale de Jésus ne permet pas d'instaurer le progrès et la justice sur Terre. Jésus abandonne totalement ce combat. Déconnecté du monde réel, Jésus réclame une soumission totale à ses disciples et interdit aux hommes de juger, de combattre, de résister. La seule action dans ce monde est de prêcher "la foi" pour être sauvé dans l'autre monde.

"Ne jugez point, afin que vous ne soyez point jugés" Matt 7-1 Luc 6-37 "ne condamnez point" Luc 6-37. "Ne vous vengez pas vous-mêmes, bien-aimés, mais laissez agir la colère de Dieu" Romains 12-19

     Le pacifisme naïf des premiers chrétiens provient en fait d'un abandon du jugement moral de l'homme à Dieu (Matt 7-1) et donc un abandon du monde au diable. Pour Jésus ce n'est pas à toi humain de juger mais Dieu seul à ce droit (l'épisode de la femme adultère que personne ne peut juger entre également dans cette logique). Tu n'as pas à te défendre, car ce serait  faire le mal et donc perdre ton paradis. Tu dois subir et te concentrer sur ton seul bien moral personnel pour gagner ton paradis, au mépris des conséquences terrestres.

  La morale oublie les conséquences terrestres et devient seulement limitée à l'intention. On trouve une doctrine similaire chez Kant qui réduit également la morale à l'intention, ce qui mène à des aberrations dans des cas concrets montrés par Benjamin Constant (à propos du droit de mentir).


Critique païenne du monachisme. "Toute l’île, dit un ingénieux voyageur de ce siècle, est remplie ou plutôt souillée par des hommes qui fuient la clarté du jour. Ils prennent le nom de moines ou de solitaires, parce qu’ils vivent seuls et ne veulent point de témoins de leurs actions. Ils rejettent les richesses dans la crainte de les perdre, et pour éviter de devenir malheureux, ils se livrent volontairement à la misère. Quel comble d’extravagance et d’absurdité, de craindre les maux de cette vie sans savoir en goûter les jouissances ! Ou cette humeur mélancolique est l’effet d’une maladie, ou les remords de leurs crimes obligent ces malheureux à exercer sur eux-mêmes les châtimens que la main de la justice inflige aux esclaves fugitifs" Rutilius, cité par Gibbon, chap XXIX.
Belle analyse païenne qui voit dans le christianisme un délire de culpabilité qui amène à l'autodestruction. La malfaisance des restes de cette idéologie est encore visible chaque jour.


La Condamnation de cette Morale


L'égoïsme chrétien ! Nous voyons que la morale chrétienne (ou kantienne) est finalement un égoïsme pour obtenir son petit salut personnel (dans la fable de l'au-delà) au mépris de ses devoirs envers le monde réel. C'est le salut de son âme et la menace superstitieuse de l'enfer qui obsède le chrétien quitte à oublier l'ordre du monde et la vie sur Terre. Comme mourir pour Christ offre la certitude du paradis (Luc 9-23 et Marc 8-35), ceci explique la course fanatique des martyrs chez les premiers chrétiens (voir ci-dessus). Ainsi au courage héroïque des gréco-romains pour maintenir l'harmonie du cosmos se substitue la détestation chrétienne du monde, qui est une des facettes de l'inversion des valeurs.

Une morale apocalyptique ! On ne peut pas dissocier la morale de Jésus de sa croyance millénariste en l'apocalypse prochaine.

"Je vous le dis en vérité, quelques-uns de ceux qui sont ici ne mourront point qu'ils n'aient vu le royaume de Dieu" Luc 9-27. [Pendant l'apocalypse] "On verra le Fils de l'homme venant sur une nuée avec puissance et une grande gloire... Je vous le dis en vérité, cette génération ne passera point, que tout cela n'arrive." Luc 27-27/32 et Matt 24-34 Remarquons que les prophéties et miracles de Jésus ne se sont pas réalisés. C'était donc bien factuellement un imposteur. 

Sa morale est incompatible avec notre survie, ni celle de la société, et Jésus en est en fait parfaitement conscient ! Il sait que les disciples qui se convertissent à sa doctrine vont hâter leur mort. Aussi, je ne suis pas du tout convaincu par Jésus et sa morale. La surenchère suicidaire de Jésus n'est donc en rien plus morale que l'ancienne morale païenne. En fait, elle l'est bien plutôt moins !
    Se sacrifier volontairement en héro existait largement dans la morale païenne mais comme geste héroïque
venant de soi (très loin donc de l'égoïsme vulgaire) ; pas comme volonté de se détruire soi et le monde qui sous cette forme chrétienne ne rend le sacrifice aucunement morale, car inutile. Marc-Aurèle  dit à propos de la mort "le fait d'être prêt doit parvenir d'un jugement propre et non, comme chez les chrétiens, d'une pure obstination"

Stoïciens contre Chrétiens: une morale de l'action conséquente contre une simple morale de l'intention. Une fois que l'on a compris l'état d'esprit des chrétiens de l'antiquité, on comprend mieux pourquoi les stoïciens, qui bien que présentant des points de compatibilité importants avec la morale chrétienne, ont cependant été révulsés par le christianisme et l'ont combattu, dénoncé et même condamné (Marc-Aurèle, Rusticus contre Justin). Les stoïciens étaient préoccupés par l'harmonie du monde et de la cité et ne pouvaient, avec raison, accepter la morale chrétienne, qui a conduit à la chute de Rome.

"Ce n'est pas dans ce qu'il éprouve mais dans ce qu'il accomplit que se trouvent le bien et le mal d'un être raisonnable et social, tout comme la vertu et le vice ne sont pas pour lui dans ce qu'il subit mais dans ce qu'il accomplit." Marc-Aurèle

Marc-Aurèle se voue à une vie difficile et consent à de multiples sacrifices personnels pour maintenir l'harmonie durement conquise du monde civilisé, sans escompter aucune récompense post-mortem pour ses services: "Rappelle-toi aussi par où tu as passé et ce qu'il t'a été possible d'endurer ; que l'histoire de ta vie est désormais finie, et ta mission remplie ; combien de beaux exemples tu as montrés ; combien de plaisirs et de douleurs tu as supportés ; combien d'honneurs tu as négligés ; envers combien d'ingrats tu as été bienveillant". Voilà pourquoi, la moralité héroïque d'un sage antique surclasse selon moi sans mesure celles de tous les martyrs et saint chrétiens uniquement préoccupés par leur petit salut personnel au paradis.

Le salut personnel nécessite le courage héroïque de s'infliger à soi même des efforts pour se discipliner et le salut du monde et de la civilisation nécessite l'intelligence d'infliger parfois de la souffrance aux autres quand c'est parfois nécessaire. Sans cela aucun commandement militaire, aucune justice, aucune entreprise héroique ne peut fonctionner ou exister.


L'immoralité de la doctrine de la grâce par la foi. La déconnexion du chrétien avec le monde réel est encore accentuée par la théorie du pardon accordée pour la foi seule indépendamment des œuvres réalisées.

"l’homme est déclaré juste par la foi, indépendamment des œuvres de la loi" Romains 3.28 "[Dieu a] dit à Moïse: Je ferai grâce à qui je veux faire grâce, et j'aurai compassion de qui je veux avoir compassion. Ainsi donc, cela ne dépend ni de la volonté ni des efforts de l’homme, mais de Dieu qui fait grâce." 9-15/16 "Or, si c'est par grâce, ce n'est plus par les œuvres" 11-6

Jésus accorde son pardon (la grâce du Père) à tous ceux qui croient en lui (ceux qui ont la foi en Dieu: Luc7-44) indépendamment de leur vertu (ou des oeuvres) ! Pour un gréco-romain, le pardon chrétien est donc complètement immoral !

La vieille fable qui veut que les méchants vont en enfer et les bons au paradis est morale. Par contre la théorie du salut par la foi des judéo-chrétiens est immorale. C'est un abus produit par la tyrannie des prêtres qui s'accaparent ainsi le pouvoir politico-judiciaire et réclament une obéissance aveugle à leur principe.


L'opposition entre païens et judéo-chrétiens ne porte donc pas sur la moralité en soi mais sur la foi/l'obéissance. De même, l'opposition débat entre la morale humaniste et la morale kantienne ne porte pas non plus sur la morale mais sur l'obéissance aveugle et iraisonnée à la loi. C'est l'obéissance aveugle (la défaite de la raison) que réclament les théologiens/kantiens ce qui leur donne tout pouvoir en échange de promesses imaginaires.

« Sans la foi, dit Ambroise, les vertus ne sont que des feuilles que le vent agite, parce qu'elles n'ont pas de fondement. Que de païens sont sobres et miséricordieux ! Mais n'ayant pas la foi, ils ne portent pas de fruits » « Combien de gentils, s'écrie Augustin , nourrissent ceux qui ont faim , vêtissent ceux qui sont nus, reçoivent les voyageurs, visitent les malades, consolent les prisonniers ! Beaucoup font toutes ces oeuvres de miséricorde. Et cependant ils ne seront pas sauvés, ils ne seront pas élus , ils seront perdus , anéantis » ( ) .
Ambros., in Psalm . I , 41 ( T. I , p. 757) . ) Augustin ., Enarrat. in Psalm . 33 , § 7.

    Idem chez Maimonide dénoncé par Spinoza: "C’est là justement le contraire du sentiment des Juifs : ils prétendent que les croyances vraies et la vraie règle de conduite ne servent de rien à la béatitude, tant que les hommes ne sont éclairés que de la lumière naturelle et ne connaissent pas la loi révélée à Moïse. Voici les propres paroles de Maimonides, qui ose professer ouvertement cette doctrine (Rois, chap. VIII, loi 11) : " Quiconque reçoit les sept commandements et les exécute avec zèle doit être compté parmi les pieux des nations et les héritiers du monde à venir ; à condition toutefois qu’il reçoive et pratique ces commandements, parce que Dieu les a donnés dans sa loi et nous les a révélés par l’organe de Moïse, après les avoir déjà prescrits aux fils de Noé ; mais s’il ne pratique les commandements de Dieu que par l’inspiration de la raison, ce n’est plus un habitant du céleste royaume, ce n’est plus un des pieux ni un des savants des nations. "
Spinoza, Traité théologico-politique, V.


L'immoralité de la doctrine du pardon.

"- Ne craignez-vous point que l'incrédulité (dont je vois les immenses progrès) ne soit funeste au peuple en descendant jusqu'à lui, et ne le conduise au crime? [..]
    - [Un]  méchant, qui a de grandes passions dans une âme faible, est souvent invité à l'iniquité par la sûreté du pardon que les prêtres lui offrent. De quelque multitude énorme de crimes que vous soyez souillé, confessez-vous à moi, et tout vous sera pardonné par les mérites d'un homme qui fut pendu en Judée il y a plusieurs siècles. Plongez-vous, après cela, dans de nouveaux crimes sept fois soixante et sept fois, et tout vous sera pardonné encore. N'est-ce pas là véritablement induire en tentation ?"

Voltaire, Le dîner du comte de Boulainvilliers

    En effet selon Jésus, "si ton frère [...] a péché contre toi sept fois dans un jour et que sept fois il revienne à toi, disant: Je me repens, tu lui pardonneras" Luc 17-3/4 "Alors Pierre s'approcha de lui, et dit: Seigneur, combien de fois pardonnerai-je à mon frère, lorsqu'il péchera contre moi? Sera-ce jusqu'à sept fois?  Jésus lui dit: Je ne te dis pas jusqu'à sept fois, mais jusqu'à septante fois sept fois" Matt 18.21

    La doctrine du pardon n'a pas pour effet de faire baisser la criminalité, mais d'instaurer (volontairement ou pas) la tyrannie des prêtres, via le pouvoir extraordinaire que leur transfère Jésus (à Pierre), et qui a donné à l'église le droit de décider ou non d'accorder l'absolution ; pouvoir que les papes ont su utiliser pour exercer des pressions politiques et s'enrichir (excommunication, l'interdit, commerce des indulgences...).
    Jésus-Christ est un gangster de l'âme. Il effrait avec des menaces superstitieuses pour soutirer de l'argent à des crédules de sa secte. Au moyen-âge les sacrements était refusés sans accroder à l'église une part de l'héritage. Le business de l'église remonte à Jésus-Christ. "On sait de temps immémorial combien cette fable de Jésus-Christ a été profitable à nous et à nos proches." Pape Leon X au cardinal Pietro Bembo, rapportée par Jean-François Pic de la Mirandole.

La morale théologique de Jésus n'est pas une morale humaniste. Deux conceptions de la morale s'opposent. La tradition humaniste basée sur le développement de l'amour de soi (Démocrite, Marc-Aurèle, Spinoza) ou la conception opposée basée sur l'abnégation de soi (Jésus, Kant). La morale théologique (de l'oubli de soi) s'oppose à la morale humaniste (du souci de soi).

   Contre la logique épicuro-spinoziste de la coopération de la morale et du plaisir, la morale de Jésus reste dans l'opposition raison-passion propre aux théologiens. Jésus est dans la logique de la morale vécue comme une contrainte envers soi. Etre morale c'est cesser d'obéir à ses désirs. Kant fait même du plaisir une objection à la moralité. Selon lui n'est moral qu'obéir à un commandement qui s'impose à moi et m'humilie. Pour être morale, il faut renoncer à soi, à ses désirs, ses succès et ses possessions terrestres et se soumettre à la loi et s'abandonner dans la foi (la morale de Jésus).

Concevoir la morale comme une soumission à une autorité extérieure amène à demander plus d'effort et de constriction du soi. La morale est vécue comme ce qui fait obstacle au soi et on croit que plus on réprime le soi plus on est morale. En poussant cette logique à l'extrême, l'être le plus morale est celui qui s'abandonne complètement lui même. On arrive à la morale de Jésus qui nous demande de tout abandonner.

     L'humilité contre l'amour de soi. La morale extrême de Jésus apparait plus morale à beaucoup car elle demande encore plus de sacrifice de soi. Cela renvoi au réflexe intuitif d'exiger des autres qu'ils se limitent lorsqu'ils dépassent les bornes. Mais le sacrifice de soi n'est pas un bon critère de moralité ! Les terroristes kamikazes ne sont pas moraux. Ce sont juste des fanatiques. Un bien meilleur critère de moralité est la capacité du soi à aimer des idéaux moraux et à effectivement avoir le courage et la volonté conséquente d'être soi-même une force qui les réalise dans ce monde. Par exemple, l'humanitaire ou l'écologiste défend des idéaux moraux et sociaux par simple élévation de son niveau de conscience et ainsi de ses désirs, et pas d'abord dans un logique sacrificielle du soi. Il est heureux de participer à un bel idéal. Mais enfermé dans leur logique de soumission du soi, les théologiens dénoncent cette élévation du soi comme un simple produit de l'orgeuil qui se contemple lui même (Malebranche contre Sénèque). Effectivement le coeur de notre désaccord est là ! L'amour de soi est la source du bien pour les païens alors qu'il est toujours mauvais pour les chrétiens. Tout plaisir même fortement intériorisé comme un idéal de la conscience n'est pas morale pour Kant. Au contraire pour Marc-Aurèle c'est Kant qui est immoral: "si tu fais le bien simplement par devoir, tu ne fais pas encore ce bien comme à toi-même".

   Ainsi, le terme "amour" est ambigu chez Jésus, et sert aujourd'hui à tordre la doctrine en un sens humaniste trompeur. En vérité, l'amour promu par Jésus c'est l'amour compassionnel, autrement la contagion de la souffrance et non sa résolution ! Pour Jésus, l'amour signifie l'humble soumission (à l'autorité de Dieu) et non le développement de la puissance du soi (et de sa vertu). Ce n'est pas un développement du soi mais un renoncement à soi. Ainsi, il n'y a pas de véritable amour du bien émanant de soi chez Jésus (c'est une soumission du soi), et pas de réalisation effective du bien en ce monde (c'est un suicide collectif).

Devant l'échec de sa morale, incapable de créer la concorde, Jésus en est réduit à s'énerver, à invectiver et à menacer...

Echec de la morale chrétienne. Devait-on comprendre que la naïveté de Jésus venait d'une confiance infinie en la bonté cachée de l'homme qui serait révélée grâce à l'amour chrétien et qui pouvait guérir le monde des excès de l'égoïsme et de la violence ? Encore une fois, ce genre de réinterprétion humaniste tardive du message de Jésus amène à des incohérences frontales avec ses propres paroles, ceux des premiers chrétiens et de cette théologie ainsi qu'illustré au début de cette "page noire".
    Pour le christianisme, le fond de
l'homme n'est pas bon mais corrompu par le mal dès la naissance: c'est la thèse du péché originel (ou du mal radical chez Kant). De plus, le perfectionnement de soi et du monde est incompatible avec sa doctrine de l'oubli de soi et le mépris du monde. La foi en Jésus n'est pas le développement d'une conscience morale supérieure (comme dans le stoïcisme) mais une soumission et une abnégation de soi qui au final rend l'homme stupide et abrège sa vie. Le christianisme n'a pas dépassé la sagesse païenne. Il lui est très inférieur. 


    Le contre exemple de l'humanisme stoïcien: Marc-aurèle l'antidote contre Jésus.
Au contraire de Jésus, pour le stoïcien Marc-Aurèle, la sagesse ne se fonde pas sur un antihumanisme :

« il m'est bien permis de délibérer sur moi-même et il est de mon droit de rechercher quel est mon intérêt » et il rappelle que « chaque homme, [...] s'aimant de préférence à tous... » Pensées pour moi-même

la morale se fonde sur un perfectionnement du soi à travers le culte de la Raison:

"Creuse au dedans de toi. Au dedans de toi est la source du bien, et une source qui peut toujours jaillir, si tu creuses toujours" "que le Dieu qui est en toi protège un être mâle, vénérable, un citoyen, un Romain, un chef qui s'assigne à lui-même son poste" "Honore ce qu'il y a de plus puissant dans le monde : c'est ce qui tire parti de tout et qui gouverne tout. De même, honore aussi ce qu'il y a en toi de plus puissant, et ceci est de même nature que cela, car c'est ce qui en toi met à profit tout le reste et dirige ta vie" "renonces à tout le reste pour ne plus honorer que ton principe directeur et ce qu'en toi il y a de divin"
    "Tu négliges inopportunément le don que t'as fait la nature, en tenant compte de toute autre chose que de la raison" "ne se guider sur rien autre, même pour peu de temps, que sur la raison" "En moins de dix jours tu paraîtras un dieu à ceux qui maintenant te regardent comme un fauve ou un singe, pourvu que tu reviennes aux principes et au culte de la raison" "l'intelligence de chacun est Dieu et découle de Dieu" Pensées pour moi-même

 
      Le sens de la vie sans la foi: Marc-Aurèle éprouve la détresse du croyant devant l’absurdité de l’existence si Dieu n'existe pas mais il parvient à dépasser cette détresse et s'élever à la majorité intellectuelle:
    « qu'ai-je affaire de vivre dans un monde sans Dieux et vide de Providence » « Ou bien chaos, enchevêtrement, dispersion ; ou bien union, ordre, Providence. Dans le premier cas, pourquoi désirerais-je prolonger mon séjour dans ce pêle-mêle fortuit et dans un tel gâchis ? » 
    « si les Dieux ne délibèrent sur rien - et le croire est une impiété ; ne faisons plus alors de sacrifices, cessons de prier, de jurer par serment et de faire tout ce que nous faisons en pensant que chaque acte que nous accomplissons se rapporte à des Dieux présents et vivant près de nous - si, dis-je, ils ne délibèrent sur rien de ce qui nous concerne, il m'est bien permis de délibérer sur moi-même et il est de mon droit de rechercher quel est mon intérêt. Or, l'intérêt est, pour chacun, ce qui est conforme à sa constitution et à sa nature. Or, ma nature à moi est raisonnable et sociale. »
« si tout marche au hasard, ne te laisse pas toi-même aller au hasard. » « Si c'est un chaos sans direction, contente-toi, au milieu d'une telle agitation, de posséder en toi-même une intelligence à même de te diriger. »  « Ce qui incite le plus à mépriser la mort, c'est que ceux mêmes qui jugent que le plaisir est un bien et la douleur un mal, l'ont pourtant méprisée »


  L'éternité sans Jésus. Les égyptiens croyaient en la vie après la mort bien avant Jésus. On a pas eu besoin de Jésus pour avoir ces idées là ; mais les croyants chrétiens continuent de lier leur espérance en une vie future à leur foi en Jésus et ne savent toujours pas disscocier les deux concepts. L'abandon de la foi serait pour eux la perte de cette espérance qui ne sait pas s'émanciper du dogme chrétien ; ce qui revient à continuer de croire que seuls seront sauvés ceux qui ont cru en Jésus et seront baptisés dans son église. Tous les autres peuples sur la terre (chinoix, indiens, amérindiens), et tous ceux qui ont vécus avant lui (égyptiens du temps des pharaons ou romains du temps de Caesar) seraient ainsi condamnés ! Oui se convertir au christianisme, c'est condamner une partie de ses ancêtres à l'enfer éternel. Le pouvoir que ce détestable imposteur a pris sur les esprits faibles avec ses promesses imaginaires et menaces superstiteuses devrait susciter un tel rejet, un tel dégout, une révolte, si profonde qui devrait nous faire condamner Jésus comme l'un des pires personnage de l'humanité. Ce terroriste de la conscience a réalisé le plus grand hold-up de l'histoire. C'est un terroriste de la philosophie, un véritable criminel en matière de psychologie.
 




    En conclusion, la morale de Jésus n'est pas faite pour rendre ni ce monde, ni l'homme meilleur. La morale de Jésus-Christ n'a jamais été un vrai amour du bien (contrairement à la vertu païenne), mais c'était essentiellement une production de la peur superstitieuse de perdre la vie éternelle lors du jugement dernier.
     Contrairement à ce que l'on entend régulièrement, il n'y a aucun apport positif du christianisme. Tout ce que le christianisme contient d'original est néfaste et a détruit le génie antique qui lui était bien supérieur. Je rejoins donc Celse, Porphyre, Bruno, Voltaire, Nietzsche... dans la condamnation du christianisme.






Pourquoi le christianisme séduit et
pourquoi la psychologie morale chrétienne
  demeure une perversion malfaisante même sans la foi




Le christianisme contamine les âmes car il parait meilleur à l'instinct morale primaire. La solliciation d'effort morale qui demande au soi de se contraindre et de s'abadonner se comprend en premier lieu instinctivement comme un effort morale supérieur. Voilà le piège chrétien refermé sur soi. Le christianisme séduit à première vue. Il parait bon. Il faut un effort pour comprednre en quoi ce sentiment innée est une dangereuse perversion.

La morale chrétienne/kantienne est une perversion dangereuse et malfaisante. En effet, le méchant brutal et violent comme Hitler est facile à combattre. L'instinct le perçoit immédatement comme un méchant et comme un mauvais. Par contre, le prêtre ou désormais le journaliste qui accuse de ne pas faire le bien ou pas assez le bien, et qui te pousse au final à faire du mal pour respecter une pureté de l'intention ou une loi morale déconnectée de la réalité concrète (Kant) est bien plus dur à combattre car cette perversion qui demande au soi de se contraindre, de s'écraser (d'obéir à Dieu) s'affiche et se comprend en premier lieu instinctivement comme un effort morale supérieur, alors qu'elle n'est en fait qu'égoisme stupide qui ne pense qu'à son petit salut (qu'il soit social ou pour l'autre-monde) et abandonne l'effort intellectuel pour améliorer le vrai monde (ne jamais mentir chez Kant peut importe les conséquences même criminelles). Elle n'est qu'un conformisme, une soumission à la pression et aux injonctions des nouveaux prêtres. Oui la morale chrétienne/kantienne est une perversion malfaisante, omniprésente via le christianisme invisible dans lequel nous beignons tout le temps.

    On dit que "le monde moderne est plein d'anciennes vertus chrétiennes devenues folles" (G. K. Chesterton), renouvelant le vieux dicton selon lequel "l'enfer est pavé de bonnes intentions". Pour ma part, je conclurai bien plus sévèrement envers le christianisme qui est selon moi une secte de fou qui a toujours été folle et qui a perverti la vraie morale depuis ses origines et qui continue encore aujourd'hui d'exercer une influence néfaste à travers ses valeurs sécularisées (le christianisme invisible). A mon goût, notre monde occidental est encore beaucoup trop chrétien.

    L'épisode Hitler/Chamberlain est un exemple classique d'une catastrophe engendrée par la restriction de la morale à la seule intention et l'application d'un pacifisme naïf. Chamberlain, homme de bien était pour la paix, valeur juste en générale, donc il se dit qu'en défendant la paix il a fait le bien... mais il laisse gagner le barbare Hitler. Churchill plus réaliste et plus pragmatique, voyait ce que les bonnes consciences aveuglées par leurs bons sentiments et l'optimiste bienveillant (qui n'est qu'une forme sécularisé du providentialisme. ex: Leibniz) refusait de reconnaitre et d'anticiper. Pour faire le bien sur Terre, il faut dépasser la simple morale de l'intention. Il faut se projeter, raisonner et faire fonctionner sa Raison et parfois il faut aussi se salir un peu les mains. Autre exemples de contradictions entre l'intention morale et le résultat obtenu:

- Sous prétexte d'aider les pauvres, on instaure un système qui condame tout le monde à la pauvreté (critique de Zosime/communisme).
- Sous prétexte de se libérer de la crainte de devenir malheureux, les moines se rendent volontairement malheureux (critique de Claudien).
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Sous prétexte d'être encore plus universel encore que Rome qui permettait déjà de faire cohabiter pacifiquement des peuples différents et de préserver les traditions, des dieux et des cultures différentes au sein de ses différentes provicences, sous l'influence du chrisitanisme l'empereur chrétien Valens acceuille les barbares chrétiens dans l'Empire qui exacerbent les tensions ethniques (massacre de 7000 Goths de Gaïnas à Constantinople par la populuation romaine en 400) et les tensions religieuses et provoquent le sac de Rome, puis une disparition de la paix, de la sécurité et de la diversité culturelle et religieuse sur le continent pour 1000 ans (projet de communauté universel incensé dénoncé par Celse).
- Sous prétexe d'être pacifiste, on provoque ou aggrave des guerres (exemple politique de modération de Théodose envers les Wisigoths / Chamberlain contre Hitler).
- Sous prétexte de défendre la liberté individuelle, on laisse l'islam gangréner la société.
- Sous prétexte de combattre l'islam et défendre la laicité républicaine, on favorise en fait la chrétienné et le front de la foi.
- Sous prétexte d'écologie, l'allemagne ferme le nucléaire et finalement pollue plus qu'avant avec son charbon.
- Sous prétexte d'écologie, on feme les voix rapides à Paris et les nouveaux embouteillages polluent plus qu'avant.
- Sous prétexte de défendre la diversité, on favorise une homogénéisation qui menace justement la préservation de la diversité culturelle, éthnique, linguistique...
- Sous prétexe d'antiracisme dopé par le sentiment de culpabilité coloniale, on laisse se développer une société conflictuelle qui fait remonter les tensions ethniques et communautaires.
- Sous prétexte de dénoncer le crime et la culpabilité de la colonisation, on favorise sa propre colonisation.

- Sous prétexte de défendre les entrepeneurs libéraux, on instaure un droit qui en fait privilégie les rentiers improductifs, les paradis fiscaux et la mafia en col blanc.
- Sous prétexte de défendre la compétence et le mérite, on favorise en fait la cooptation bourgeoise, le népotiste et l'instint de classe dominer et décider des carrières et des places de pouvoir.
- Sous prétexte de promouvoir le talent, le courage et la réussite, on favorise le culte mondain de la richesse décoréllée d'une activité inventive, créatrice ou industrieuse.


    Ce genre de problème existe de toute temps et partout sur la terre ; mais tout ceci est aggravée par la structurale mentale du jugement morale causée par l'empreinte culturelle de la religion chrétienne. Il faut arrêter d'invoquer et juger des intentions pures et négliger le résultat, mais juger surtout le résultat de l'action politique et seulement en en second lieu l'intention. Oui, le résultat prime sur l'intention et non l'intention sur le résutlat, même si les deux comptes dans le jugement morale.

    Je ne dis donc pas que l'intention ne compte pas dans la morale. La morale de l'intention de Démocrite passe aussi par l'intention mais comme respect de soi-même et non comme une constriction ; c'est l'amour de soi qui fonde sa grandeur d'âme et la morale ce n'est pas, comme disait Kant, "quelque chose qui porte préjudice à mon amour-propre". C'est ce que les païens reprochaient déjà à Justin (voir sur notre page Celse). Le débat n'est donc pas l'égoïsme. Nous avons vu qu'il est toujours là. La morale païenne c'est de l'égoisme bienfaisant pour le monde réel, alors que la morale chrétienne c'est en réalité un égoisme malfaisant pour le monde (au nom d'une pureté morale déconnectée des réalitées) et dissimulée derrière une accusation et une culpabilisation permanente d'immoralité des non soumis à la psychologie morale chrétienne.



Sortir du Christianisme Invisible



    Maintenant que presque plus personne ne croit à l'imminence de l'apocalypse, il faut prendre conscience que conserver la morale suicidaire de Jésus, même sous une forme très atténuée, sécularisée et réformée par l'humanisme moderne, peut malicieusement encourager des comportements ou des politiques qui au final contribuent à mettre en danger la civilisation occidentale. En tant que philosophe, je milite donc pour la fermeture complète et définitive de la parenthèse chrétienne.

Dangers de la déchristianisation sans une morale alternative. Ceux qui ont été élevés dans la culture chrétienne et qui se révoltent contre cette imposture et ses interdits absurdes ont cependant souvent tendance à ne pas savoir concevoir de morale hors de ce cadre. Ils s'émancipent alors ensuite de presque toute moralité, voir par réaction rejoignent ouvertement "Satan", ce qui n'est alors pas un progrès. Défendre son intérêt naturel est immédiatement compris par eux comme arnaquer les autres ! Incapable de s'élever par l'idéal vertueux, dès qu'on retire les chaines de la soumission on retrouve des bêtes sauvages. Mais non ! il n'est pas heureux pour l'image de soi-même d'être un escrot et la vertu se cultive par la culture de l'exigence envers soi comme le pratiquait les anciens.
   
L'oubli suicidaire de soi pour l'autre favorise tous les abus et donc la révolte ultérieure contre cette morale absurde, mais entre le pacifisme suicidaire de Jésus et de l'autre côté l'égoïsme dominateur, brutal voir esclavagiste des instincts débridés, il y a un juste équilibre à trouver en renouvelant la morale païenne. Voilà pourquoi, je propose de rejeter la morale chrétienne, non au nom du relativisme autodestructeur contemporain, mais au nom de la Raison universelle d'où redécoule une morale naturelle classique.

    Malfaisance encore aujourd'hui de la psychologie morale chrétienne/kantienne. Beaucoup restent, consciemment ou pas, attachés à une forme de christianisme et se contentent de cette morale de la pure intention (qui sauve l'âme au jugement dernier) et oublient ou négligent les conséquences de leurs actions sur le monde. Sous l'effet de la sécularisation de la morale chrétienne (via Kant), nos politiques ressemblent bien plus à des prêtres laïcs (des moralisateurs qui prêchent) qu'à des héros qui agissent. Leurs régulières confessions sont assez édifiantes. Ils chérissent leurs principes, mais en déplorent les effets... Ils adorent les causes mais maudissent les conséquences. La morale de la culpabilisation des intentions déconnectée des réalités concrètes est une perversion malfaisante.

    Combien d'intellectuels, de politiques et autres bien-pensants se gargarisent en permanence de leur belle idéologie, de leur superbes valeurs morales et prêchent contre les autres, tels des prêtres, tout en ignorant (ou déplorant) le chaos et les conséquences que leurs petits principes déconnectés du réel provoquent ! Combien de malheurs terrestres sont dus à la simple parure, à la bonne moralité aveugle de politiciens qui s'autocongratulent en ne sentant pas coupables des conséquences néfastes de leurs préceptes éthérés, déconnectés des réalités. Contrairement aux commandements bibliques intemporels issus d'une morale de l'intention, une morale de l'action nécessite un permanent usage de la Raison pour penser et réajuster les valeurs et les politiques au réel (voir le paragraphe "'Histoire et Politique Rationnelle" dans l'Amour de la Raison Universelle). Pour avoir de meilleurs politiques, il faut d'abord s'affranchir de la psychologie morale chrétienne/kantienne et enfin redevenir complètement païen.

  

Sortir à la fois
 du christianisme traditionel de droite et
du christianisme évangélique de gauche




    L'essentiel des débats philosophico-politiques opposent une tendance plus absolutiste (la droite conservatrice) à une tendance plus relativiste (la gauche progressiste), mais qui, en occident, sont toutes deux liées au christianisme.

 Quand on veut se positionner, le minimum est de créer deux camps (pour nous, les pro-Raison et les anti-Raison) mais la seule catégorie du rationalisme est source de méprise car l'essentiel des débats intellectuels opposent en fait deux tendances à l'intérieur de la déraison, dont l'une créée la confusion en prétendant être la digne héritière des Lumières (alors qu'elle en est une trahison).

        Le triangle, avec ses trois extrémités, offre donc une meilleure représentation des forces en présence. Aux deux pieds du triangle on trouve les enemis de la Raison universelle qui bien que s'opposant, sont en fait tous deux à rejetter en faveur du sommet supérieur du triangle.





    Entre la droite qui défend la foi (c'est-à-dire le droit à la déraison), l'église et la chrétienté (sans souvent respecter l'esprit orirignel de l'évangile) et la gauche qui bien qu'anticléricale et plus souvent athée culpabilise en permanence pour favoriser l'inversion des valeurs, l'influence malfaisante du christianisme invisible est omniprésente. Il nous faut donc être des anti-chrétiens absolus, à la fois contre l'absolutisme du chrétien traditionaliste d'extrême droite avec sa foi et ses dogmes absurdes, mais également contre le relativisme du christianisme sécularisé de la gauche contemporainne qui alimente l'inversion des valeurs.




   Politique Contemporaine : Le christianisme détruira-t-il l'Occident une seconde fois ? Avec le choc des deux guerres mondiales et le relativisme postmoderne, dans la deuxième partie du XXe siècle le christianisme est progressivement redevenu une idéologie d'extrême gauche ("Jésus-Christ est un hippie"), proche de l'esprit originel de Jésus et des apotres qui étaient des communistes (Actes)... et aujourd'hui la dénaturation des droits de l'homme par l'extrême gauche judéo-christiano-marxiste menace de provoquer pour une seconde fois la chute de l'Occident à cause de:

    Nous proposons d'opposer au christianisme généralisé en Occident, les valeurs classiques gréco-romaine (la raison et l'héroisme) seule à même d'apporter le bon dosage d'absolu et de relatif en toute chose. Le culte de la Raison a connu jadis un sommet dans l'antiquité gréco-romaine (épicuriens et stoiciens), puis une renaissance inachevée qui a désormais un avenir incertain depuis l'échec de la tentative de la révolution française à proposer un modèle complet de contre-civilisation.
  La renaissance finale et achevée s'il peut un jour avoir lieu, ne peut passer que par une transformation philosophico-religieuse de l'Occident, une conversion à une forme rationaliste de paganisme via la science et la philosophie qui permettent à la fois d'abolir le vieux christianisme traditionaliste d'extrême-droite, mais également le judéo-chrisitano-marxisme invisible et sécularisé de la gauche contemporaine dont la morale culpabilisatrice alimente et soutent l'inversion des valeurs.



Le chrisitianime promeut
    - C
ommunauté universelle, la compassion snans exigence avec les barabres incompatible avec la survie et l'ideintié de la civilisation gréco-romaine. ..une critique du christianisme identique à celle de faite au IIe siècle par Celse (pour rappel, aujourd'hui, le pape François est pour l'acceuil des migrants pourtant majoritairement musulmans).
   - l'héroïsation victimaire, la logique du ressentiment, la culpabilisation des forts, c'est-à-dire l'inversion des valeurs. La morale chrétienne est en action et fait des ravages tous les jours: les premiers seront les derniers dénoncé par Celse et Nietzche. Aujourd'hui tout le marxisme sociétal: antiracistes, wokistes, antispecistes, indigénistes, black live matters, militants féministes, LGBT, écologistes extrêmes... (la sympatie de ces mouvements pour les rappeurs qui valorise les codes du délinquant/voyou sont là aussi un autre exemple manifeste d'inversion des valeurs).

    - la morale chrétienne qui interdit de défendre ses intérêts et de hair et combattre ses enemis dénoncée par Spinoza (aujourd'hui, le "vous n'aurez pas notre haine" aux l'islamistes).


 


 
  
Il faut désormais apprendre à haïr Jésus !

Ohhh, le chrétien se croit moralement supérieure à nous parce que lui ne haït pas son ennemi, voilà encore un principe absurde qui nous affaiblit, qui nous menace et qui nous tuera. Jésus est non seulement inutile au monde, mais il lui est néfaste. La farce chrétienne a assez durée. Il ne s'agit plus désormais de réformer, transformer ou simplement faire reculer le christianisme. Il faut l'abolir dans les cœurs. Chasser la peste que cette secte a instillé dans les âmes. Nous ne voulons plus du tout d'influence chrétienne dans nos vies, dans notre morale, dans notre regard sur l’histoire. Sous sa forme sécularisée, c’est-à-dire kantienne, cette horrible perversion est devenue plus forte, omniprésente car presque toujours invisible aux profanes. Pour l'Occident, il faut une nouvelle religion qui combatte, remplace et détruise clairement l'ancienne. Pour qu'une nouvelle Rome puisse renaitre, il nous faut redevenir païens. Il nous faut totalement abolir tous les principes chrétiens. Nietzsche a été encore trop gentil avec Jésus-Christ dans son Antéchrist. Il nous faut une pensée bien plus radicale encore. Celse avait raison de dénoncer Jésus comme un "détestable imposteur". La condamnation et la détestation des trois imposteurs ne doit connaitre aucun compromis, aucune atténuation, aucune complaisance. Les trois imposteurs c'est ce que l’humanité a produit de plus faux et de plus fous.
    Chassez Jésus-Christ de vos cœurs. Anéantissez la malfaisance que cet infâme goète a introduit dans votre âme. Expurgez-vous de J2sus. Voyez que l'apparente bonté réclamée par ce fourbe est une perversion malfaisante. Cessez de vosu faire manipuler et de vous soumettre aux croyants. Athées, croyants agnostiques, intellectuels de droite comme de gauche tous aiment encore ou respectent Jésus. Moi je le hais et ai raison de le hair. Il est haissable. Jésus vous a dit que ceux qui l'aiment lui et qui haïssent leur vie et ce monde seront sauvés. Moi je vous dis que pour sauver ce qu'il y a de noble et de beau dans le monde, il va enfin falloir apprendre à haïr Jésus.




Celse: Le premier philosophe païen contre les chrétiens


La Chute de l'Empire Romain causée par le christianisme ?
 

        ► De la Destruction du Paganisme Antique au Panthéisme du XIIe siècle


        ► Nietzsche dénonce l'inversion des valeurs


       Sortir à la fois du christianisme de droite et du christianisme de gauche



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