Giordano Bruno, le précurseur de Spinoza

 


Biographie

Il nait en janvier 1548 à Nola, paisible bourgade proche de Naples. A 7 an il parle déjà latin. Doté de faculté de mémorisation extraordinaire, il est dit qu’il était capable de réciter 7000 passages de la Bible ou encore 1000 poèmes d’Ovide. A 17 ans, il entre au célèbre couvent dominicain de San Domenico Maggiore qui possédait l’une des plus grandes bibliothèques, là où Thomas d’Aquin avait fini ses jours. il est promu Docteur en théologie à 27 ans et ordonné prêtre (en 1573), mais seulement trois ans plus tard, en 1576 il retire les représentations de la Vierge Marie de sa chambre et est accusé de profanation par les autres moines. Une enquête est ouverte à son encontre pour hérésie. Il fuit alors durant 15 ans  à travers la France, l’Angleterre, l’Allemagne, la suisse. Ses dons lui permettent d’être reçu à la cour de plusieurs rois, dont Henri III en France qui lui assurera une protection temporaire. Il exerce dans diverses universités à travers le continent mais qu’il devra fuir régulièrement dès lors que ses thèses commencent à être connues et il est excommunié par les calvinistes, les protestants et les catholiques. En 1791 il est arrêté à Venise et transféré pour un procès en hérésie à Rome sur intervention du pape en personne où il fait preuve d’une résistance héroïque.


Citations pendant son procès

 « Je ne crains rien et je ne rétracte rien, il n'y a rien à rétracter et je ne sais pas ce que j'aurais à rétracter»

« Le débat ne sera pas clos par mon bûcher mais au contraire, ouvert, après lui, et peut-être par lui, à l’humanité entière. »

« Vous éprouvez sans doute plus de crainte à rendre cette sentence que moi à l'accepter ».

Après 7 ans de prison et de multiples séances de tortures, le 20 janvier 1600, le pape Clément VIII constate l’incapacité du tribunal d’inquisition à obtenir un repentir ni une rétraction claire de l'accusé. Il constate que Bruno est "un hérétique impénitent, tenace et obstiné".

Le 17 février 1600, il est installé sur le bûcher sur le Campo Dei Fiori. Alors « qu’on lui montrait l’image du Sauveur crucifié, il l’a repoussée avec dédain et d’un air farouche » [Gaspard Schopp à Conrad Rittershausen]. Giordano Bruno a alors certainement tourné son regard vers le ciel, ce ciel qu'il décrivait infini et multiple... désormais voilé par la fumée des flammes qui montent vers lui.

Le cardinal Bellarmin qui a instruit le procès de Bruno fit écrire sur sa tombe cette contre-vérité « j’ai plié par la force le cerveau du superbe ».

Note: Outre Bruno, d’autres précurseurs des  lumières comme  Giulio Cesare Vanini, Étienne Dolet, Michel Servet seront également exécutés à la même époque.


Importance scientifique de Bruno

« Il ne faut pas oublier que nous devons tout à Bruno, et que, si aujourd’hui nous pouvons faire ces recherches, c’est grâce à lui. » Kepler, Lettre à Gallilé en 1597. Voir aussi ses Dissertatio cum nuncio sidereo. In a letter to Galilei dating to 15 avril 1610, Martin Hasdale tells him that Kepler had expressed his admiration for Galilei, although he regretted that in his works the latter failed to mention Copernicus, Giordano Bruno and sever-al Germans who had anticipated such discoveries including Kepler himself.


Héliocentrisme et Principe de relativité

« Il n'y a pas de haut ni de bas, pas de disposition absolue dans l'espace. Il n'y a que des positions relatives aux autres. Partout il y a un incessant changement de positions relatives à travers l'Univers et l'observateur est toujours au centre des choses ».
Cause, Principle, and Unity

« Toutes choses qui se trouvent sur la Terre se meuvent avec la Terre. La pierre jetée du haut du mât reviendra en bas, de quelque façon que le navire se meuve. »
Le Banquet des cendres


Position dans l'histoire de la Philosophie

Bruno combat les dogmes de l’aristotélisme introduit par Thomas d’Aquin auquel il oppose des idées des matérialistes antiques Leucippe, Démocrite et Epicure: « Ce sont des racines amputées qui germent à nouveau ce sont des antiques choses qui se réveillent, ce sont des vérités cachées qui se découvrent c’est une nouvelle lumière qui après une longue nuit, pointe à l’horizon de notre connaissance et peut à peu s’approche du méridien de notre intelligence »
L'infini, l'Univers et les Mondes, cinquième dialogue

Toutefois malgré sa très grande audace et sa radicalité extrême, Bruno ne rompt avec le néoplatonisme alors dominant mais cherche à concilier ses idées nouvelles avec les conceptions pythagoriciennes et néoplatoniciennes qui prévalent chez ces contemporains. Bruno est ainsi le philosophe le plus explosif de son temps. Les tensions auxquelles conduisent sa pensée préparent la grande rupture qui aura lieu à partir du XVIIe siècle. Il est le dernier avant le début de l’effondrement de la religion en occident. Bruno est véritablement le précurseur de Spinoza.


L’infini physique

« Nous déclarons cet espace infini, étant donné qu'il n'est point de raison, convenance, possibilité, sens ou nature qui lui assigne une limite. »
L'Infini, l'Univers et les Mondes

 « si Dieu crée tout ce qu'il peut faire, l'Univers ne saurait être fini » « qui nie l'effet infini, nie la puissance infinie »
Procès

«Le seul infini est parfait, dans la simplicité de lui-même absolument, rien ne peut être mieux ou plus grand, c'est le tout unique, Dieu, la nature universelle, occupant tout l'espace à partir de quoi rien sauf l'infini peut en donner une image parfaite»
De immenso

Intellectualisme – Visions cosmique

 « C'est à l'intellect qu'il appartient de juger et de rendre compte des choses que le temps et l'espace éloignent de nous. »

“Je déploie mes ailes confiantes à l'air et ne craignant nul obstacles, ni de cristal, ni de verre, je fends les cieux et m'élève à l'infini. Et tandis que de mon globe, je jaillis vers d'autres mondes et pénètre dans les champs éthérés, j'abandonne derrière moi ce que les hommes voient de loin”
l’infini, l’univers et les mondes, épître liminaire

« La Lumière Divine est toujours en l'homme, se présentant aux sens et à la compréhension, mais l'homme la rejette »
As quoted in Life and Teachings of Giordano Bruno : Philosopher, Martyr, Mystic 1548 - 1600 (1913) by Coulson Turnbull


Un Philosophe pas un Theologien

« Le contenu de mes livres est généralement philosophique et j'ai toujours parlé en tant que philosophe selon la lumière naturelle, sans penser à ce que la foi nous ordonne d'admettre »

« Le juge suprême du vrai c’est l’évidence. Si l’évidence nous manque, si les sens ou la raison sont muets sachons douter et attendre. L’autorité n’est pas hors de nous mais au-dedans. Une lumière divine brille au fond de notre âme pour inspire et conduire toutes nos pensées. Voilà l’autorité véritable »
Lettre adressée au recteur Filesac


La partie et le tout / macrocosme-microcosme

« Je dis que Dieu est tout infini, parce que tout en lui se trouve dans le monde en son entier et totalement dans chacune de ses parties, au contraire de l'infinité de l'univers, laquelle est totalement dans le tout, et non dans ces parties finies. »
L'infini, l'Univers et les Mondes

« Ce qu’on peut dire de chaque parcelle du grand Tout, atome, monade, peut se dire de l’univers comme totalité »
Cause, Principe et Unité

Liberté/Nécessité

Il affirme « l'identité de la liberté et de la nécessité », qui repose sur l'unité en Dieu : « Liberté, volonté, nécessité sont tout à fait la même chose »
L'infini, l'Univers et les Mondes

Panthéisme/paganisme - religiosité cosmique

"Nous le savons, il n’y a qu’un ciel, une immense région éthérée où les magnifiques foyers lumineux conservent les distances qui les séparent au profit de la vie perpétuelle et de sa répartition. Ces corps enflammés sont les ambassadeurs de l’excellence de Dieu, hérauts de sa gloire et de sa majesté. Ainsi sommes-nous conduits à découvrir l’effet infini de la cause infinie ; et à professer que ce n’est pas hors de nous qu’il faut chercher la divinité, puisqu’elle est à nos côtés, ou plutôt en notre for intérieur, plus intimement en nous que nous ne sommes en nous-mêmes."
Banquet des cendres

« La Divinité se révèle elle-même en toutes choses ... Tout a de la divinité latente en soi. » 
L’expulsion de la bête triomphante, troisième dialogue

« Dieu est la Monade, source de tous les nombres. L'absolument simple, fondement simple de toute grandeur et substance de toute composition ; supérieur à tout accident, infini et immense. La nature est nombre nombrable, grandeur mesurable et réalité déterminable. La raison est nombre nombrant, grandeur mesurante, critère d'évaluation. À travers la nature Dieu influe sur la raison. La raison, à travers la nature, s'élève vers Dieu. »
De triplici minimo, trad. B. Levergeois, Fayard, 1995, p. 447.

« [Les anciens Égyptiens et Romains] n’adoraient pas Jupiter, comme s’il était la divinité, mais ils adoraient la divinité telle qu’elle était dans Jupiter "
L’expulsion de la bête triomphante, troisième dialogue


Paganisme / Anti judéo-christianisme

“Je crois à la puissance et aux gestes héroïques indispensable pour le développement de la civilisation. Et alors viendra la sagesse antique, victorieuse du christianisme paulien et luthérien, pour rénover l’homme, la science et la civilisation. Hébraïque et chrétien s’éloigneront dans la nuit et la décadence. Un autre monde affleura à la lumière du jour. Cette religion nouvelle sera intrinsèquement civile et naturelle »
cité Par Jean Rocchi, dans l’errance et l’hérésie p 171

« Le christianisme semble la cause originelle de la décadence historico-universelle, parvenue à son sommet avec la réforme luthérienne. Le christianisme retourne à ses principes originels d’ânerie et de pédanterie et prépare sa propre mort. Erasme a bien vu la folie ».
cité Par Jean Rocchi, dans l’errance et l’hérésie p 170

Description parodique de Jésus : « Il peut sautiller sur les eaux… faire danser les écrevisses et cabrioler les boiteux, permettre aux taupes de voir sans lunettes et autres gracieusetés de la même farine »
L’expulsion de la bête triomphante

« Les juifs sont l’excrément de l’égpyte »
L’expulsion de la bête triomphante

« Il nous faut revenir à la simplicité, à la vérité et à la persévérance, renversant les conceptions morales qui sont maintenant imposées dans le monde, selon lesquelles les œuvres et affections héroïques ne valent rien, où croire sans penser est la sagesse, où les impostures humaines sont fait pour passer comme des conseils divins, la perversion de la loi naturelle est considérée comme une piété religieuse, étudier est une folie, l'honneur est placé dans les richesses, la dignité dans l'élégance, la prudence dans la méchanceté, la finesse dans la trahison, sachant vivre dans la fiction , la justice dans la tyrannie, le jugement dans la violence »
L’expulsion de la bête triomphante


Fureurs Héroïques

« S'il n'y avait pas d'amertume dans les choses, il n'y aurait pas de joie, tout comme le dur labeur nous fait trouver la joie du repos; la séparation est la cause de notre plaisir à l'union; et si nous enquêtons sur la question en général, on trouvera toujours que l'un des contraires est l'occasion de l'opportunité et du plaisir de l'autre. » « Aimer et aspirer plus haut s'accompagne en effet de plus de gloire et de majesté, comme aussi de plus de tristesse et de douleur » «Ah, quelle condition, quelle nature ou quel destin est le mien! […] Vidé d'espoir aux portes de l'enfer, débordant de désir, j'atteins le ciel; et en tant qu'esclave éternel de deux contraires, je suis banni du ciel et de l'enfer »
Les Fureur héroïques, I,2 ; II, 1.

« Je me nourris de ma haute entreprise; et bien que l'âme n'atteigne pas la fin désirée et soit consommée par tant de zèle, il suffit qu'elle brûle dans un si noble feu ». Bruno théorise l’amour « complètement héroïque et divin » qui voit « le bonheur ultime de l'homme » dans la contemplation et la « philosophie spéculative » qui  « me transforme en une divinité à partir d'une créature inférieure ». Désormais « même le soleil brille avec moins d'éclat que celui qui fait de moi le dieu le plus glorieux de la grande création des mondes »
Les Fureurs Héroïques, I, 3 ; II, chanson de l’éclairé.


Conscience de son oeuvre et de sa destinée

« Voici alors apparaître l'homme qui a franchi les airs, traversé le ciel, parcouru les étoiles, outrepassé les limites du monde, dissipé les murailles imaginaires des sphères - du premier, du huitième, du neuvième, du dixième rang ou davantage - postulées par de vains calculs mathématiques ou par une aveugle et vulgaire philosophie (...). C'est lui qui, avec les clefs de sa compétence, a ouvert par ses recherches ceux des cloîtres de la vérité auxquels nous ne pouvons avoir accès. Il a mis à nu la nature, que des voiles enveloppaient ; il a donné des yeux aux taupes et rendu la lumière aux aveugles. »
Le Souper des Cendres

« Je ne recule point devant le trépas et mon cœur ne se soumettra à nul mortel. »  « J'ai combattu, et c'est beaucoup. J'ai pensé que je pourrais gagner… mais la nature et la chance ont limité mon effort. Mais il est déjà quelque chose que j'ai pris à la lutte, parce que je vois que la victoire est aux mains du destin. Dans moi était ce qui était possible et ce qu’aucun futur siècle ne pourra me refuser : que je n'ai pas craint la mort, que je ne me suis pas soumis à n'importe qui de ma race ; et que j’ai préféré une mort courageuse à une vie non combattante."
De monade, numero et figura (1591)






dualisme / néoplatonisme

« [Les matérialistes Démocrite, Epicure…] ils veulent que les formes ne soient rien de plus que certaines dispositions accidentelles de la matière. Et moi bien longtemps j'ai adhéré à cet opinion par cela seul qu'elle a des fondements qui correspondent plus à la nature que ceux qu'Aristote mais après mure réflexion eu égard à plus d'objets nous trouvons qu'il est nécessaire de reconnaitre dans la nature deux sortes de substance: l'une qui est forme l'autre qui est matière"
Cause, Principe et Unité, dialogo terzo


Hylozoïste, il pense que tout est vivant

« La Terre et les astres (...), comme ils dispensent vie et nourriture aux choses en restituant toute la matière qu'ils empruntent, sont eux-mêmes doués de vie, dans une mesure bien plus grande encore ; et vivants, c'est de manière volontaire, ordonnée et naturelle, suivant un principe intrinsèque, qu'ils se meuvent vers les choses et les espaces qui leur conviennent »
Le Banquet des cendres

« L'âme n'est pas dans le corps localement, mais elle y est intrinsèquement comme sa forme, et extrinsèquement comme créateur de sa forme, semblable à celle qui forme les membres et façonne le composite de l'intérieur et de l'extérieur. C'est donc le corps qui est dans l'âme; l'âme est dans le mental, et le mental est Dieu ou est en Dieu »
Fureurs Héroïques, I, troisième dialogue


Panpsychiste, il pense que tout est psychique

« Toutes les formes de choses naturelles ont des âmes ? Toutes les choses sont donc animées ? demande Dicson. Theophilo, porte-parole de Bruno, répond : Oui, une chose, si petite et si minuscule qu'on voudra, renferme en soi une partie de substance spirituelle ; laquelle, si elle trouve le sujet [support] adapté, devient plante, animal (...) ; parce que l'esprit se trouve dans toutes les choses et qu'il n'est de minime corpuscule qui n'en contienne une certaine portion et qui n'en soit animé. »
Cause, Principe et Unité

« Je concède toute chose ont en elles une âme, une vie, selon la substance et non suivant l’acte et l’opération des péripatéticiens et de tous ceux qui définissent la vie et l’âme suivant des raisons trop grossières […]. La table comme tel n’est pas animée ni le cuit ni le verre comme tels. Mais entendus comme chose naturelles et composés  ils ont en eux matière et forme. Considérez un être aussi minime soit-il, il a en soi un part de la substance spirituelle et selon les dispositions du sujet , il devient plante ou animal par ce que l’esprit se trouve en toute chose. »
cité par Jean Rocchi, l’errance et l’hérésie  p154.


Métensomatose

« Toutes les âmes font partie de l'âme de l'Univers, et tous les êtres à la fin sont Uns. (...) Chaque acte apporte sa récompense ou sa punition dans une autre vie. Le passage dans un autre corps dépend de la façon dont il s'est conduit dans l'Un (...). Le but de la philosophie est la découverte de cette unité. »
L'Expulsion de la bête triomphante

« J'ai tenu et tiens les âmes pour immortelles parlant en tant que catholique, elles ne passent pas du corps au corps, mais vont au paradis, au purgatoire ou à l'enfer. Mais j'ai raisonné profondément, et, parlant en tant que philosophe, puisque l'âme n'est pas trouvée sans corps mais n'est pas corps, elle peut être dans un corps ou dans des autres, et passe du corps au corps. Ceci, s'il (ne soit pas prouvé) vrai semble au moins, vraisemblable »
Giordano Bruno, épreuve de Venise







Giordano Bruno en Français / Œuvres complètes en Français

notes: traductions préliminaires/automatiques des oeuvres de Bruno à revoir, mais offrant un premier aperçu des livres de Bruno en français online.


En 1584, il publie trois œuvres majeures: « Banquet des cendres », « Cause » et « L’univers, l’infini et les mondes », qui portent sur sa conception de l’univers et sa philosophie de la nature.

•     « Le Banquet des Cendres » / La Cena de le Ceneri (Le Banquet des Cendres) (1584).

•    «  De la Cause, du Principe et de l’Un » / De la causa, principio, et Uno (1584).

•     « L’Univers, l’Infini et les Mondes »,  / De l'infinito universo et Mondi (1584).

Puis trois autres sur sa conception de l’homme et de la morale : « L’expulsion de la bête triomphante », « La cabale du cheval Pégase », « Des fureurs héroïques ».

•    « L’Expulsion de la Bête Triomphante » / Spaccio de la Bestia Trionfante  (Londres, 1584), allégorie où il combat la superstition, et
se propose de définir les principes d’une réforme philosophique et morale de grande envergure, permettant à l’humanité de s’émanciper de la religion chrétienne.

•     « La Cabale du Cheval Pégasien » / Cabala del cavallo Pegaseo- Asino Cillenico (1585).

•    « Des fureurs Héroïques » / De gl' heroici furori (1585). Les voies pour accéder au Bonheur.



Autres Œuvres
•    De umbris idearum (Paris, 1582).  Sur la mnémotechnique
•    Candelaio (1582). Le chandelier.
•    De Magia (1590).
•    De vinculis in genere (1591). 
•    De triplici minimo et mensura (1591).
•    De monade, numero et figura (Francfort, 1591).
•    De innumerabilibus, immenso, et infigurabili (1591).




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